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La paralysie partielle du réseau ferroviaire fait mal aux agriculteurs des prairies

Des centaines de trains chargés de grains sont incapables de se rendre au port, selon l’Alberta Wheat Commission.

Un champ de blé et un tracteur travaillant dans le champ.

Les exportations agricoles dépendent largement du transport ferroviaire.

Photo : Associated Press / Eric Albrecht

Mirna Djukic

Des agriculteurs des prairies craignent de perdre des millions de dollars en raison des trains bloqués par des manifestants. Incapables d’acheminer leur grain vers la côte ouest et de plus en plus inquiets pour la suite des choses, certains demandent au gouvernement d’intervenir.

Le Canadien National (CN) a annulé au moins 400 trains depuis la semaine dernière, en raison des manifestations contre le gazoduc Coastal GasLink. Le directeur général de l’Alberta Wheat Commission (AWC), Tom Steve, estime que des centaines de wagons chargés de grain sont actuellement coincés dans les prairies.

Selon lui, le port de Prince Rupert, qui reçoit habituellement 1500 wagons de grains par semaine à ces temps-ci de l’année, en a reçu à peine quelque 750 la semaine dernière.

« Et en ce moment on se fait dire qu’ils ne reçoivent aucune livraison du tout », dit Tom Steve. « [...] Donc c’est une situation qui s’empire rapidement ».

Il s’inquiète d’autant plus que le problème survient lors d’une année déjà difficile pour les agriculteurs albertains.

« On a eu une mauvaise récolte, et en plus il y a eu une grève du CN qui a duré huit jours en novembre [...], puis on a eu des froids extrêmes en janvier qui ont rendu le transport ferroviaire difficile », explique-t-il.

L'opposition au projet Coastal GasLink s'est d'abord manifestée en Colombie-Britannique, où des chefs héréditaires Wet'suwet'en refusent de laisser le gazoduc traverser leur territoire. Suite à une intervention controversée de la Gendarmerie Royale du Canada, des manifestations de soutien se sont organisées partout au pays au cours des dernières semaines, causant une paralysie partielle du système ferroviaire.

L’Alberta souffre beaucoup des blocages, car ses exportations de grains dépendent largement de la côte ouest, explique Tom Steve. Elle n’est cependant pas la seule à en sentir les effets, selon l’association Western Canadian Wheat Growers (WCWG).

Cette association, qui représente des agriculteurs de l’Alberta, de la Saskatchewan et du Manitoba, appelle d’ailleurs les autorités provinciales et fédérales « à faire respecter les injonctions et s'assurer que notre grain puisse être exporté librement et sécuritairement » dans un communiqué.

Le directeur de WCWG pour la Saskatchewan, Daryl Fransoo, affirme que les agriculteurs sont « pris en otages » par le conflit entourant le gazoduc.

« Si on ne peut pas livrer notre grain, on ne peut pas payer nos factures, c’est aussi simple que ça », déclare-t-il.

La ministre de l’Agriculture du Canada, Marie-Claude Bibeau, reconnaît que les blocages ont un « impact significatif sur nos producteurs agricoles ». Elle assure collaborer étroitement avec le ministère des Transports pour trouver des solutions et des façons de minimiser les conséquences pour les agriculteurs.

Avec les informations de Stéphanie Rousseau

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