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Les campeurs de Canmore dénoncent les nouvelles règles « trop strictes » de la Ville

Trois caravanes stationnées les unes à côté des autres. Derrière elles, on voit les Rocheuses. Le ciel est complètement dégagé. C'est l'hiver, on voit de la neige sur le sol.

Selon la Ville de Canmore, il y a une cinquantaine de campeurs qui vivent actuellement dans la municipalité tout au long de l'année.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Dumoulin

Charlotte Dumoulin

À Canmore, ceux et celles qui vivent dans leur caravane seront soumis à des règlements plus sévères dès le mois de mai prochain. La ville albertaine lance un projet pilote de six mois pour mieux encadrer ce phénomène qui prend de plus en plus d'ampleur. Des campeurs dénoncent toutefois une injustice.

Dan Markey vit dans sa caravane à Canmore depuis deux ans. Jour et nuit, son véhicule est dans le stationnement de l'épicerie Save-on-food. Comme une cinquantaine d'autres personnes dans la communauté, il n'avait pas initialement choisi ce mode de vie.

À son arrivée à Canmore, l’homme prévoyait d’entreposer sa caravane et de trouver un logement. Il a rapidement compris qu’il serait beaucoup moins cher de vivre dans son véhicule.

Nous sommes tous des travailleurs saisonniers, explique-t-il. C'est notre façon d'échapper aux loyers absurdes.

À Canmore, il est effectivement impossible de trouver un appartement d'une chambre sans payer au moins 1200 $ par mois.

Vue sur un homme assis dans une caravane. Les murs sont tapissés de bois. Il porte une tuque. Il est assis près d'une fenêtre.

Dan Markey vit dans sa caravane à Canmore depuis deux ans.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Dumoulin

La Ville reconnaît que l’augmentation des caravanes dans la communauté est une conséquence de la pénurie de logements abordables. N’empêche, comme centre de villégiature dans les Rocheuses, il était grand temps d’imposer des règlements, selon l’adjointe au maire Vi Sandford.

Quand il n’y avait pas de règle, les espaces de stationnement étaient surutilisés. Il y avait trop de personnes, précise-t-elle.

Des résidents de la ville se plaignaient d’ailleurs de cette situation. 

Si tu restes dans la ville, je pense que tu dois payer pour stationner. C’est équitable. Le stationnement ne devrait pas être gratuit, pense Vaughn Laycock, un habitant de Canmore.

Un projet pilote extrême selon les campeurs

De mai à octobre prochain, seuls les campeurs travaillant dans la région de Bow Valley auront la permission de vivre dans leur véhicule. Une fois enregistrés auprès de la Ville, ils se feront assigner un espace de stationnement au coût de 10 dollars par nuit.

Les campeurs y auront uniquement accès entre 20 h et 9 h le lendemain, puis ils devront déplacer leur caravane à l’extérieur du centre-ville.

Maxime Rainville, un autre campeur dans la communauté, est de ceux qui critiquent le nouveau programme. D’après lui, les règles sont trop rigides.

Par exemple, il ne pourra plus recevoir d’amis dans sa caravane le soir et il devra respecter un couvre-feu entre 23 h et 7 h. Des agents de sécurité circuleront autour des stationnements pour faire respecter ces règles.

Je serais prêt à payer 300 $ par mois pour rester ici. Mais, à partir du moment où tu instaures des règles qui n’ont pas de bon sens, c’est là que les problèmes vont vraiment commencer.

Maxime Rainville, campeur
Un homme à l'extérieur. Il porte un chapeau et un manteau. Il est accoté sur sa caravane.

Maxime Rainville est un campeur à Canmore depuis huit mois.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Dumoulin

Pour sa part, Andrew Brown, un autre campeur, s’inquiète pour l'avenir de ses camarades. Il pense que plusieurs d'entre eux devront quitter la ville par manque d’argent.

Je suis prêt à payer le 10 dollars. Mais pour beaucoup d’autres, ce ne sera pas possible, explique-t-il.

Je suis frustré. J’ai l’impression qu’on enfreint nos droits fondamentaux.

Andrew Brown, campeur
Vue sur un homme avec de grosses lunettes de soleil. Il est debout devant une caravane. Sur le derrière de la caravane on voit le squelette d'un chevreuil.

Andrew Brown est un campeur à Canmore depuis six ans.

Photo : Radio-Canada / Charlotte Dumoulin

De son côté, la Ville explique que les frais de 10 $ par nuit permettront d’offrir différents services aux campeurs. Par exemple, l’accès aux toilettes publiques, la collecte de déchet et la sécurité pendant la nuit.

Techniquement, nous sommes des sans-abri, rétorque Dan Markey. On ne devrait quand même pas faire payer les sans-abri.

En plus, ce dernier travaille de nuit comme agent de sécurité. L’obligation de déplacer son véhicule pendant la journée lui donnera du fil à retordre.

Dan Markey veut quand même rester optimiste quant à ces changements qu'il qualifie néanmoins d'extrêmes. Le jeune homme n'exclut pas toutefois la possibilité de quitter tout simplement Canmore si les règles font trop obstacle à sa liberté.

Le conseil municipal fera le bilan du projet pilote en octobre prochain. Les élus se disent ouverts à y apporter par la suite des modifications si nécessaires. À long terme toutefois, la Ville s'engage à trouver une solution au manque de logements abordables.

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