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Peace River : l'aéroport régional en mode survie

Plan large de l'aéroport de Peace River en hiver.

L'aéroport a été vendu par le gouvernement fédéral aux cinq municipalités voisines en 1995 pour 1 $.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Axel Tardieu

Que va devenir l'aéroport de Peace River, dans le nord de l'Alberta? Ses installations permettent de garder un lien économique et social avec le reste de l'Alberta, mais sa gestion coûte trop cher à la municipalité qui essaie de trouver une solution.

Un référendum

Les places se font rares pour les retardataires à cette réunion dans la salle du conseil municipal ce mardi. Résidents et élus des municipalités de la région ont fait le déplacement. Le sujet du jour en inquiète plus d'un : l'avenir de l'aéroport régional.

Chaque année, la gestion des installations coûte pas moins de 700 000 $ aux cinq municipalités partenaires :

  • Peace River
  • Grimshaw
  • le comté de Northern Sunrise
  • le comté de Northern Lights
  • le district municipal de Peace No. 135

La municipalité de Peace River, principal actionnaire, doit payer près de 40 % de cette somme, un montant qu'elle ne peut plus assumer.

Un référendum a été organisé le 5 février dernier pour demander l'avis des résidents de Peace River quant à l'avenir de l'aéroport régional. Sur 178 votes, 75 % appuyait une option visant la reprise de l'aéroport par une organisation à but non lucratif. L'idée qu'une entreprise privée prenne le relais effraie.

Pour Robert Willing, préfet du district municipal de Peace No. 135, cet aéroport est essentiel. C'est notre lien vers le reste de la province, explique-t-il. Il nous donne accès aux ambulances aériennes et permet à des entrepreneurs de venir faire des affaires ici.

Plan serré de Robert Willing dans une salle municipale.

Robert Willing, préfet du district municipal de Peace No. 135, espère que l'aéroport restera ouvert..

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Carolyn Kolebaba, préfète du comté de Northern Sunrise, n'a pas caché son inquiétude quand elle s'est adressée aux conseillers municipaux de Peace River ce mardi.

Les aéroports sont comme les installations de loisirs, dit-elle. Ils sont utiles socialement, mais rarement rentables. Une compagnie aérienne coûte très cher à opérer. Les avions ne sont pas assez remplis en ce moment à cause de l'économie qui va mal. Mais on doit tenir bon et garder cet aéroport pour les jours meilleurs.

La préfète du comté de Northern Sunrise, Carolyn Kolebaba, dans une salle municipale.

La préfète du comté de Northern Sunrise, Carolyn Kolebaba, est inquiète de voir les vols de passagers disparaître.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

En 1995, par souci d'économie, le gouvernement fédéral a vendu l'aéroport aux cinq municipalités qui l'entourent pour la somme symbolique d'un dollar. Mais 25 ans plus tard, ces installations coûtent trop cher pour les 7000 contribuables de Peace River, estime la municipalité.

Près de 800 vols ont ont été effectués en 2018 par Northern Air, la seule compagnie aérienne à toujours offrir des vols à partir de l'aéroport de Peace River. Faute de clients, l'entreprise a toutefois dû mettre fin à ses services en janvier 2020.

Des hangars sous la neige avec un avion jaune en stationnement.

La majorité des activités de l'aéroport est liée aux ambulances aériennes et aux vols opérés par le ministère de l'Agriculture et des Forêts.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Même si la fréquentation des voyageurs a baissé ces dernières années, le principal de l'activité a toujours concerné les hélicoptères du ministère de l'Agriculture et des Forêts, très actifs pendant les feux en été, mais aussi les ambulances aériennes qui permettent de faire venir des médecins ou d'acheminer des malades vers le sud.

Des vies sauvées

Bob Blayone se bat depuis deux ans pour ne pas voir l'aéroport fermer. Il a un attachement sentimental envers ces installations. À 5 ans, son fils malade a dû être envoyé d'urgence par avion à Edmonton. Ça l'a sauvé, raconte aujourd'hui son père.

Sa belle-mère, atteinte d'un cancer, a aussi dû être transporter vers le sud de la province pour obtenir une transfusion de sang en urgence. Tout le monde ici a une histoire similaire à raconter, assure-t-il.

Bob a pris à bras le corps le dossier de l'aéroport en joignant le Comité de développement économique. Il a rencontré plusieurs entreprises privées qui ont travaillé dans ces installations de Peace River, mais aussi des dirigeants d'autres petits aéroports, pour tenter de comprendre pourquoi celui près de chez lui avait un déficit si élevé.

Des investissements manqués

Il y a une mauvaise gestion et un manque d'expérience dans les affaires de la part de la Ville de Peace River, dit Bob Blayone. La municipalité a mis des bâtons dans les roues à des entreprises qui voulaient investir des millions dans cet aéroport. Beaucoup de gens sont maintenant frustrés.

Autre membre du Comité, Normand Boucher était là quand l'aéroport a ouvert en 1961. C’était une grosse nouvelle, s'exclame-t-il. Il a également discuté avec des entreprises, comme CanWest ou Highland Helicopters, qui ont opéré à Peace River. La gestion par la Ville est mauvaise et la vision est inexistante, en a conclu Normand.

Le Maire de Peace River, Tom Tarpey, se défend d'avoir mal géré l'aéroport. Selon lui, l'annulation de plusieurs projets industriels majeurs dans la région, comme le projet de sables bitumineux de Carmon Creek de l'entreprise Shell, ainsi que les coupes budgétaires du gouvernement provincial de Jason Kenney ont mis la Ville dos au mur.

Le maire de Peace River, Tom Tarpey, dans une salle municipale.

Le maire de Peace River aimerait plutôt investir l'argent public dans les routes et les infrastructures municipales d'eau.

Photo : Radio-Canada / Axel Tardieu

Nous sommes toujours là pour aider, mais pas à n'importe quel prix pour les contribuables, garantit Tom Tarpey. Les municipalités ne devraient pas se retrouver à gérer des aéroports.

Selon le maire, 80 % des vols qui passent par cet aéroport sont liés aux activités du gouvernement provincial. Celui-ci devrait donc débourser de l'argent dans l'intérêt du nord de l'Alberta, ajoute Tom Tarpey.

En attendant, une décision devrait être prise sur l'avenir de l'aéroport régional de Peace River le 1er juin.

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