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La directrice de l’école La Source suspendue et le personnel conteste

École secondaire La Source de Rouyn-Noranda.

École secondaire La Source de Rouyn-Noranda

Photo : Radio-Canada / Jean-Marc Belzile

La directrice de l'École secondaire La Source, à Rouyn-Noranda, a été suspendue sans solde pour le restant de l'année scolaire à la suite d'une plainte de harcèlement. L'ancienne commission scolaire reproche à Élisabeth De France d'avoir instauré un climat de travail malsain, ce que conteste plus de la moitié du personnel de l'École ainsi que la directrice elle-même.

Le 10 janvier, la directrice de l'école La Source a été suspendue, d'abord pour 15 jours puis pour 5 mois.

Cependant, ce n'est qu'à la fin du mois de janvier que le personnel a été avisé de sa suspension, sans connaître les raisons de la décision.

Je sens que je vis une injustice. Je ne me sens pas bien par rapport à cette situation-là. Je suis présentement en congé de maladie parce que c'est difficile à vivre, mentionne-t-elle, ajoutant qu’elle compte se défendre devant le tribunal administratif du travail.

Le processus d'enquête disciplinaire qui a eu lieu l'a laissée sur un sentiment d'incompréhension. J'ai été surprise de voir la nature des sanctions, admet-elle.

Le personnel se mobilise

Lorsque les membres du personnel ont constaté qu’on reprochait à leur directrice d’avoir instauré un climat de travail malsain, près de 45 employés de l'école La Source ont signé une lettre d'appui à leur directrice, mentionnant qu'elle vivait une situation injuste.

Radio-Canada a parlé à une dizaine d'entre eux. Certains craignent des mesures disciplinaires de la part de leur employeur. Ils ont donc accepté de témoigner anonymement. Ils parlent d'une directrice conciliante, toujours prête à défendre ses enseignants et qui avait maintenu une belle cohésion au sein de l'école.

Une femme pose devant un fond noir.

Amélie Rowan, qui a travaillé à l'école La Source avec Élisabeth De France pendant plusieurs années.

Photo : Radio-Canada / Yannick Collin/Gracieuseté d'Amélie Rowen

Je l'admire beaucoup, elle était présente, sa porte était toujours ouverte et elle répondait toujours à nos demandes. C'était une femme dévouée dans sa vocation de directrice, raconte un autre signataire.

Amélie Rowan est en quelque sorte la porte-parole du groupe. Elle qui a déjà enseigné à l'école La Source, mais qui n'y est plus depuis deux ans, voulait cependant participer au mouvement de sympathie. S'il y a une seule personne qui est à l'origine de cette plainte-là, je ne pense pas que l'on puisse parler de plusieurs employés impliqués, fait-elle savoir.

Ce qui est choquant, c'est ce qu'on lui reproche, soit d'avoir instauré un climat malsain dans son école alors que plusieurs personnes peuvent témoigner que ce n'était pas le cas, ajoute Mme Rowan.

Les signataires espèrent qu’à court terme, ils pourront obtenir une réponse de la part de la direction du centre de services scolaires.

La directrice suspendue, quant à elle, trouve la réaction du personnel intéressante.

Je me mets à leur place, eux, ils voient une personne en place depuis longtemps qui disparaît, c'est sûr qu'il y a du non-dit et de l'inexpliqué, alors je trouve ça intéressant que les gens posent des questions, soutient Mme De France.

Les enseignants en désaccord avec le traitement subi par la directrice

Plusieurs employés croient également qu'Élisabeth De France a été traitée de façon cavalière. Dans la lettre qui a été portée à notre attention, on peut lire que les signataires se questionnent sur le fait que Mme De France n’ait pas pu bénéficier de mesures disciplinaires graduelles avant d’en arriver à une décision aussi radicale.

La lettre fait aussi mention que l'on a empêché Mme De France de participer, le 23 janvier dernier, au départ à la retraite de deux proches collaboratrices des dernières années, un évènement qu’elle avait aidé à organiser.

Certains membres du personnel trouvaient également très étonnant que l’on suspende une cadre en faisant fermer son courriel, en lui prenant ses clés et en ne lui permettant pas de saluer des collègues, elle qui était en poste depuis environ 10 ans.

Un des signataires a mentionné que la façon dont la direction a traité la directrice de La Source était inhumaine et que c'était contraire aux valeurs que l’on tente d'inculquer aux étudiants.

Les enseignants dans l'incertitude

Après la suspension de la directrice, les enseignants et professionnels ont aussi été tenus dans l’incertitude pendant un moment, affirment-ils. Selon eux, ils n’ont appris qu’environ 20 jours plus tard que leur directrice était suspendue.

Une situation qui n'a pas fait l’affaire de tous. Les signataires de la lettre ont remarqué que la situation n’était pas idéale pour eux, au jour le jour. Certains ont accusé Yves Bédard, le directeur du centre de services scolaires de Rouyn-Noranda, de manquer de transparence en suspendant une cadre sans en informer les employés.

Ce n'est qu’aux alentours du 3 février, lors d’une rencontre de gestion, que les employés auraient officiellement été mis au courant de la suspension, sans toutefois connaître les causes.

Silence radio au centre de services scolaires de Rouyn-Noranda

Le directeur général du centre de services scolaires de Rouyn-Noranda, Yves Bédard, a refusé nos trois demandes d'entrevues sur le sujet.

Deux d'entre elles ont été formulées avant nos entrevues avec les signataires de la lettre, alors qu'une autre a été faite après notre série de rencontres avec les signataires de la lettre.

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