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Alèthe Kaboré : la designer qui fait vibrer l’Ouest canadien aux couleurs de l'Afrique

Une femme qui pose de trois quarts.

Alèthe Kaboré vient d'être nommée créatrice de mode de l'année au African Fashion and Art Movement (AFAM).

Photo : Alèthe Kaboré

Danielle Kadjo

Le tissu, les couleurs et les formes n'ont plus de secret pour Alèthe Kaboré, une créatrice de mode originaire de Ouagadougou, au Burkina Faso. Dans le cadre de la célébration du Mois de l'histoire des Noirs, l’artiste établie à Edmonton raconte son parcours et sa mission pour faire briller la mode africaine au-delà des frontières.

Quand elle a quitté son pays natal dans les années 2000, Alèthe Kaboré avait un objectif en tête : poursuivre ses études en sciences biologiques et en santé publique, ce qu’elle a fait. Mais l'avenir avait également d'autres plans pour elle.

De sciences à créatrice de mode, comment cela est-ce possible?

J'ai toujours aimé la mode. Une fois au Canada, la mode du pays me manquait. Je suis allée m'acheter une machine à coudre dans un Walmart et je me suis mise à apprendre à coudre pour pouvoir me faire mes propres vêtements.

Petit à petit, les gens ont commencé à m'approcher, à me dire qu'ils aimaient ce que je faisais et c'est de là que tout est parti.

Atlèthe Kaboré, créatrice de mode, KYN Apparel
Des gens qui dansent.

L'ancienne première ministre de l'Alberta, Rachel Notley, dans les créations d'Alèthe Kaboré.

Photo : Alèthe Kaboré

Qu'est-ce qui vous manquait le plus dans la mode africaine pour décider de vous lancer dans cette aventure?

Ce sont surtout les couleurs et les formes. Dans la société où j’ai grandi, au Burkina Faso, il n’y avait pas de limites. On pouvait s’habiller avec toutes les couleurs qu’on voulait pour aller au travail ou autre.

Parfois, je dessinais mes propres vêtements et je courais chez le tailleur en lui demandant de me reproduire les mêmes modèles. On a souvent eu de longues discussions parce que certains des modèles que je lui soumettais étaient surréalistes, selon lui (rires).

En grandissant, ce côté artistique n’a pas été nourri. Mais, l’amour du tissu, du pagne, de l’art, du dessin et de la création ne m’a jamais quittée. J’ai fini par me dire : pourquoi ne pas essayer?

Les conseils que je recevais, c’est qu'il fallait que je me trouve un métier "concret", pour être capable de subvenir à mes besoins, une fois adulte.

Alèthe Kaboré, designer de KYN Apparel
Des jupes.

Alèthe Kaboré fait des jupes et des accessoires.

Photo : Danielle Kadjo

Où puisez-vous votre inspiration, vos idées?

C’est la visualisation du produit final sur une personne qui m'inspire. Je ne visualise pas juste mon produit, mais comment une personne pourrait l’agencer avec d’autres vêtements, chaussures ou bijoux. Ce n’est qu’une fois que tout cela apparaît dans mon esprit que je me dis : OK, c’est une bonne collection!

Des vêtements accrochés sur des cintres.

Il a fallu quatre mois à Alèthe Kaboré pour confectionner cette collection.

Photo : Radio-Canada / DANIELLE KADJO

Comment les gens qui ne sont pas d'origine africaine réagissent-ils à vos créations?

Ils sont surpris parce qu'ils trouvent cela différent. De manière générale, les vêtements avec les pagnes africains qu'on voit ici sont souvent très simples pour l'été ou extravagants pour les fêtes, l'église, etc. Alors, quand ils voient le mélange que je fais, ils sont le plus souvent très épatés. D'autres personnes les trouvent trop colorés à leur goût, mais une fois qu'ils les essaient, ils les trouvent très beaux sur eux.

Ceux qui viennent pour la première fois prennent souvent des choses simples pour s'introduire au matériel, aux couleurs, et ensuite ça évolue.

Alèthe Kaboré, designer de KYN Apparel

Pourquoi est-ce important de fabriquer des produits qui rappellent le continent africain?

Je pense que c’est important pour rester connecté à la culture tout en s'adaptant au nouveau milieu, spécialement ici à Edmonton. On a beaucoup d'expatriés africains qui aiment s'habiller avec les pagnes africains et qui n’ont pas accès à cela. Ils doivent attendre de retourner chez eux après deux, trois, parfois cinq ans, avant de pouvoir se faire coudre des vêtements africains. Il y a toujours la possibilité de les faire venir de l'extérieur, mais ensuite il y a les taxes douanières et tout ce qui vient avec.

J’aime le métissage, je veux que les gens puissent y retrouver les deux identités, qu'ils soient fiers d’être Canadiens, tout en gardant leur héritage.

Alèthe Kaboré, designer de KYN Apparel

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Alberta

Mode et beauté