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Nouvelles règles de l'Î.-P.-É. sur le vapotage : trop vite, disent des commerçants

Gros plan sur le bas du visage d'un homme, de profil, fumant une cigarette électronique.

Le ministère de la Santé et du Mieux-être de l'Île-du-Prince-Édouard dit reconnaître « l'impact que ces changements auront sur les détaillants locaux » et se dit « prêt à soutenir les détaillants dans cette transition ».

Photo : iStock

François Pierre Dufault

Les commerçants de l'Île-du-Prince-Édouard n'ont que deux semaines pour se conformer aux nouvelles règles entourant la vente de tabac et d'articles de vapotage. C'est beaucoup trop court, selon certains d'entre eux.

L'âge légal pour fumer du tabac et vapoter dans la province insulaire passera de 19 à 21 ans à partir du 1er mars 2020. La nouvelle loi prévoit une période de transition, ce qui signifie que toute personne ayant atteint l'âge de 19 ans avant le 1er mars pourra se procurer légalement des produits du tabac ou des articles de vapotage.

De plus, la vente de produits de vapotage sera limitée aux magasins de tabac qu'on retrouve dans les supermarchés, ainsi qu'aux boutiques spécialisées où au moins 50 % de l'espace commercial est consacré à la vente de tabac, de cigarettes électroniques ou d'une combinaison des deux.

Pour des commerçants comme Soroush Yazdani, qui est propriétaire d'un dépanneur à Charlottetown depuis plus de 25 ans, les changements sont draconiens et leur entrée en vigueur est beaucoup trop rapide. Ça nous a tous pris par surprise, dit-il.

Je suis tout à fait en faveur [de la nouvelle loi]. Mais l'échéancier que le gouvernement me donne est vraiment, vraiment serré. J'ai deux semaines pour écouler mes stocks. C'est impossible.

Soroush Yazdani, propriétaire d'un dépanneur à Charlottetown

En moins de deux semaines, les commerçants de l'Île-du-Prince-Édouard qui vendent des produits du tabac doivent revoir leurs méthodes d'identification de leurs clients, puisque certains clients âgés de 19 ans pourront continuer à acheter des cigarettes légalement, tandis que d'autres ne pourront plus le faire.

Stocks invendus

Pour leur part, les commerçants qui ne seront plus autorisés à vendre des produits de vapotage après le 1er mars doivent écouler leurs stocks. Dans certains cas, disent-ils, les fabricants ne veulent pas reprendre les stocks invendus.

Les personnes qui ont pris ces décisions n'ont aucune connaissance du fonctionnement des petites entreprises. Des décisions comme celle-là vont nous coûter des milliers de dollars, soutient Soroush Yazdani. J'ai des cartons pleins [de vapoteuses]. Normalement, ça me prendrait bien plus que deux semaines pour tout vendre. Et je ne peux même pas faire de la publicité [pour ces produits].

Un jeune homme fume une cigarette électronique.

Un jeune homme fume une cigarette électronique.

Photo : La Presse canadienne / Nam Y. Huh

À son tour, l'Association des dépanneurs de l'Atlantique (ACSA) se demande pourquoi le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard cherche à empêcher ses membres de vendre de produits de vapotage, alors qu'ils peuvent toujours vendre des cigarettes. Nous avons une longue expérience dans ce domaine, affirme le président de l'organisation, Mike Hammoud, dans une déclaration écrite à CBC.

Les commerçants ont été informés des changements dans une lettre signée par le sous-ministre de la Santé et du Mieux-être, Mark Spidel, cette semaine.

« Le plus tôt sera le mieux »

En vertu d'un projet de loi d'initiative parlementaire adopté à l'unanimité par l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard, l'automne dernier, la province disposait d'un délai de 120 jours, et donc jusqu'à la fin mars, pour relever de 19 à 21 ans l'âge légal pour fumer et vapoter.

La rapidité avec laquelle le gouvernement a choisi d'appliquer la nouvelle loi surprend même son auteur. J'ai été surpris de voir [les changements] si tôt. Je les attendais à la fin de mars, reconnaît le député progressiste-conservateur Cory Deagle. Mais le plus tôt sera le mieux, ajoute l'élu de la région de Montague, dans l'est de la province.

Dans une déclaration écrite, le ministère de la Santé et du Mieux-être dit reconnaître l'impact que ces changements auront sur les détaillants locaux et se dit prêt à soutenir les détaillants dans cette transition. Le Ministère promet de fournir aux commerçants une nouvelle signalisation mise à jour, de même qu'une trousse de renseignements et un nouvel outil de vérification de l'âge des clients.

Il n'est pas question, pour l'instant, de dédommager les commerçants pour leurs stocks invendus de produits de vapotage.

Le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard compte toujours interdire les produits de vapotage aromatisés. Dans sa lettre aux détaillants, le sous-ministre Mark Spidel précise que ces changements n'entreront pas en vigueur immédiatement, mais plus tard en 2020.

Avec des renseignements de Kerry Campbell, de CBC

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