•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Et si la rechute était une étape pour traiter de la toxicomanie?

Une photo mettant en scène des drogues illicites.

Le psychothérapeute Papa Ladjiké Diouf veut faire de la rechute un passage dans la thérapie de dépendance.

Photo : iStock / Stas_V

Radio-Canada

Des intervenants de la Maison de la fraternité, un centre de désintoxication pour les jeunes toxicomanes francophones de l'Ontario, ont été formés pour avoir une approche plus tolérante vis-à-vis de la rechute.

Ils mettent en pratique le programme SMART Recovery.

Il s'agit d'une approche au traitement de la toxicomanie laïque fondée sur la science, qui utilise la thérapie cognitivo-comportementale et des techniques de motivation qui évitent le conflit.

Depuis cinq ans, la Maison de la fraternité traduit les manuels du programme SMART Recovery en français, et a formé dix de ses intervenants à cette approche.

D’ici le début de la semaine prochaine, l’organisme ottavien va signer une entente qui fera de lui le premier formateur francophone dans ce programme au monde, a confirmé le directeur général de la Maison de la fraternité, Yvon Lemire.

On était surpris [que le programme] n'aie jamais été offert en français, a avoué M. Lemire, qui a précisé que le formateur de la Maison de la fraternité en SMART Recovery pourrait aller donner de la formation au Nouveau-Brunswick, ou quelque part au Québec, ou même dans l’ouest, a dit M. Lemire en entrevue à l'émission Sur le vif.

Une meilleure adhésion au programme?

Selon le directeur des services aux adultes à la Maison de la fraternité, Papa Ladjiké Diouf, le programme SMART Recovery éduque les toxicomanes à comprendre et à travailler sur leur rechute. C'est-à-dire aller jusqu'à ce qu'on appelle une autodénonciation, a-t-il expliqué.

La rechute, c'est plate, mais elle fait partie du cheminement.

Papa Ladjiké Diouf, directeur des services aux adultes à la Maison de la fraternité

Contrairement à d’autres traitements contre la dépendance, le programme SMART Recovery invite les individus qui ont fait une rechute à revenir. En général, on ne nous apprend pas dans la socialisation à valoriser les échecs. Le programme SMART Recovery permet de valoriser cet échec-là, a détaillé le psychothérapeute.

Ce dernier a d’ailleurs constaté que ses clients qui adhèrent à ce programme parviennent à s'y accrocher.

On ne les perd plus. Lorsqu'ils sont en rechute, ils vont tout de suite nous appeler, ou appeler les membres de leur groupe.

Papa Ladjiké Diouf, directeur des services aux adultes à la Maison de la fraternité

Une approche plus inclusive

La Maison de la fraternité offre aussi des services d’Intervention auprès des gens qui entourent les individus qui souffrent de dépendance, comme des thérapies de couple ou familiale.

Une dépendance chronique dans une famille, ça touche tous les éléments liés au centre du système, a constaté M. Ladjiké Diouf.

Il cite en exemple un membre d’un couple qui serait toxicomane.

La personne qui vit en intimité finit par subir les dégâts collatéraux. Dépenses, violences, maladies mentales, troubles concomitants... Ça peut même toucher les enfants, a-t-il ajouté.

Selon lui, il est important d’intervenir auprès des proches des toxicomanes, car ceux-ci auraient souvent pour réflexes d'essayer de sauver ou de rejeter leur proche.

Avec les informations de Marie-Lou St-Onge

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !

Ottawa-Gatineau

Dépendances