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Un passe-droit « probable » d’Ottawa pour les bouteilles de plastique

Des bouteilles de plastique dans un convoyeur.

Ottawa doit dévoiler ce printemps une liste complète des produits visés par l'interdiction du plastique à usage unique.

Photo : iStock / Group4 Studio

Christian Noël

Les bouteilles de plastique pourraient fort bien échapper à l’interdiction du plastique à usage unique que prépare le gouvernement Trudeau. Une liste complète des produits bannis devrait être disponible ce printemps. Radio-Canada a appris qu’Ottawa va donner un passe-droit à certains plastiques qui sont facilement recyclables.

Le gouvernement doit décider d’ici juin quels types de plastique seront bannis. Pour guider son choix, le ministre de l’Environnement Jonathan Wilkinson ciblera dans un premier temps les plastiques qui sont facilement remplaçables dans la vie quotidienne et difficilement recyclables, comme les sacs, les pailles et les bâtonnets de cafés.

Pour ces formes de plastique, qui sont très dommageables pour l’environnement, nous pensons qu’il vaut mieux émettre une interdiction comme en Europe ou en Chine, indique-t-il.

Ottawa a dans sa mire non seulement les plastiques du domaine de l’alimentation, qui sont les plus visibles en public, mais également les objets ménagers, comme les cotons-tiges, porte-soie dentaire et applicateurs de tampons. Des consultations sont en cours. La liste finale doit être dévoilée d’ici juin.

Radio-Canada a également appris que certains plastiques à usage unique qui sont considérés comme facilement recyclables seront tolérés par le gouvernement. Les bouteilles en plastique seront donc probablement épargnées par l’interdiction, avance le ministre, qui précise qu’il n’a pas pris de décision finale.

Si un objet de plastique à usage unique est facilement recyclable, ce ne sera probablement pas dans la liste.

Jonathan Wilkinson, ministre de l’Environnement

Des exemptions pour des raisons médicales sont également sur la table. C'est le cas notamment des cotons-tiges utilisés par les professionnels de la santé, ou les pailles de plastique qu’utilisent certaines personnes avec un handicap physique.

Optimisme prudent des embouteilleurs

L’exemption probable des bouteilles de plastique réjouit l’Association canadienne des boissons. Ça laisse une porte ouverte, estime Martin-Pierre Pelletier, conseiller spécial de l’Association canadienne des boissons.

Si un de leurs critères est la facilité de récupération ou de recyclage, c’est à nous de démontrer que c’est facile à recycler, qu’il existe un marché, que la technologie est là, que les gens y participent, explique-t-il.

Au Canada, le taux de recyclage des bouteilles de plastique est de 75 %, alors qu’il n’est que de 10 % pour les autres plastiques. On fait déjà un gros travail et on pense qu’on peut faire plus, dit M. Pelletier.

Déception des écologistes

Les bouteilles d’eau devraient faire l’objet de restrictions, affirme pour sa part Agnès LeRouzic, chargée de campagne Océans et Plastique de Greenpeace.

D’abord, parce que l’eau du robinet est une option raisonnable, tout comme les bouteilles réutilisables, et surtout parce que des millions de ces bouteilles se retrouvent dans l’environnement, fait-elle valoir.

On aimerait que le gouvernement soit ambitieux, en raison des effets sur l’environnement et sur la santé publique, au Canada et aussi dans les pays où on envoie nos déchets.

Agnès LeRouzic, chargée de campagne Océans et Plastique de Greenpeace

La liste des plastiques interdits pourrait n'être qu'une première étape, alors que le gouvernement Trudeau cherche encore une fois un compromis entre la pression environnementale et les besoins des entreprises, selon le professeur Sylvain Charlebois de l’Université Dalhousie en Nouvelle-Écosse.

Ottawa ressent la pression de l’urgence environnementale, poussée par les mouvements populaires et donc, cherche à gagner du temps, analyse-t-il.

Le professeur ajoute qu’il est irréaliste de penser que le gouvernement fédéral va respecter son échéancier de 2021 pour l’interdiction de tous les plastiques à usage unique.

Au niveau du plastique, il y a une dépendance qui crée un malaise, mais il faut quand même prendre le temps de bien faire les choses, croit M Charlebois.

Le gouvernement Trudeau est conscient que son échéance de 2021 est très serrée, et qu’il sera difficile de changer rapidement les habitudes de toute une société.

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