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Les défis d'accompagner un aîné en résidence privée qui conteste son loyer

Un dame âgée compte ses sous, posés sur une table devant elle.

Une personne âgée calcule des cents.

Photo : iStock

Félix Morrissette-Beaulieu

Quatre mois après l'entrée en vigueur de ses services destinés aux aînés vivant des hausses de loyer abusives en résidences privées, le Centre d'assistance et d'accompagnement aux plaintes de la Capitale-Nationale (CAAP) bouscule les habitudes de certains propriétaires.

C'est sûr que, lorsqu'on veut discuter avec une direction, on sent une certaine crainte, constate Ian Renaud-Lauzé, directeur général du CAAP de la Capitale-nationale.

Depuis octobre, les CAAP du Québec sont mandatés par le gouvernement du Québec pour accompagner les aînés qui vivent des problématiques en résidence privée (RPA). Parmi ces services, on retrouve un accompagnement pour s'opposer à une hausse de loyer abusive.

Ç'a des implications pour eux. Ça va augmenter peut-être leur niveau de difficulté de gestion de leur résidence, précise le directeur.

Règle générale, le CAAP réussit à offrir ses services à Québec. Des fois, la collaboration peut être plus difficile, mais généralement, on a une collaboration. L'important, c'est de promouvoir les droits des aînés.

Le directeur général du CAAP de la Capitale-Nationale, Ian Renaud-Lauzé, portant une chemise blanche à fins carreaux rose et une veste sombre.

Ian Renaud-Lauzé, directeur général du CAAP de la Capitale-Nationale

Photo : Radio-Canada / Tifa Bourjouane

Hausse de la demande

Avec l'entrée en vigueur des services, Ian Renaud-Lauzé constate que ses conseillers aux plaintes sont davantage sollicités.

Les conseillers ont discuté au téléphone avec plus de 75 personnes, parfois pendant des heures, d'une problématique vécue dans une résidence privée de Québec.

Sept dossiers visant une contestation d'une hausse de loyer ou le respect des obligations d'une résidence ont été ouverts à la Régie du logement. Certains dossiers visent plusieurs résidents.

Ajoutons à cela 15 cas où le CAAP a accompagné des aînés dans la recherche d’une entente avec le propriétaire concernant une hausse jugée abusive ou d'autres insatisfactions relative à l’application du bail.

Onze autres accompagnements concernant le respect des normes et critères du ministère de la Santé dans les résidences privées ont également été apportés.

Un homme marche dans un corridor de la Régie du logement.

Sept dossiers visant une contestation d'une hausse de loyer ou le respect des obligations d'un propriétaire ont été ouverts devant la Régie du logement.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Il y a vraiment eu une grande différence entre [le moment] avant le lancement et après le lancement des services, estime M. Renaud-Lauzé.

Il s'agit de chiffres importants, compte tenu de la vulnérabilité de la clientèle qui rend difficile le recours aux services, conclut le directeur. Ces personnes sont quand même dépendantes de la résidence pour beaucoup des services qu'ils ont. Ce n'est pas juste le logement. C'est la nourriture, les loisirs et les relations humaines aussi.

Méconnaissance des propriétaires

Les services offerts par le CAAP sont accueillis avec prudence de la part des propriétaires.

C'est tout nouveau, constate Yves Desjardins, président-directeur général du Regroupement québécois des résidences privées pour aînés. On reçoit des appels des membres qui nous demandent de quoi il s'agit.

Yves Desjardins en entrevue à RDI Matin

Yves Desjardins, pdg du Regroupement québécois des résidences pour aînés

Photo : Radio-Canada

La signature d'un renouvellement de bail pour un résident est souvent pénible, admet le PDG. Trouver une aide pour discuter avec le propriétaire pour comprendre les augmentations de loyer, on voit ça d'un bon oeil. Il demande d'ailleurs a ses membres de bien expliquer les augmentations.

Or, il rappelle qu'il revient au propriétaire d'inviter ou non les gens qui offrent ces services. Nous sommes beaucoup sollicités en RPA. Beaucoup de gens veulent parler aux résidents et les résidents ne sont pas toujours favorables à être sollicités.

Yves Desjardins entreprendra en mars une tournée provinciale dans les résidences membre du regroupement. Il sera question de la sensibilisation aux droits des aînés. C'est déjà à l'ordre du jour, c'est déjà prévu.

Selon lui, le problème vient aussi du fait que les résidences pour personnes âgées sont désavantagées par la grille de calcul de la Régie du logement pour déterminer les augmentations de loyer.

Les augmentations dépassent souvent ce qui est recommandé par la Régie du logement. La situation est extrêmement difficile, selon M. Desjardins, qui ajoute que les dépenses en RPA augmentent deux fois plus vite que les revenus.

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