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Le Sénat américain veut limiter les actions militaires de Trump contre l'Iran

Donald Trump derrière un lutrin à la Maison-Blanche.

Le raid aérien qui a tué Qassem Soleimani visait à « arrêter » une guerre et non à en commencer une, avait affirmé Donald Trump.

Photo : Associated Press / Andrew Harnik

Quelques semaines après l'assassinat d'un général iranien, autorisé par Donald Trump, une majorité de sénateurs a voté en faveur d'un texte visant à empêcher le président d'intervenir militairement contre Téhéran sans la permission explicite du Congrès.

Le Sénat à majorité républicaine a adopté la résolution à 55 voix contre 45, huit républicains se joignant aux démocrates.

La mesure, qui devrait facilement être adoptée par la Chambre des représentants, a une portée symbolique, puisque le président Trump y opposera vraisemblablement son veto.

Visiblement, aucune des deux Chambres ne dispose des deux tiers des voix nécessaires pour le renverser.

La résolution n'en est pas moins une rare rebuffade à son encontre, plusieurs élus estimant que ses décisions ont contribué à l'escalade des tensions avec l'Iran en début d'année et qu'elles ont fait craindre le pire.

Le mois dernier, le président américain a autorisé l'assassinat du puissant général iranien Qassem Soleimani et du numéro deux d'une milice pro-iranienne en Irak dans un raid à Bagdad, trois jours après une attaque contre l'ambassade américaine dans la capitale irakienne.

Des sénateurs des deux partis n'ont pas apprécié d'être à peine consultés.

Rappelant que le pouvoir de déclarer la guerre, en vertu de la Constitution, revient au Congrès, le texte ordonne au président de mettre fin au recours aux Forces armées des États-Unis pour des hostilités contre la République islamique d'Iran [...] sauf si cela est explicitement autorisé par une déclaration de guerre ou une autorisation spécifique d'utilisation de la force militaire contre l'Iran.

Comme le précise la Constitution, l'utilisation de la force ne doit pas être décidée sans que la situation ait été exposée au public américain et au Congrès, qui doit en débattre, puis voter sur la question, ajoute la résolution.

Le texte fait écho à une résolution similaire adoptée il y a un mois par la Chambre des représentants, contrôlée par les démocrates.

Un avertissement du président lancé sur Twitter

Mercredi, Donald Trump avait exhorté les sénateurs, sur Twitter, à ne pas démontrer de la faiblesse et tomber dans le piège des démocrates, dont le but est d'embarrasser le Parti républicain.

Une poignée d'entre eux, dont les élus à tendance libertarienne Rand Paul (Kentucky) et Mike Lee (Utah), opposés à l'interventionnisme militaire, et les sénatrices modérées Susan Collins (Maine) et Lisa Murkowski (Alaska), ont cependant fait front commun avec les démocrates.

Le mois dernier, Mike Lee était sorti frustré d'une séance de breffage de l'administration Trump. Il avait dit trouver inacceptable que de hauts responsables de l'exécutif, qu'ils soient de la CIA ou du département de la Défense ou d'ailleurs, viennent nous dire que nous ne pouvons pas discuter et débattre du bien-fondé d'une intervention militaire avec l'Iran.

Les questions d'intervention militaire sont parmi les seules sur lesquelles des républicains s'opposent au président. À l'hiver 2019, le Sénat avait par exemple voté pour l'arrêt de tout soutien américain à la coalition menée par l'Arabie saoudite dans la guerre au Yémen.

L'automne dernier, les sénateurs avaient adopté une résolution visant à empêcher le président de déclarer l'état d'urgence nationale pour obtenir des fonds destinés à la construction d'un mur à la frontière avec le Mexique.

Toutes ces résolutions se sont heurtées au veto du président.

Avec les informations de New York Times

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