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Les enseignants en grève pour « défendre le système d'éducation francophone »

Des enseignants en grève

Plusieurs enseignants francophones de Windsor sont allés aux lignes de piquetage jeudi, lors de la première journée de grève générale de leur syndicat.

Photo : Radio-Canada / Thilelli Chouikrat

Radio-Canada

Plusieurs dizaines d’enseignants francophones de la région de Windsor se sont joints à leurs collègues de partout en province en faisant la grève jeudi. Ils disent fortement ressentir l’impact des compressions en éducation du gouvernement Ford et estiment n’avoir d’autre choix que de débrayer pour se faire entendre.

L’Association des enseignants franco-ontariens (AEFO) dit s’opposer notamment à la réduction du choix de cours offerts aux élèves, à l’imposition de cours en ligne obligatoires et à la suppression de postes en enseignement.

Mike Hinch, président de l’Unité 63 de l’AEFO, dans le Sud-ouest ontarien, dit que les enseignants de la région se sont mobilisés jeudi pour démontrer [leur] mécontentement.

On veut défendre le système d’éducation francophone en Ontario. Avec ce que le gouvernement propose [...], les enfants risquent d’avoir moins d’interaction avec leurs enseignant.e.s, [...] on risque même de fermer les écoles francophones dans les petites régions.

Mike Hinch, président de l’Unité 63 de l’AEFO
Des enseignants font la file à une ligne de piquetage

Les enseignants francophones de la région de Windosr disent n'avoir d'autre choix que de faire la grève.

Photo : Radio-Canada / Thilelli Chouikrat

Il précise qu’aucun de ses collègues ne fait la grève de gaieté de coeur.

On doit faire bouger les affaires, on est rendu à un point où ça prend cela. C'est historique, ce n’est pas naturel pour les enseignants de quitter leur salle de classe. Si ce n’était pas important, on ne serait pas là, souligne-t-il.

Jeanelle Crowley, enseignante et déléguée syndicale, pense que les coupes budgétaires dégradent considérablement la relation entre les enseignants et les élèves.

Le gouvernement est en train de nous remplacer par des ordinateurs pis d'éliminer le contact humain avec les jeunes pour économiser de l'argent

Jeanelle Crowley, enseignante et déléguée syndicale

Avec ses collègues, Marie Dorval était à la ligne de piquetage de l’École élémentaire catholique Sainte-Thérèse, où elle enseigne dans une classe d’élèves ayant des besoins spéciaux.

Une réduction du personnel enseignant entraînerait, à son avis, une augmentation de la violence dans les salles de classe comme la sienne où il y a déjà énormément de problèmes.

Présentement, on peut voir qu’il y a certains collègues qui sont au bout du rouleau parce qu’il y a des difficultés dans leurs classes et pas d’appui. On a des gens qui prennent des congés de maladie parce que leur corps n’est plus capable de supporter cette pression-là. On a énormément de fatigue mentale parce que la charge est très lourde.

Marie Dorval, enseignante à Windsor
Des enseignants manifestent dans les rues de Windsor.

90 piquets de grève se tiennent à travers l'Ontario jeudi.

Photo : Radio-Canada / Thilelli Chouikrat

Lors de la dernière grève des enseignants franco-ontariens en 1997, l’enseignante Chantal Tremblay avait déjà commencé sa carrière. Si elle dit ne pas établir plusieurs parallèles entre les revendications de l’époque et celles d’aujourd’hui, elle espère tout de même que le gouvernement finira par répondre positivement aux doléances des enseignants. 

On devient de plus en plus stressé parce que la charge d’enseignement est déjà très difficile, on a beaucoup à passer comme matière, mais il y a souvent des choses qui nous empêchent à enseigner aux élèves, note-t-elle.

L’enseignante croit, par ailleurs, que les parents qui sont au courant de ce qui se passe dans une salle de classe appuient les enseignants.

Un parent qui est moins informé ne nous appuie pas autant, parce qu’il pense qu’on enseigne de 9 h à 15 h, puis on va chez nous et on a beaucoup de vacances l’été. Alors l’appui n’est pas là parce qu’il pense qu’on ne mérite pas leur appui, fait-elle savoir. 

Dans le cadre de la phase 3 de ses moyens de pression contre le gouvernement, l’AEFO compte désormais tenir une journée de grève générale par semaine tant que le conflit de travail ne sera pas résolu.

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