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Ils se sont dit oui il y a 65 ans

Un couple âgé sourit à la caméra.

Estève Lavallée et Marguerite Trépanier se sont dit oui il y a 65 ans.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Tanya Neveu

Alors que certains couples fêtent leur première Saint-Valentin ensemble, deux couples qui vivent au Témiscamingue célèbrent le 14 février depuis longtemps. Ils affirment s'aimer autant qu'avant.

Marguerite et Estève

Marguerite Trépanier regarde son mari de 88 ans avec des étincelles dans les yeux. Pendant l’entrevue, elle touche souvent les mains, la cuisse et le cou de son bien-aimé, Estève Lavallée. Parler de leur amour est chose facile.

On est encore en amour, confie la femme de 85 ans.

« Je t’aime », ces deux mots sont prononcés tous les jours dans cette maison de St-Bruno-de-Guigues.

Une photo de mariage en noir et blanc.

Estève Lavallée et Marguerite Trépanier, de St-Bruno-de-Guigues

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Marguerite Trépanier et Estève Lavallée se sont vus pour la première fois en 1954. Plus de six décennies plus tard, ils parlent de cette journée avec des souvenirs bien précis, le sourire aux lèvres.

Ça a pris du temps, ça a pris un an avant de venir à bout de la rencontrer. On s’est rencontrés à une Saint-Jean-Baptiste, à Belle-Vallée. J’étais à la messe. Je l’ai vue dans un banc en arrière et je lui ai fait un clin d'oeil pour lui dire que j'étais là, se souvient Estève.

Un clin d’oeil qui marque le début de leur histoire d’amour...

Ils se fréquentent pendant un an avant le mariage, séparés entre les villages de Nédélec et Guigues. Parfois, ils prennent un taxi pour réussir à se voir, ne serait-ce qu’une fois par semaine.

Jusqu’au grand jour, le 28 juin 1955.

Je n’ai pas perdu une minute, je me rappelle de tout. J’avais assez hâte de l’embrasser à mon goût.

Marguerite Trépanier

Le secret : s’embrasser tous les soirs

Les années passent… et ils élèvent trois enfants. Malgré les défis du quotidien, ils restent unis et complices. Les chicanes sont inexistantes.

Deux mains de personnes âgées posées sur une table, montrant leur jonc de mariage.

Après 65 ans de mariage, ils sont toujours aussi amoureux.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Marguerite raconte qu’elle et son mari s’embrassent tous les soirs avant de se coucher. C’est le secret de cette complicité qui perdure, croit le couple.

Ça amène le dialogue, quand tu te couches et tu ne veux pas t’endormir avant d’embrasser ton mari. Il faut tous les jours dialoguer ce qu’on a, tu ne peux pas passer à côté. Il y a une autre chose aussi, quand tu es en colère, ce n’est pas le temps de parler. Tu as trop d’émotions et tu peux dire des choses que tu n’as pas envie de dire, pense Marguerite Trépanier.

Vieillir et entrevoir l’avenir

À l’aube de leurs 90 ans, Marguerite et Estève habitent toujours dans leur maison de St-Bruno-de-Guigues. Ils sont actifs et impliqués.

On partage beaucoup de choses. Tu sais, on a construit cette maison-là ensemble. On vit au jour le jour, dit Marguerite.

Au cours des dernières années, ils ont cru au pire : être séparés par la maladie. Estève a combattu six infarctus.

J’ai eu souvent peur de le perdre, confie Marguerite.

Malgré les quelques ennuis de santé, le couple remercie quotidiennement la vie de les garder unis. Elle a même suivi des cours pour apprendre à vivre avec la maladie de l’être aimé.

Ça fait 66 ans qu’on sort ensemble. On ne pense pas de vivre aussi longtemps. Mais là, on est tellement bien.

Marguerite Trépanier

Et la Saint-Valentin? Chaque année, Estève et Marguerite célèbrent cette fête. Des affiches, des cœurs, des lettres, ils collectionnent les cadeaux accumulés au fil des années.

Ma femme, elle a le cœur gros de même, conclut Estève en mimant un cœur énorme.


Carmen et Robert

Robert Desjardins et Carmen Desmarais sont toujours amoureux… un amour sincère et palpable. La proximité, ils la vivent plus que jamais, tous deux locataires de la Résidence Lucien-Gaudet de Ville-Marie.

Un couple âgé sourit à la caméra.

Carmen Desmarais et Robert Desjardins vivent ensemble à la résidence Lucient-Gaudet de Ville-Marie.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

L’histoire de Robert et Carmen, c’est celle d’un coup de foudre, un beau jour de l’année 1953.

On a eu une belle vie. Je lui dis souvent "tu sais qu’on a une belle vie, nous autres". Mon mari parle moins que moi, mais il y pense pareil.

Carmen Desmarais

La première fois que Carmen Desmarais a croisé les yeux de celui qui allait devenir son époux, c’est à l’hôpital, où elle suivait une formation d’infirmière.

Il m’avait frappée cet homme-là, son regard. Je ne savais pas son nom, mais il avait l’air d’un bon gars, raconte Mme Desjardins.

Deux ans plus tard, ils échangent leurs vœux d’amour et de fidélité. La femme de 85 ans confie toutefois que son mariage était planifié dans l’optique d’avoir des enfants. Ils en ont d’ailleurs eu cinq.

Unis dans l’épreuve

Travail, déménagement… l’amour du couple a été confronté à plusieurs épreuves à travers les années, dont la plus lourde, la perte de leur enfant cadet.

Notre enfant a fait une paralysie à trois ans. Il a tout perdu. Il est décédé à 33 ans. Ça, ça a été notre grande épreuve, avoue Carmen avec une grande tristesse dans les yeux.

Robert m’a tellement aidée avec cet enfant-là. On a vécu toutes les étapes avec lui. Il nous a fait grandir, ajoute-t-elle.

Pendant 10 ans, toutes les semaines, la famille a pris la route de Ville-Marie vers Amos pour aller voir leur fils, Pierrot, placé à Clairfoyer. Malgré tout, ils demeurent unis dans l’épreuve.

Être affectueux malgré les années

Nos enfants nous ont toujours vus nous embrasser, raconte Carmen Desjardins. C’était un rituel. Notre fille Danielle nous a toujours dit qu’elle aimait voir son père embrasser sa mère.

Une photo de mariage en noir et blanc.

Robert Desjardins et Carmen Desmarais lors de leur mariage.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Leur amour, ils le cultivent maintenant à la résidence Lucien-Gaudet de Ville-Marie, où ils partagent la même chambre. Dans cette résidence pour personnes âgées, seulement deux couples ont cette chance de vieillir ensemble, collés l’un contre l’autre.

On était prêts. Quand on a vendu notre maison, on était fatigués. On n'était plus capables. Ici, on est bien. C’est une belle maison. On ne peut pas demander mieux!, soutient Carmen.

Leur vision de l’autre 65 ans plus tard...

Quand on leur demande ce qu’ils pensent l’un de l’autre, la réponse est belle, sincère.

Elle a toujours été belle, belle et élégante, affirme avec assurance Robert Desjardins, 91 ans, tout sourire.

Mon mari c’est le meilleur homme, j'aurais pas pu avoir mieux. Mon mari est tendre, délicat. Il a toutes les qualités, renchérit Carmen Desjardins, ne lâchant pas son mari des yeux.

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