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Débrayage à Ottawa : l’AEFO entame son premier jour de grève hebdomadaire

Des enseignants manifestent avec des pancartes.

Bon nombre d'enseignants et d'enseignantes franco-ontariennes font la grève jeudi à Rockland, alors que des milliers de leurs collègues font de même partout en Ontario.

Photo : Radio-Canada / Jeremie Bergeron

Radio-Canada

Partout en Ontario, 12 000 membres de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) sont en grève générale jeudi.

Dans la région, l’AEFO a organisé plusieurs piquets de grève, dont un devant les bureaux de Lisa McLeod, la députée progressiste-conservatrice pour Nepean.

On s'attend à mettre de la pression sur les partis, explique le président du syndicat, Rémi Sabourin, en notant qu’il en a fallu beaucoup pour en arriver à une telle action. Il explique que les enseignants et enseignantes veulent être devant les élèves, mais ils croient tellement à la cause qu'ils vont dehors protester contre les coupures de M. Ford.

Cette rhétorique politique, on l'entendait en 1997 et on l'a encore en ce moment.

Rémi Sabourin, président, Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens

M. Sabourin y voit un parallèle avec la dernière grève de l’AEFO, qui a eu lieu en 1997 lors du mandat du premier ministre progressiste-conservateur Mike Harris.

Rémi Sabourin avec une écharpe de l'AEFO.

Rémi Sabourin, président de l’AEFO, s'attend à ce que le gouvernement provincial revienne sur ses compressions qui affecteront la taille des classes et l'apprentissage électronique.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

J'étais là en 97 sur les piquets de grève, rappelle le chef syndical. Ce sont [les mêmes] idées politiques souvent irréfléchies du gouvernement, qui doit toujours reculer sur ses positions, et on se retrouve où on est.

L’AEFO et le ministère ne s’entendent pas sur un médiateur privé

Le président de l’AEFO a demandé pour quelles raisons le ministre Lecce insistait pour faire appel à un médiateur privé.

On a un médiateur en ce moment, qui était là hier et qui est un médiateur du gouvernement, a déclaré M. Sabourin sur la ligne de piquetage.

Le ministre de l'Éducation de l'Ontario, Stephen Lecce dans un hall de l'Assemblée législative, répond aux question des journalistes.

Le ministre de l'Éducation de l'Ontario, Stephen Lecce, veut qu'un médiateur privé facilite la négociation avec les syndicats d'enseignants.

Photo : Radio-Canada

Pour sa part, le ministre Stephen Lecce a rétorqué à Queen’s Park jeudi après-midi qu'il y avait eu une médiation privée avec le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) il y a quelques mois, et que l'expérience avait mené à une entente ratifiée.

Nous sommes dans une impasse et les élèves et leurs parents veulent un accord.

Stephen Lecce, ministre de l'Éducation de l'Ontario

Nous cherchons une résolution, parce que s'il y a un outil dans la boîte à outils qui peut aider à apporter une solution à ce qui a été une expérience très éprouvante pour les étudiants et leurs familles, je pense que nous devrions l’utiliser, a-t-il ajouté.

Confusion au niveau des enjeux

Selon l’AEFO, le ministère de l'Éducation ferait preuve de mauvaise foi en tentant de rattacher au mouvement de mécontentement des enseignants des enjeux d’ordre salarial.

Notre priorité est d’investir dans les élèves de l’Ontario, et non dans les rémunérations, a déclaré jeudi le ministre Stephen Lecce.

Or selon une enseignante de l’école élémentaire publique Carrefour Jeunesse à Rockland, dans l’Est ontarien, non et non, je veux vraiment le dire, on ne le fait pas pour le salaire. On le fait par passion. Ma "job", je la fais par passion parce que j'y crois et j'aime ça, a martelé Donna Campeau.

L'enseignante Donna Campeau en entrevue à Radio-Canada.

Donna Campeau, enseignante à Rockland, a déjà enseigné une classe de 36 élèves.

Photo : Radio-Canada / Jérémie Bergeron

On le fait par amour des enfants.

Donna Campeau, enseignante

L'enseignante de première année, qui pratique le métier depuis 1999, dit que l'enjeu principal demeure de limiter la taille des classes. Selon Mme Campeau, cela permettrait aux enseignants de différencier l'apprentissage et de répondre à chaque besoin de nos élèves.

Le mouvement de grève, loin de toucher à sa fin

Cette grève générale fait partie de la troisième phase des moyens de pression de l’AEFO. La grève du zèle entamée par le syndicat en janvier se poursuit également.

Les membres de l'AEFO affirment qu’ils feront une journée de grève chaque semaine tant que le conflit de travail avec la province ne sera pas résolu.

Jeudi, le syndicat des enseignants du secondaire est également en grève générale.

Les quatre syndicats d'enseignants en Ontario — franco-ontariens, catholiques anglais, du secondaire, et de l’élémentaire anglais — feront aussi front commun lors d'une grève générale le 21 février. Deux millions d'élèves ontariens seront ainsi privés de cours.

Avec les informations de Claudine Richard et Jérémie Bergeron

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