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Ottawa, Victoria et des chefs héréditaires se tendent la main pour dénouer les blocages

La promesse d'une rencontre met fin au blocage de la ligne principale du CN dans le nord de la Colombie-Britannique  

Les chefs héréditaires de Wet'suwet'en Rob Alfred, John Ridsdale et Antoinette Austin, qui s'opposent au pipeline Costal Gaslink, participent à un rassemblement à Smithers, en Colombie-Britannique.

Les chefs héréditaires de Wet'suwet'en Rob Alfred, John Ridsdale et Antoinette Austin, qui s'opposent au pipeline Costal Gaslink, participent à un rassemblement à Smithers, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Jason Franson

Geneviève Lasalle

La ligne principale du Canadien National (CN) près de New Hazelton, dans le nord de la Colombie-Britannique, est de nouveau ouverte après que le chef héréditaire Gitxsan, Spookw, a confirmé la tenue d'une rencontre avec les gouvernements fédéral et britanno-colombien.

Vendredi matin, un porte-parole de la compagnie ferroviaire a confirmé que la voie était dégagée.

Le chef héréditaire Spookw a indiqué avoir reçu des lettres des premiers ministres du Canada, Justin Trudeau, et de la Colombie-Britannique, John Horgan, acceptant d'organiser une réunion entre des hauts fonctionnaires et des chefs héréditaires.

Le chef Spookw a déclaré du même coup qu'il levait le blocage des voies ferrées du CN à New Hazelton.

Le but est encore d'essayer de résoudre ce problème. Ce n'est pas résolu. J'ai déplacé ce camp sur ce site. J'ai levé ce blocage. C'était ma part. Retirez ce blocage et ils viendront à la réunion, a dit le chef Spookw.

Vendredi, le ministre des Transports, Marc Garneau, s’est dit préoccupé par les manifestations qui empêchent délibérément l’exploitation des chemins de fer par des activités illégales .

La réouverture de cette voie a permis la reprise des activités au port de Prince Rupert, où 40 % des employés sont Autochtones, a-t-il rappelé lors d’un point de presse.

Des manifestants bloquent des voies ferrées dans le nord de la C.-B.

À New Hazelton, à l'ouest de Smithers, dans le nord de la Colombie-Britannique, des manifestants bloquaient des voies ferrées.

Photo : Fournie par Lillian Granley

Le premier ministre Horgan a proposé de rencontrer les chefs héréditaires Wet'suwet'en et Gitxsan afin d'engager des discussions sur « l'impasse » au sujet de la construction du gazoduc Coastal GasLink.

Le gouvernement souhaite ainsi trouver des moyens « d'éviter que de pareilles situations ne se reproduisent », lit-on dans une lettre datée du 12 février.

En contrepartie, le premier ministre a dit s'attendre que les barrages des chemins de fer du CN soient retirés à la suite de sa réponse et d'une réponse similaire du gouvernement fédéral.

La réponse d'Ottawa est venue sous la forme d'une lettre signée par le premier ministre du Canada. Justin Trudeau a confirmé la participation de son gouvernement à une rencontre pour amorcer un dialogue sur l'origine de l'impasse actuelle au sujet du développement des pipelines, pour discuter de la situation actuelle et pour trouver un processus qui permettra d'éviter de telles situations à l'avenir.

« Discuter de la façon de corriger cette injustice »

C'est le territoire de Spookw sur lequel nous nous trouvons. Je suis le chef Spookw. Je contrôle cela. Je ne contrôle pas ce que les autres chefs font sur leurs terres. Et si le chemin de fer passe à travers leurs terres, je ne contrôle pas cela, a précisé le chef héréditaire Spookw à l'animatrice de Radio West, Sarah Penton.

S'ils souhaitent mettre en place un blocage, alors que celui-ci disparaît, alors qu'il en soit ainsi. Mais notre accord avec la province et le Canada est toujours valable, dit-il.

J'ai levé ce blocage et nous attendons des personnes de haut niveau de la province, des gens de haut niveau du Canada à venir s'asseoir avec nous pour discuter de la façon de corriger cette injustice.

Le chef héréditaire Spookw

Actuellement, les partisans du blocus retirent leurs affaires, a-t-il dit. Le CN peut venir supprimer tous les obstacles en bois. Ce n'est pas mon problème.

Cependant, cela ne garantit pas qu'il n'y aura pas de barrages sur d'autres parties de la ligne de chemin de fer ou ailleurs dans la province. On en a d'ailleurs eu la preuve en fin de journée : un barrage sur le pont ferroviaire de la rivière Pitt, dans le Grand Vancouver, a forcé l'annulation de tous les trains West Coast Express vers l'est.

Des manifestants devant l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique.

Les manifestations en soutien aux chefs héréditaires de Wet’suwet’en se sont multipliées au cours des derniers jours partout au pays.

Photo : Radio-Canada / Adam Van Der Zwan

Le ministre provincial des Relations avec les Autochtones et de la réconciliation, Scott Fraser, servira de représentant du gouvernement Horgan lors de la rencontre avec les chefs héréditaires. J'espère que cela aidera à résoudre la situation, affirme-t-il.

Les détails de cette rencontre éventuelle n'ont pas encore été dévoilés, et le ministre n'a pas eu l'occasion de s'entretenir avec son homologue fédérale, Carolyn Bennett.

Le bureau de Justin Trudeau a toutefois confirmé que la ministre des Relations Couronne-Autochtones serait disponible pour la rencontre.

Pour sa part, le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, pourrait rencontrer les Mohawks de Tyendinaga samedi, à la condition qu'ils cessent de bloquer les voies du CN près de Belleville, en Ontario.

Prise deux

Un des chefs héréditaires Wet’suwet’en est déçu que la province soit représentée par M. Fraser, et non pas par le premier ministre lui-même.

D'après mon expérience, [Scott] Fraser n'est pas un décideur. Il est simplement envoyé pour donner l'impression qu'on nous écoute, affirme le chef Smogilhgim, du clan Likhts’amisyu.

Au début du mois de février, les chefs héréditaires Wet’suwet’en et Victoria ne sont pas parvenus à un accord à l'issue de sept jours de négociations.

Durant cette période, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) s'était engagée à ne pas appliquer une injonction l'autorisant à démanteler les camps installés le long du tracé du gazoduc près de Houston, dans le nord de la province.

Après l'échec des pourparlers et l'incapacité des parties à trouver un terrain d'entente, les policiers ont procédé au retrait des barrages sur le chantier du projet de gazoduc, ce qui a permis la reprise des travaux.

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