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La Croix-Rouge canadienne n’offrira plus de soutien à domicile au Nouveau-Brunswick

Daniel Humphreys en compagnie de sa femme, Germaine Humphreys, à sa sortie de l'hôpital de Caraquet en juin 2019. «Ma femme a été très bien soignée», dit M. Humphreys. «Je pense que l'hôpital devrait être ouvert 24 heures sur 24.»

Photo : Gracieuseté de Daniel Humphreys

Marie-Ève Arsenault

Les familles néo-brunswickoises qui reçoivent des soins à domicile de la Croix-Rouge devront trouver un autre fournisseur d’ici un peu plus d’un an. Cette annonce suscite de l'inquiétude chez les familles bénéficiaires, qui craignent des délais d'attente durant cette période de transition.

La Croix-Rouge canadienne compte actuellement 349 travailleurs offrant des services de soutien à domicile à 466 bénéficiaires partout au Nouveau-Brunswick.

Une famille inquiète

Un bénéficiaire de Caraquet, Daniel Humphreys, dont la femme est handicapée, a appris la nouvelle de son aide-soignante jeudi matin. Cette dernière lui a annoncé qu'elle serait licenciée par son employeur en mars l'an prochain.

Germaine Humphreys et lui se disent inquiets. Ils redoutent un délai d’attente après le licenciement de leur préposée aux soins à domicile.

Par le temps qu’on a une femme de ménage, on sera morts tous les deux, craint-il.

Vivre dans l’incertitude de même, ça commence à être terrible.

Daniel Humphreys, résident de Caraquet et bénéficiaire de soutien à domicile

Lourdeur administrative

Il déplore de plus la lourdeur de la bureaucratie du système, après qu’il a fait une demande de service au programme extra-mural avant les Fêtes et pour laquelle il n’a reçu aucune réponse à ce jour. Selon lui, des dossiers sont fermés pour ensuite être rouverts, ce qui ralentit le processus.

Ils peuvent-tu faire plus vite, t'sais? Je sais pas ce qui se passe, mais c’est plus slow, il faut qu’ils rouvrent des dossiers. Ils rouvrent des dossiers, ils ferment des dossiers [...] Et ensuite, ils disent qu’il y a un délai pour rouvrir les dossiers, relate le résident de Caraquet.

Une goutte de trop

Cette fermeture de service de la Croix-Rouge est pour lui la goutte qui fait déborder le vase, après l'annonce sur la fermeture de nuit de l’urgence de l’hôpital de Caraquet.

C’est terrible, ça nous est tombé dessus comme une tonne de brique [...] Pas d’hôpital, pas de retour de l’extra-mural. Je suis bien déçu de leur fonctionnement.

Daniel Humphreys, résident de Caraquet et bénéficiaire de soutien à domicile

Dans un marché de 46 entreprises

L'organisation souligne que c’est la forte concurrence sur le marché dans la province qui l'amène à mettre fin à ce service.

[A]près une longue et minutieuse évaluation, nous avons déterminé [...] que le temps était venu de mettre fin à nos services de soutien à domicile, un secteur où nous sommes en concurrence avec de nombreux autres fournisseurs, déclare Bill Lawlor, directeur provincial de la Croix-Rouge canadienne.

La Croix-Rouge souhaite alors se consacrer à d'autres services, comme celui du prêt de matériel médical.

Plus de 5200 personnes âgées et adultes ayant un handicap reçoivent actuellement des soins à domicile d’un bassin de 46 entreprises et organisations à but non lucratif comme la Croix-Rouge canadienne, selon le ministère du Développement social.

M. Humphreys comprend toutefois la justification de la Croix-Rouge selon laquelle le marché est sursaturé. Il y en a trop, mais la Croix-Rouge, c’est la première. On devrait la garder, celle-là, croit-il.

Pénurie de travailleurs

Par ailleurs, le secteur du soutien à domicile au Nouveau-Brunswick est aux prises avec une pénurie chronique de travailleurs formés et qualifiés.

Au cours des 13 prochains mois, nous collaborerons également avec les bénéficiaires et leur famille afin de leur offrir l’information et le soutien dont ils ont besoin pour faciliter la transition vers un nouveau fournisseur de services, assure le directeur provincial de la Croix-Rouge canadienne.

Selon Thérèse Duguay, ancienne préposée aux soins à domicile, les salaires sont en cause dans cette pénurie de main-d'oeuvre.

Faut investir de l'argent pour ces gens-là. On ne peut pas continuer de garder ces employés à un salaire qui est presque au salaire minimum [...] Le gouvernement est en mesure d'investir beaucoup plus d'argent. Ces services-là sont essentiels. Aussi longtemps que ce sera pas fait, il va toujours y avoir ce problème-là [de pénurie de main-d'oeuvre], explique-t-elle.

C’est le ministère du Développement social qui détermine quels résidents néo-brunswickois sont admissibles aux services de soutien à domicile, quels services sont nécessaires et combien d’heures par semaine doivent leur être allouées. Il établit aussi les normes en matière de services et paie à tous les organismes un taux horaire identique.

Avec les informations de Michel Nogue

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