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« C’est l’horreur » : l'ex-maison patrimoniale de Labeaume rasée sans autorisation

Une des images partagées sur le site de la vente de la résidence de Régis Labeaume l'été dernier.

Photo : Sotheby's

Audrey Paris

Près de neuf mois après avoir été vendue par le maire Régis Labeaume, une maison à valeur patrimoniale du secteur Sillery n'est plus qu'un amas de ruines. Des experts en patrimoine bâti s’en désolent.

C’est l’horreur, c’est inacceptable, lance le président de la Société d’histoire de Sillyery Jean-Louis Vallée. Avant de démolir un édifice avec une valeur patrimoniale, il faut s’informer, c’était un élément important de l’architecture québécoise.

Un terrain sous la neige avec des clôtures et une enseigne sur laquelle il est écrit Défense de passer

Le terrain de l'avenue du Cap-au-Diable est évalué à 419 000 $. Il offre une vue sur le fleuve Saint-Laurent.

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

La résidence Paul-H.-Bilodeau, érigée en 1966, était un bungalow aux influences modernes de l’architecte André Robitaille avec une vue imprenable sur le fleuve. Elle était considérée comme ayant une valeur patrimoniale présumée, selon la Ville.

Cette dernière confirme avoir délivré un permis au mois d’octobre dernier pour l’agrandissement de la maison. C’est à la suite d’une inspection, le 22 janvier, que la Ville a constaté que le bâtiment a été démoli dans son ensemble, contrairement au projet d’agrandissement autorisé.

La Ville a donc demandé l’arrêt des travaux pour lui laisser le temps d’évaluer ses recours relativement aux règlements d’urbanisme.

Selon les normes de la Ville, les nouvelles constructions sont interdites sur un terrain avec une forte pente.

Le consultant en patrimoine bâti Martin Dubois croit lui aussi que la situation est déplorable. Je suis attristé, c’est une maison que j’aimais beaucoup. Et je suis outré puisque la démolition semble avoir été faite d’une manière un peu cavalière.

Un homme avec des lunettes regarde la caméra. Il est dans un bureau, on voit des illustration de bâtiments à l'arrière.

Martin Dubois est consultant en patrimoine bâti

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

M. Dubois a collaboré avec la Ville pour répertorier les bâtiments plus modernes sur son territoire avec une valeur patrimoniale. Cette maison en faisait partie, dit-il.

On a connu beaucoup d’émotions ces dernières années dans le patrimoine bâti. Même si ce sont des constructions des années 50, 60, 70, il ne faut pas les oublier.

Martin Dubois

C'était un super beau projet

Frédéric Bilodeau a grandi dans la maison de l’avenue du Cap-au-Diable, son père en a été le premier propriétaire.

Je suis passé quelques fois récemment et j’ai vu le projet affiché sur le terrain, affirme-t-il, j’ai trouvé ça de toute beauté.

Il raconte que son père, aujourd’hui décédé, aurait lui aussi aimé construire un troisième étage à la maison, ainsi que d’y ajouter un garage, comme l'indiquait le projet du nouveau propriétaire.

M. Bilodeau l'avait même rencontré lors d’une de ses visites à la maison. Il lui avait partagé son grand intérêt pour les rénovations et avait complimenté le plan des travaux.

Jeudi, la fiche descriptive du projet était toujours visible sur le terrain de la résidence.

Sur une affiche installée à la clôture du terrain, on peut y lire que « l'agrandissement projeté de la résidence se fait dans la continuité de ses valeurs originelles ».

Sur une affiche installée à la clôture du terrain, on peut y lire que « l'agrandissement projeté de la résidence se fait dans la continuité de ses valeurs originelles ».

Photo : Radio-Canada / Vincent Archambault Cantin

L’agrandissement projeté de la résidence se fait dans la continuité de ses valeurs originelles, est-il écrit. Il est d'ailleurs important de tirer profit de cette occasion pour utiliser le savoir-faire constructif et les nouvelles technologies maintenant disponibles pour renforcer les caractéristiques qui témoignent de ses valeurs architecturales.

Il est aussi indiqué que la façade nord de la résidence est discrète pour conserver l’intimité des occupants, mais que la façade sud, face au fleuve, est vitrée et parfaitement orientée.

Le propriétaire actuel de la résidence n’a pas encore répondu à nos demandes de renseignement.

La valeur de la maison était estimée à 615 000 $ et le terrain à 419 000 $. Elle a été vendue l'été dernier pour 1 215 000 $.

Un homme devant une clôture avec la neige, il est souriant et porte un manteau d'hiver

Jean-Louis Vallée est président de la Société d'histoire de Sillery.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

Le président de la Société historique de Sillery estime qu’il y a plusieurs exemples de mauvaises gestions du patrimoine bâti à Québec récemment.

Jean-Louis Vallée espère que cette démolition sans autorisation enverra un message aux décideurs publics pour que les lieux historiques soient mieux protégés.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

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