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Aucun lien entre la pauvreté et l'aide médicale à mourir, selon une étude

Un homme âgé étendu sur un lit d'hôpital tient la main d'une femme.

L'aide médicale à mourir a été légalisée à travers le Canada en juin 2016.

Photo : iStock

Radio-Canada

Une nouvelle étude menée par des chercheurs à Ottawa a révélé que l'aide médicale à mourir n'est pas motivée par des facteurs tels que la pauvreté, l'isolement ou le manque d'accès à des soins palliatifs appropriés.

L'étude évoque les inquiétudes selon lesquelles les personnes vulnérables sont poussées à demander une aide médicale à mourir parce qu'elles n’ont pas d'autres options.

L'auteur principal, James Downar, spécialiste des soins palliatifs à L' Hôpital d'Ottawa et à l'Université d'Ottawa, a déclaré que les données suggèrent qu'un décès médicalement assisté n'est pas dû à la vulnérabilité socio-économique d'un patient.

L'étude a examiné les données cliniques et socio-économiques de 2241 Ontariens qui ont reçu la procédure entre juin 2016 et octobre 2018.

Les chercheurs ont comparé les résultats avec ceux de 186 814 résidents de l'Ontario décédés au cours de la même période.

Ils ont constaté que 75 % des Ontariens à qui on a administré l’aide médicale à mourir étaient plus jeunes, plus riches et plus susceptibles d'être mariés au moment de leur décès, par rapport à la population générale.

« De quoi s'agit-il? »

Près de la moitié des patients dont les données ont été évaluées étaient mariés, 85% vivaient dans une maison privée et étaient plus susceptibles de vivre dans un quartier à revenu élevé.

Portrait du docteur dans un espace vitré.

L'auteur principal de l'étude, le Dr James Downar, spécialiste des soins palliatifs à L' Hôpital d'Ottawa et à l'Université d'Ottawa, a déclaré que les données suggèrent qu'un décès médicalement assisté n'est pas dû à la «vulnérabilité socioéconomique» d'un patient.

Photo : Institut de recherche de l'Hopital d'Ottawa

Le professeur Downar a déclaré qu'il est rassurant de constater que l'aide médicale à mourir n'est pas motivée par la vulnérabilité socio-économique ou le manque d'accès aux soins palliatifs, les gens souffrent suffisamment pour vouloir mettre fin à leur vie.

Parce que s'il ne s'agit pas de l'accès aux soins palliatifs, et qu'on sait que ce n'est pas un enjeu socio-économique, de quoi s'agit-il?

James Downar, spécialiste des soins palliatifs à L' Hôpital d'Ottawa et à l'Université d'Ottawa

Nous avons une quantité considérable de données du Canada et d'ailleurs suggérant que la détresse existentielle est un facteur majeur, explique le Dr Downar. Donc, s'il s'agit de détresse existentielle, comment pouvons-nous y remédier?

Le Dr Downar a déclaré que les médecins et les chercheurs devraient se concentrer sur l'amélioration de leur compréhension des facteurs qui poussent les gens à demander l'aide médicale à mourir.

Réaction mixte

Les défenseurs de l'aide médicale à mourir se félicitent des résultats.

On a beaucoup insisté sur les préoccupations selon lesquelles les personnes qui pourraient être influencées, ou qui pourraient être considérées comme vulnérables, pourraient être surreprésentées dans les statistiques de ceux qui reçoivent l'aide médicale à mourir, a déclaré Susan Desjardins, présidente du chapitre d'Ottawa de l’organisme Mourir dans la dignité. Je pense que cette étude montre clairement que ce n'est pas le cas.

La professeur Jocelyn Downie de l'Université Dalhousie, qui a siégé sur un comité fédéral chargé d'examiner les questions relatives à l'aide médicale à mourir, se réjouit aussi des résultats de l'étude.

Je pense qu'il est vraiment important pour nous d'avoir ce genre d'information [pour] ... que les gens puissent faire confiance au système

Jocelyn Downie Institut du Droit de la Santé de l'Université Dalhousie

Mais tout le monde n'est pas du même avis. Ray Pennings, vice-président exécutif du groupe de réflexion non partisan basé sur la foi Cardus, demande qu’une étude plus approfondie soit réalisée.

Photo du visage de l'homme.

Ray Pennings, vice-président exécutif du groupe de réflexion non partisan basé sur la foi Cardus.

Photo : Cardus

Cela examine l'accessibilité de l'aide médicale à mourir pour ceux qui le souhaitent, et c'est important, mais il est tout aussi important de proposer des dispositions dans lesquelles ceux qui ne la demandent pas soient protégés contre la pression de l'avoir, a-t-il déclaré.

L'aide médicale à mourir a été légalisée à travers le Canada en juin 2016.

Avec les informations de Natalia Goodwin et de la Presse canadienne

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Ottawa-Gatineau

Aide médicale à mourir