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Coronavirus : le bilan explose en Chine après un changement de calcul

Un premier décès vient d'être signalé au Japon.

Un homme pousse le fauteuil roulant d'un autre devant une banderole accrochée à un mur.

Des banderoles ont été affichées à Pékin et dans le reste de la Chine pour inviter la population à « se protéger, sans paniquer et sans répandre des rumeurs, tout en se fiant à la science ».

Photo : Reuters / Tingshu Wang

Agence France-Presse

La Chine a annoncé jeudi plus de 15 000 contaminations supplémentaires par le coronavirus. Un bond record dû à une nouvelle définition plus large des cas d'infection, indiquant que l’épidémie était plus grave que ce qui a été rapporté jusqu'à présent.

La Commission nationale (ministère) de la Santé a annoncé jeudi 15 152 nouveaux cas et 254 décès supplémentaires. Il s'agit, de loin, des plus fortes augmentations journalières depuis le début de la crise en décembre.

Ces chiffres sont le signe d'une sous-estimation de l'ampleur de l'épidémie, qui a officiellement contaminé près de 60 000 personnes et fait 1367 morts en Chine continentale.

Mais, paradoxalement, ils ne sont pas forcément synonymes d'une aggravation.

Ils sont surtout dus à une nouvelle définition, plus large, des cas d'infection par les autorités sanitaires du Hubei, qui concentre l'essentiel des cas (14 840) et des morts (242) supplémentaires.

Dorénavant, les malades de la province « diagnostiqués cliniquement » sont aussi comptabilisés. En clair, des patients suspects ayant subi une simple radio pulmonaire pourront désormais être considérés comme des malades « confirmés ». Jusqu'à présent, un test d'acide nucléique était indispensable.

De fait, le nombre de nouveaux cas journaliers confirmés à 100 % par un test poursuit sa baisse entamée il y a quatre jours : il a chuté officiellement durant cette période de 3062 à 1820.

Les travailleurs portent tous des combinaisons de protection, des lunettes et des masques respiratoires.

Des membres du personnel médical sont à pied d'oeuvre dans un centre de services de Wuhan, berceau de l'épidémie.

Photo : Reuters / China Daily

Les autorités justifient la nouvelle méthode par leur volonté de faire bénéficier au plus vite les patients d'un traitement.

Une solution compréhensible, selon Kentaro Iwata, professeur à l'Université de Kobe, au Japon, et expert en maladies infectieuses, car les hôpitaux sont débordés.

Même avis pour Yun Jiang, spécialiste de la Chine à l'Université nationale australienne, pour qui la nouvelle méthodologie est une mesure pragmatique face au manque de tests de dépistage.

Je ne pense pas que les chiffres aient été nécessairement manipulés à des fins politiques, mais ils ne sont peut-être pas si fiables que ça.

Yun Jiang, spécialiste de la Chine à l'Université nationale australienne

Grogne populaire

Sous forte pression de l'opinion publique, qui leur reprochait leur gestion de la crise, les deux chefs du Parti communiste chinois (PCC) pour la province du Hubei, berceau de l'épidémie, et Wuhan, son chef-lieu, ont été limogés.

Manipulation ou pas, le secrétaire du PCC dans le Hubei, Jiang Chaoliang, a été démis de ses fonctions. Il est remplacé par le maire de Shanghai, Ying Yong, réputé proche du président Xi Jinping.

Le principal responsable communiste de Wuhan, Ma Guoqiang, a également été congédié.

De nombreux Chinois accusaient depuis plusieurs semaines les autorités locales d'avoir tardé à réagir face aux premiers cas de la maladie.

Un mécontentement devenu fureur après la mort le 7 février de Li Wenliang, 34 ans, l'un des premiers médecins à avoir sonné l'alerte au sujet de l'épidémie. Réprimandé par la police qui l'accusait de propager des « rumeurs », il avait lui-même été contaminé.

Les chiffres annoncés jeudi tranchent avec ceux de la veille : la Chine avait fait état du plus faible nombre de nouvelles contaminations depuis près de deux semaines.

Le président Xi Jinping s'était lui aussi montré optimiste, soulignant l'évolution positive de la situation.

À Genève, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) s'est cependant voulue prudente. Michael Ryan, chef du département des urgences sanitaires, a déclaré : Je pense qu'il est aujourd'hui beaucoup trop tôt pour tenter de prédire le commencement, le milieu ou la fin de cette épidémie.

Le bateau illuminé est vu de nuit.

Le navire de croisière MS Westerdam, arrive à Sihanoukville, au Cambodge.

Photo : Reuters / Soe Zeya Tun

Ailleurs dans le monde

Pour l'instant, 99,9 % des décès enregistrés dans le monde l'ont été en Chine. En dehors du pays, le COVID-19 (précédemment appelé « 2019-nCoV ») n'a entraîné la mort que de deux personnes.

Le Japon a annoncé jeudi le premier décès sur son territoire d'une personne contaminée, une octogénaire.

Jusqu'à présent, le seul décès associé au virus à l'extérieur de la Chine était celui d'un Chinois aux Philippines.

Toujours au Japon, la situation demeure tendue à bord du paquebot de luxe Diamond Princess, en quarantaine près de Yokohama : 218 personnes sont contaminées, 44 nouveaux cas ayant été annoncés jeudi.

En revanche, un navire de croisière américain, le Westerdam, est arrivé au Cambodge, où ses passagers vont enfin pouvoir débarquer. Le bateau avait erré en mer plus de 10 jours, plusieurs ports asiatiques lui interdisant d'accoster par crainte du coronavirus.

D'après l'opérateur, aucun cas n'a été détecté à bord.

Et pour la première fois, une quarantaine a été édictée au Vietnam, dans une commune de 10 000 âmes située près de Hanoï.

Une mise en quarantaine de Son Loi a été ordonnée pour 20 jours, a indiqué le ministère vietnamien de la Santé, alors que cinq cas de COVID-19 ont été détectés dans cette petite ville de la province de Vinh Phuc.

Nous restons tous bloqués dans la commune et nous travaillons dans nos rizières et jardins, mais cela va certainement affecter un grand nombre d'habitants ayant un emploi à l'extérieur comme peintre en bâtiment, ouvrier, a indiqué Tran Van Minh, un habitant, joint par l'AFP par téléphone. Selon lui, une femme a infecté sa famille et ses voisins.

Au Vietnam, 15 personnes sont à ce stade touchées par l'épidémie.

Un homme âgé portant un masque de protection circule à bicyclette.

Les autorités vietnamiennes ont imposé une quarantaine dans une commune près de la capitale Hanoï.

Photo : Reuters

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