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Bombardier met fin à l’aventure de l'A220

Le sort de la division ferroviaire du géant québécois des transports demeure incertain.

Nez d'un appareil A220.

Le PDG de Swiss International Airlines, Thomas Kluehr, assis aux commandes d'un C Series de Bombardier devenu A220.

Photo : Getty Images / Michael Buholzer

Radio-Canada

Airbus et le gouvernement du Québec deviennent les seuls actionnaires du programme A220. Bombardier recevra un montant de 591 millions de dollars américains et est libérée de ses obligations de financement à l'égard du programme qu'elle avait lancé sous le nom de C Series.

En vertu de cette transaction, Airbus détient maintenant 75 % d'Airbus Canada, tandis que le gouvernement du Québec détient le reste. Avant l'annonce de la transaction, Airbus détenait 50,06 % du programme, Bombardier en possédait 33,58 % et le gouvernement du Québec avait une participation de 16,36 %.

La participation du gouvernement du Québec sera rachetée par Airbus en 2026, soit trois ans plus tard que prévu.

Le gouvernement Legault devra cependant inscrire une provision pour perte de 600 millions dans le prochain budget du Québec, puisque l'investissement de 1,3 milliard fait par Québec dans ce programme ne vaut plus que 700 millions à l'heure actuelle.

Dans le cadre de cette transaction, Airbus, par l'intermédiaire de sa filiale Stelia Aerospace, a également acquis les capacités de production des lots industriels A220 et A330 de Bombardier à Saint-Laurent, au Québec.

D'ailleurs, les 360 postes qui fabriquent notamment les cockpits des A220 à Saint-Laurent sont garantis pour une période de trois ans. Par la suite, les postes seront transférés à Mirabel.

La valeur de la transaction s'élève à 1,3 milliard de dollars et se décline en deux volets.

Tout d'abord, Airbus a effectué un premier versement de 531 millions de dollars américains à la signature de l'entente. Un autre montant de 60 millions suivra plus tard cette année.

De plus, Bombardier évite d'importantes obligations financières : Airbus réclamait un appel de fonds de 700 millions de dollars pour 2020-2021 afin d'accélérer la cadence de production de l'A220. En se retirant du programme, Bombardier n'aura pas à verser cette somme.

Une perte nette de 1,6 G$ US en 2019

Bombardier inc. déclare une perte nette de 1,6 milliard de dollars américains au terme de l’année financière 2019. L’an dernier, l’avionneur québécois avait plutôt déclaré un bénéfice net de 318 M$ US.

Cette perte pour l’année s’explique notamment par les résultats du quatrième trimestre de l’exercice financier. Bombardier inc. y enregistre une perte de 1,72 G$ US, comparativement à un bénéfice de 55 M$ lors de la même période l’an dernier.

Les revenus de l’entreprise se sont élevés à 15,76 G$ US en 2019, en baisse de 3 % par rapport à l’année précédente. Les revenus de Bombardier Aéronautique ont augmenté de 2 % pour atteindre 7,5 G$ US, mais ceux de Bombardier Transport ont chuté de 7 % à 8,27 G$ US.

Comme la performance de Bombardier Transport a été inférieure à l'objectif de rendement visé, la participation de la Caisse de dépôt et placement du Québec dans cette division a augmenté de 2,5 points de pourcentage pour s'établir à 32,5 % en date du 12 février.

Bombardier dit par ailleurs s'attendre à ce que ses activités dans le transport et les avions d'affaires fassent croître ses revenus de plus de 10 % en 2020.

Au cours des dernières semaines, le gouvernement de François Legault avait affirmé qu'il n'avait pas l'intention d'injecter davantage d'argent dans le programme de l'A220.

Depuis qu'Airbus a pris le contrôle du programme en juillet 2018, le total des commandes nettes pour ces appareils a bondi de 64 % pour atteindre 658 appareils à la fin de janvier 2020.

« Nous avons réussi à protéger des emplois payants », affirme François Legault

Je suis fier que notre gouvernement ait pu conclure cette entente. Nous avons réussi à protéger les emplois payants et l'expertise exceptionnelle développée au Québec, malgré les importants défis auxquels nous avons fait face dans ce dossier en arrivant en poste. Nous avons consolidé la position du gouvernement dans le partenariat, tout en respectant notre engagement de ne pas réinvestir dans le programme. En optant pour le renforcement de sa présence ici, Airbus fait le choix de privilégier nos talents et notre créativité. La décision d'un géant industriel comme Airbus de s'investir davantage au Québec contribuera à attirer d'autres donneurs d'ordres de calibre mondial, a soutenu dans un communiqué François Legault, premier ministre du Québec.

La participation accrue d'Airbus et du gouvernement du Québec au sein d’Airbus Canada démontre leur pleine confiance en l'A220. Nous nous concentrons pleinement sur la réussite commerciale et économique du programme pour satisfaire à la fois nos clients et nos actionnaires. Je suis fier de ce que nous avons accompli au cours des 20 premiers mois pour mettre l'A220 sur la bonne voie de la croissance et du succès, a déclaré Philippe Balducchi, PDG de la Société en commandite Airbus Canada.

Le ministre de l'Économie et de l'Innovation, Pierre Fitzgibbon, a affirmé de son côté que l'entente permettra à Bombardier d'améliorer sa situation financière et à Airbus d'accroître sa présence et son empreinte au Québec. C'est gagnant pour les partenaires privés et gagnant pour le secteur.

D'autres transactions à venir?

Selon deux sources de Radio-Canada, il n’y aura pas d’autres annonces jeudi.

Pas plus tard que mercredi, le quotidien allemand Handelsblatt, spécialisé en économie, affirmait que l'ensemble des activités ferroviaires de Bombardier allaient passer aux mains du groupe français Alstom et que l'accord devrait être officiellement conclu jeudi.

Selon le quotidien, Alstom reprendrait l'entreprise ferroviaire québécoise, dont le siège social est à Berlin, pour l’équivalent de plus de 10 milliards de dollars canadiens.

Aux prises avec une dette de 9 milliards de dollars américains, Bombardier étudie plusieurs scénarios de ventes d'actifs.

Au début de février, le Wall Street Journal dévoilait que l'entreprise québécoise aurait entamé des négociations avec la compagnie américaine Textron pour lui vendre sa division d'avions d'affaires.

Une source affirme à Radio-Canada que Bombardier continue d'examiner ses options stratégiques et qu'elle retourne toutes les pierres. L'entreprise cherche les meilleures solutions pour accélérer le paiement de sa dette, explique-t-on.

Avec les informations de Maxime Bertrand

L'intérieur d'un avion Airbus A220.

L'intérieur d'un avion Airbus A220.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

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