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Des familles manitobaines se préoccupent de l'accès aux services en français à l'hôpital

Plan serré d'une affiche de l'urgence de l'Hôpital Saint-Boniface.

Deux familles disent que leurs proches n'ont pas obtenu de services en français, alors qu'ils étaient en fin de vie, aux hôpitaux Victoria et de Saint-Boniface.

Photo : Radio-Canada

Si l'Office régional de Santé de Winnipeg (ORSW) soutient avoir fait des progrès entre 2018 et 2019 en ce qui concerne la prestation de soins en français, des familles manitobaines ont soulevé cette semaine des préoccupations à ce sujet.

Brigitte Carrière a récemment perdu son père qui est décédé après avoir séjourné à l'hôpital Saint-Boniface. Elle raconte qu’il a choisi cet établissement pour ses compétences en soins cardiaques, mais surtout pour être servi en français.

En fin de compte, à part un accueil en français, tous les soins que son père a reçus ont été en anglais.

Quand on était à l’urgence [...] on a eu cette conversation au sujet du français, et on s’est demandé “ben y'as-tu quelqu’un qui va arriver et nous parler en français?”, mais ce n’est pas arrivé.

Cette semaine, Jessika Sévigny-Mailhot a dénoncé une situation similaire, survenue il y a deux ans à l’Hôpital Victoria. Elle a écrit une lettre à l'Office régional de la santé de Winnipeg pour savoir quelles mesures ont été prises pour améliorer l'accès aux soins depuis 2018.

Cette année-là, sa mère France-Marie Sévigny est décédée d'une pneumonie à 64 ans. Mme Sévigny-Mailhot note que sa mère était unilingue francophone et croit que la mort de celle-ci aurait pu être évitée si elle avait reçu des soins en français.

Servir le patient dans sa langue, une priorité pour l’ORSW

Sans vouloir commenter de cas précis et soulignant que les mesures prises ne découlent pas d'un incident en particulier, l'ORSW note que le nombre d'employés bilingues occupant des postes désignés bilingues a augmenté de près de 10 % entre 2018 et 2019.

Le nombre de postes désignés bilingues a aussi augmenté de 10 %, bien qu'environ la moitié d'entre eux soient vacants ou occupés par des personnes qui ne parlent pas français.

Joel Lafond, le directeur régional des Services en langue française à l'ORSW, précise que s'assurer que la langue du patient l'accompagne au cours de son trajet à l'hôpital est une priorité.

C’est l'un des plus gros projets, l'une des plus grosses initiatives qu’on entreprend en ce moment, et qui fait partie de notre plan stratégique : l’identification du patient francophone et du fournisseur de service pour qu’il y ait un jumelage approprié, dit-il.

Terminer sa vie dans sa langue

À quel point la langue est-elle un défi à l’hôpital? Une personne exprime mieux son malaise et ses besoins elle-même, que si quelqu’un à côté fait la traduction, répond Brigitte Carrière.

C’est déjà une barrière de communication, mais, quand t'as des besoins, rendu à ce point-là, [en fin de vie], et que tu veux t'exprimer dans ta langue, ce n’est vraiment pas évident, ajoute-t-elle.

En partageant l’histoire de son père, elle souhaite réaffirmer que les francophones ont des droits dans un pays bilingue, et qu’il faut s’assurer qu’ils sont respectés.

Y’a rien de ça qui va ramener mon père, il a vécu une très belle vie et il avait 92 ans, dit Brigitte Carrière. Les gens du domaine médical qui l’ont vu, c’était quand même du bon monde. Ils ont fait ce qu’ils ont pu faire... mais ce n’était pas dans sa langue.

Avec les informations de Gavin Boutroy et d’une entrevue de Brigitte Carrière à l’émission le 6 à 9

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