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L’allégeance politique de Robert Gauvin mise à rude épreuve

Robert Gauvin, vice-premier ministre et député de Shippagan-Lamèque-Miscou

Photo : Radio-Canada / Guy R. LeBlanc

Radio-Canada

Le vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Robert Gauvin, s'est retrouvé entre l'arbre et l'écorce plus d'une fois depuis son élection en 2018. En tant que seul député acadien du Parti progressiste-conservateur, il est devenu de facto « la voix de la communauté francophone et acadienne au sein du gouvernement », selon la Société de l'Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

À plusieurs reprises, sa solidarité envers son parti a été mise à rude épreuve face à ses engagements à défendre des dossiers qui touchent les régions rurales et francophones.

Son opposition à la fermeture de nuit des urgences de six hôpitaux de la province n'est pas sans précédent.

Dès son entrée en fonction, M. Gauvin a dû naviguer en eaux troubles; le seul et unique député francophone au sein d’un caucus conservateur mené par un chef manifestement hors de son élément en ce qui concerne le maintien du fragile équilibre entre les deux communautés de langues officielles de la province, reconnaît la SANB par voie de communiqué.

M. Gauvin s’est vu transformé, du jour au lendemain, en une sorte d’émissaire du peuple acadien à l’intérieur du gouvernement ; un solitaire francophone tâché à agir comme l’intermédiaire entre les Gaulois et l’armée romaine, ajoute l'organisme acadien.

Voici un petit retour en arrière sur les questions qu'il a défendues vis-à-vis de son gouvernement.

1. L'identité acadienne

Une dizaine de candidats progressistes-conservateurs se sont rassemblés à Shippagan, jeudi, pour montrer leur appui au chef Blaine Higgs et rassurer les francophones.

Une dizaine de candidats progressistes-conservateurs se sont rassemblés à Shippagan en 2018 pour montrer leur appui au chef Blaine Higgs et rassurer les francophones.

Photo : Radio-Canada / Catherine Allard

Plusieurs Acadiens ont manifesté de l'inquiétude quand un premier ministre unilingue anglophone a été porté au pouvoir, le 24 septembre 2018. Robert Gauvin avait alors rassuré ses électeurs sur l'importance de travailler de concert avec les autres députés, tous des anglophones, sans jamais compromettre l'identité acadienne.

Va falloir travailler avec le reste de la province sans perdre notre identité. Et si jamais c'est le cas, eh bien on réagira comme on réagira.

2. Le bilinguisme

 Une affiche où est écrit English Français, avec l'icône d'un homme devant un bureau.

Le bilinguisme constitue une force du Nouveau-Brunswick et du Canada, selon Robert Gauvin.

Photo : Radio-Canada

Le lendemain des élections, Robert Gauvin a fait un plaidoyer pour le bilinguisme afin de rassurer la population sur ses engagements vis-à-vis des services en français dans la province.

On est une province bilingue. On a deux communautés linguistiques, on ne peut pas reculer là-dessus. C'est ce qui nous rend uniques au Canada. Le bilinguisme, la dualité linguistique, ça doit demeurer. Il n'y a pas de question dans ma tête. Moi je ne mettrai pas d'eau dans mon vin là-dessus. Après ça, il arrivera ce qu'il arrivera, parce que la longévité de Blaine Higgs va dépendre de la façon qu'il va traiter les Acadiens.

3. Les ambulanciers

Un véhicule d'Ambulance Nouveau-Brunswick.

Le gouvernement Higgs comprend mal ses obligations linguistiques, selon le juriste Michel Doucet, expert en droits linguistiques.

Photo : Radio-Canada

En décembre 2018, le gouvernement Higgs a ordonné à Ambulance Nouveau-Brunswick d'éliminer l'exigence du bilinguisme lors de l'embauche d'ambulanciers.

C'est pas idéal, mais je me sens mieux avec la sécurité des gens, pour l'instant.

Quand on a demandé à Robert Gauvin comment il se sentait quand les droits linguistiques étaient relégués au second rang, celui-ci a d'abord manifesté de la solidarité envers son cabinet, avant de faire marche arrière.

Mercredi matin, j'ai appelé le premier ministre et je lui ai dit que si on était au-dessus des lois qui protègent les dossiers linguistiques, je n'étais plus là.

4. Les urgences des hôpitaux

Un groupe de gens devant les portes de l'hôpital.

Quelques dizaines de personnes ont assisté au point de presse du comité Action H à Caraquet, lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Et finalement, sur la question plus récente des fermetures des urgences la nuit, le vice-premier ministre a dit s'opposer catégoriquement à la décision de son caucus. Il fera un point de presse vendredi à 11 h dans sa circonscription pour annoncer la suite des choses.

En tant qu'Acadien du nord du Nouveau-Brunswick, je ne peux pas appuyer ce qui a été annoncé. Je suis né à l'hôpital de Caraquet, et puis j'ai parlé aux médecins de Caraquet, à la Ville de Caraquet, et ça fonctionne l'urgence là-bas. On me dit que ça fonctionne tout de suite. Alors, pourquoi la changer? Je pense qu'on doit faire preuve de plus d'imagination et on doit trouver de meilleures idées.

Avec les informations de Wildinette Paul

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