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Un étudiant tente depuis 18 mois d’obtenir le transfert de crédits universitaires

Nathaniel Pomerleau-Lair se demande pourquoi son dossier est si compliqué.

Un jeune homme assis devant un ordinateur.

Nathaniel Pomerleau-Lair a commencé le processus pour transférer ses crédits universitaires.en octobre 2018.

Photo : Radio-Canada / Thibault Jourdan

Thibault Jourdan

Depuis près d’un an et demi, Nathaniel Pomerleau-Lair tente, sans succès, de transférer à l'Université du Manitoba des crédits universitaires acquis au Québec. Installé à Winnipeg depuis quelques années, l’ancien étudiant en actuariat à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) voudrait reprendre des études en science.

C’est un véritable calvaire administratif dans lequel s’est trouvé plongé, sans le vouloir, Nathaniel Pomerleau-Lair. Depuis le mois d’octobre 2018, l'homme de 27 ans bataille avec l’administration universitaire pour faire reconnaître certains des cours qu’il a suivis au Québec.

J’ai commencé le processus à l’automne 2018 et au printemps 2019, j’ai constaté qu’il y avait un problème avec des cours. L’Université m’a répondu que le processus allait être expéditif.

Dans un courriel de l’Université du Manitoba auquel Radio-Canada a eu accès, il est écrit que la révision des cours devrait prendre de 3 à 8 semaines.

Or, à l’été 2019, rien n’avait avancé. Recontactée par le Québécois, l’Université reconnaît, dans un courriel, que des documents ont été perdus. L’évaluation des résultats sera renvoyée à notre bureau dans les prochaines semaines. Nous vous remercions pour votre patience, dit-elle.

Un problème de langue?

Depuis, rien n’a bougé et quatre anciens cours suivis par Nathaniel Pomerleau-Lair à l’UQAM ont le statut envoyé [pour révision] au département, mention qui date de mars 2019, selon ce qu’a pu constater Radio-Canada.

Pour parvenir à faire transférer ses crédits universitaires, Nathaniel Pomerleau-Lair a fourni tous ses programmes et ses notes obtenues depuis le cégep. Tous ces documents étant en français, le jeune homme pense que le problème pourrait venir de là.

J’ai quelques hypothèses et celle qui est la plus flagrante, selon moi, c’est peut-être une question de langue. Peut-être que ce qui retarde [la fin du processus] c’est que l’Université n’a jamais été capable de gérer le fait que je venais d’une éducation francophone et qu’il était impossible de traduire adéquatement ce que je leur ai fourni comme matériel.

Pourtant, dans une déclaration envoyée à Radio-Canada, l’Université du Manitoba assure que l’analyse des cours en français est similaire à celle faite en anglais, mais [que] d'autres membres du personnel peuvent intervenir pour aider à effectuer la traduction du matériel reçu.

La façade d'un édifice de l'Université du Manitoba.

L'Université du Manitoba assure traiter les dossiers francophones de la même façon que ceux soumis en anglais.

Photo : Radio-Canada / Darren Bernhardt

Elle ajoute qu'elle met tout en oeuvre pour soutenir la mobilité estudiantine et [s’]engage à évaluer les transferts de crédits pour des cours dans un délai raisonnable, mais que les délais peuvent varier.

Par ailleurs, dans un des premiers courriels échangés entre le Québécois et l’Université, que Radio-Canada a pu consulter, cette dernière indique clairement à Nathaniel Pomerleau-Lair qu’il peut envoyer [ses] documents dans leur langue d’origine et que, si les départements ne sont pas en mesure d’effectuer l’analyse, ils seront envoyés à [son] campus de Saint-Boniface.

Perte de temps et d’argent

Peut-être que c’est un problème d’administration de leur côté, ou que leur système est tellement mal fait, dit pour sa part Nathaniel Pomerleau-Lair.

Comment deux départements peuvent-ils perdre une demande d’admission? Ce genre de choses-là, c’est inacceptable.

Nathaniel Pomerleau-Lair

Il reste que, depuis octobre 2018, le Québécois a englouti du temps et de l’argent. Nathaniel Pomerleau-Lair a, en effet, décidé de suivre certains cours en espérant que les autres cours en attente d’évaluation seront approuvés pour qu’il n’ait pas à les refaire au Manitoba.

Cette situation m’empêche de progresser, dit-il, dépité. Peut-être que je prends des cours que je n’ai pas besoin de faire. Peut-être que je paie pour rien!

Si je reprends six cours que je n’aurais pas dû prendre sans ces problèmes administratifs, on parle de 3000 $ de coûts supplémentaires.

Nathaniel Pomerleau-Lair

Des cas fréquents?

Le cas de Nathaniel Pomerleau-Lair n’est pas unique, sans pour autant être répandu, selon Jakob Sanderson, le président de l’Association des étudiants de l’Université du Manitoba (UMSU).

Cela arrive de façon ponctuelle. Nous avons déjà eu des étudiants qui ont porté à notre attention ce genre de difficultés, dit-il, sans pour autant être en mesure de quantifier le nombre de cas.

On ne voit pas une tonne de cas, mais on sait à quel point c’est difficile pour les étudiants quand ils se retrouvent dans cette situation, ajoute Sarah Bonner-Proulx, vice-présidente de l’Association.

Une femme souriante.

Sarah Bonner-Proulx est la vice-présidente de l'Association étudiante de l'Université du Manitoba.

Photo : Radio-Canada

Tous deux mentionnent le fait que le système est complexe et peut prêter à confusion. Il y a certainement une meilleure façon de procéder, dit Jakob Sanderson.

Pour tenter d’aider les étudiants, l’Association étudiante travaille avec Campus Manitoba (Nouvelle fenêtre), une organisation financée par le gouvernement provincial et qui crée un portail pour permettre aux étudiants de voir comment il est possible de transférer des crédits d’une université à l’autre.

Nous faisons pression auprès du gouvernement et de l’Université pour qu’ils augmentent leur financement à Campus Manitoba, afin que la base de données soit accessible à tous les étudiants de la province, explique Sarah Bonner-Proulx.

Cela éviterait que ce genre de situation se reproduise, pense Jakob Sanderson.

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