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Cantal, village fantôme de la Saskatchewan

Célébration du 25e anniversaire de l’église de Cantal en 1929. (Photo : Archives de la Saskatchewan. Dans le domaine public.)

Photo : Archives de la Saskatchewan

Radio-Canada

En Saskatchewan, de nombreux villages fondés par des francophones au début du siècle dernier ne figurent plus sur aucune carte de la province. Ils ont disparu, n’ayant laissé derrière que de bons souvenirs. Cette semaine, l’historien Laurier Gareau revient sur l'histoire du village de Cantal.

Le village de Cantal 

Situé dans le sud-est de la province, le petit village de Cantal a fait partie du territoire de colonisation de l’abbé Jean-Isidore Gaire, un Français de l’Alsace arrivé dans l’Ouest en 1888. 

Pour intéresser les Français et les Belges aux prairies canadiennes, qui étaient presque désertes à l’époque, l’abbé Gaire a multiplié les voyages en Europe et ses aller-retour ont été particulièrement lucratifs. Quatre ans après la fin de ses expéditions, en 1892, plus aucune propriété n’était disponible dans la région de Grande-Clairière. 

La même année, l’abbé a entamé une mission exploratoire à Cantal, menant à la création de deux nouvelles paroisses, soit celle de Saint-Raphaël-de-Cantal et de Saint-Maurice-de-Bellegarde. 

Un groupe de colons l’a suivi dans cette aventure, décrit par le curé comme étant de « tous les genres », c’est-à-dire « de jeunes gens bien élevés, des hommes de bureaux, des bons paysans, des ouvriers, des rouleurs, des tarés et des voleurs ». 

Si l’abbé Jean-Isidore Gaire était surtout responsable du recrutement de colons français et belges, l’abbé Alphonse Lemieux a lui aussi contribué au peuplement de Cantal. Il a fait venir des francophones du Wisconsin, aux États-Unis. 

Mais un Français se distingue particulièrement du lot de colons. Maurice Quennelle, un commerçant, deviendra le premier président de l’Association catholique canadienne-française, l’ancêtre de l’Assemblée communautaire fransaskoise (ACF). 

Un portrait de Maurice Quennelle et son épouse en 1892

Maurice Quennelle et son épouse. M. Quennelle fut du premier groupe à visiter Cantal en 1892

Photo : Archives de la Saskatchewan

Ce qu’on trouve à Cantal à cette époque

Une église a été construite sur la propriété de l’abbé Lemieux, qui a lui-même ouvert le premier bureau de poste dans sa maison, en 1904.

La première école de Cantal, qui a fermé ses portes en 1969, était dans le presbytère. Le district scolaire a été créé en 1907.

En plus des Français, des Belges et des Franco-américains, des familles métisses et québécoises y habitaient aussi. 

Mais le départ de l’abbé Lemieux vers Willow Bunch entraînera le déménagement de plusieurs familles, qui décideront notamment de s’établir à Gravelbourg et Ponteix. L’absence de chemin de fer dans la ville mènera également à sa disparition. 

Les vestiges des prairies

Même si aujourd’hui Cantal ne figure plus sur aucune carte routière de la province, l’église en pierre et les souvenirs des gens de la région, eux, demeurent bien vivants. 

Une église de pierre au milieu d'un champ

L'église de pierre est située à quelques kilomètres au nord-ouest du village d'Alida en Saskatchewan

Photo : Eliza Sedge

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