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Pourquoi tant de virus mortels viennent des chauves-souris?

Une chauve-souris.

Un vespertilion de Bechstein, l'une des 1400 espèces de chauves-souris.

Photo : iStock / Faultier

SARS, MERS, Ebola, Marburg, rage. Le nouveau coronavirus COVID-19 pourrait bien s’ajouter dans les prochaines semaines à cette liste des virus qui ont pour origine la chauve-souris.

Mais pour quelles raisons ce petit mammifère est-il lié à l’émergence d’épidémies chez l’humain?

Des biologistes américains de l’Université de la Californie à Berkeley expliquent que ce rôle d’incubateur de virus est en partie dû au système immunitaire extrêmement efficace de nombreuses espèces de chauve-souris, dont les défenses poussent les souches virales à s'adapter.

L'infection virale chez la chauve-souris entraîne une réaction rapide de son système immunitaire, qui élimine le virus, ce qui finit par la protéger contre une charge virale élevée.

Résultat : lorsque ces souches passent à une autre espèce, et ultimement à l’humain, elles se révèlent très infectieuses puisque le système immunitaire du nouvel hôte n’est pas aussi efficace que celui de la chauve-souris. Une réalité qui entraîne un taux de mortalité élevé.

Repères

  • S’ils sont couramment appelés chauves-souris, ces mammifères placentaires se nomment officiellement chiroptères (Chiroptera en latin).
  • Il existe 1400 espèces de chauves-souris;
  • Parmi les mammifères, seuls les rongeurs (Rodentia) comptent plus d'espèces, avec environ 1700.

Partout des chauves-souris

Depuis l’émergence des fièvres hémorragiques dans la seconde moitié du 20e siècle jusqu'aux apparitions plus récentes de nouveaux coronavirus, la chauve-souris semble donc être le réservoir naturel de nombreuses épidémies virales mortelles.

Il n'est pas surprenant, du point de vue du nombre d’espèces, que les chauves-souris soient la source de virus la plus importante parmi les mammifères.

Les chauves-souris ont colonisé presque tous les coins du monde, sauf les régions polaires et certaines îles océaniques isolées. Elles n’ont que très peu de prédateurs naturels, et vivent particulièrement longtemps par rapport à leur taille; certaines chauves-souris peuvent vivre jusqu'à 40 ans.

Pour toutes ces raisons, il n’est pas surprenant, selon les virologues, que de nombreuses épidémies virales trouvent leurs origines chez les chauves-souris.

Non seulement certaines chauves-souris présentent une forte réponse antivirale, mais elles réussissent aussi à l'équilibrer avec une bonne réponse anti-inflammatoire.

Cara Brook

Notre système immunitaire générerait une inflammation généralisée s'il essayait cette même stratégie antivirale. Les chauves-souris semblent être les seules à pouvoir éviter la menace de l'immunopathologie, explique Mme Brook.

Partout des hommes

Un autre facteur, tout aussi important, favorise la propagation des virus transportés par les chauves-souris et d’autres animaux sauvages : l’expansion des activités humaines.

Une destruction importante de l'habitat naturel des chauves-souris est observée depuis les dernières décennies. Cette réalité les met davantage en contact, de manière directe ou indirecte, avec les humains et d’autres animaux.

Ainsi, leur salive, leur urine et leurs excréments infectés par des virus entrent en contact avec des espèces qu’elles ne côtoyaient pas avant, et les infectent par la même occasion.

Il y a également la consommation humaine d’animaux sauvages qui est montrée du doigt.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal eLife (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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