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La fermeture des urgences la nuit fait craindre des débordements

Des ambulances devant une entrée d'hôpital.

Des ambulances devant l'entrée du CHU Dumont.

Photo : Radio-Canada / Rene Godin

Radio-Canada

La colère gronde de toutes parts au Nouveau-Brunswick face aux fermetures des urgences la nuit dans six hôpitaux annoncées mardi. Les hôpitaux déjà aux prises avec des débordements s'inquiètent des possibles engorgements, les médecins redoutent une charge de travail supplémentaire et les ambulanciers craignent de devoir faire plus de route, alors qu'ils sont déjà en manque d’effectifs.

Un cardiologue au CHU Dumont à Moncton constate déjà la présence d'un problème d'engorgement. Dans l'état actuel des choses, il se dit inquiet de la capacité du centre hospitalier d’absorber de nouveaux patients.

L’hôpital au complet déborde de 10 %, précise le Dr Luc Cormier. Dans le cas de l’urgence, lorsque le service déborde de 30 %, la situation est jugée critique et décrite comme étant de phase 3

Le PDG du Réseau de santé Vitalité, Gilles Lanteigne, a affirmé sur nos ondes mardi soir que des études avaient été faites et que les autres hôpitaux devraient être en mesure d'absorber les cas supplémentaires d'urgence la nuit.

Au moins une journée sur deux actuellement, dans notre centre hospitalier, on est en débordement phase 3. Alors, il va sans dire que la situation actuelle d’accéder au service d’urgence, là ça risque d’avoir un impact.

Dr Luc Cormier, cardiologue et président du Conseil des médecins et dentistes du CHU Dumont

Quand chaque minute compte

Dans les cas urgents, lorsque chaque minute compte, les nouvelles distances séparant les patients des régions visées du plus proche hôpital peuvent s'avérer critiques.

Une homme portant des lunettes parle au micro.

Le Dr Luc Cormier, président du conseil des médecins et dentistes du CHU Dumont

Photo : Radio-Canada / Patrick Lacelle

Comme cardiologue, le Dr Cormier se dit inquiet, surtout par les cas d'infarctus. Les crises cardiaques doivent être traités le plus rapidement possible. De rajouter ce 45 minutes, c'est beaucoup. Les données publiées attestent que la plupart des infarctus surviennent la nuit, explique-t-il. À l'hôpital de Sainte-Anne-de-Kent, 50 % des patients ayant subi un infarctus sont admis la nuit.

Plusieurs autres situations inquiètent, comme les réactions allergiques graves, les problèmes respiratoires aigus, qui nécessitent des traitements avancés. Ces situations font partie des craintes principales. Des situations qui arrivent régulièrement.

Atmosphère au CHU Dumont

Déjà débordés, les médecins du centre hospitalier ont beaucoup de questions quant à l’exécution des nouvelles mesures. Ils reconnaissent aussi les inquiétudes auxquelles font face les gens qui habitent dans les communautés rurales touchées par les fermetures.

C’est surtout des inquiétudes, beaucoup de questions qui demeurent encore sans réponse. Dans l’exécution, comment tout ça va s’enchaîner et se faire? Surtout dans un contexte où actuellement, si je dresse le tableau de ce qu’on vit dans notre centre hospitalier, c’est une situation de débordement chronique, malheureusement. On a des courriels tous les jours où nous demande, les médecins, de donner des congés [aux patients] le plus tôt possible dans la journée., Dr Luc Cormier, cardiologue et président du Conseil des médecins et dentistes du CHU Dumont

Les transferts ambulanciers

Richard Losier, PDG d'Ambulance NB, indique ne pas avoir été consulté par les régies de santé sur la fermeture des urgences des six hôpitaux.

Pourtant, la fermeture des urgences la nuit aura des répercussions directes sur les travailleurs paramédicaux, les forçant à faire plus de route pour transporter les patients aux autres hôpitaux.

Cette charge supplémentaire inquiète aussi le Dr Cormier.

Mettons Saint-Anne-de-Kent, à l’hôpital Stella Maris, il y a à peu près sept civières de patients qui sont couchés. Ce sont des patients qui sont mis en observation pour une condition médicale quelconque. Ces patients-là devront dorénavant être transférés dans un centre régional. Sept personnes, c’est beaucoup de monde, surtout dans la situation où on est actuellement, dit-il.

En ondes mercredi matin à La matinale, le PDG au Réseau de santé Vitalité soutenait que la question avait été étudiée. On a quand même regardé ce qui se faisait ailleurs, les distances parcourues, le système d'ambulance. On s'est donné des paramètres assez précis. [...] On a réussi à atteindre un niveau entre 95 et 97 %, ce qui est acceptable selon les normes que l'on voit dans les autres provinces.

Ambulances devant l'entrée d'un hôpital.

Ambulances devant l'entrée du CHU Dumont.

Photo : Radio-Canada / Rene Godin

De plus, le Dr Cormier ajoute qu'il peut arriver qu’une urgence se produise lors d’un transfert de patient d’un hôpital à l’autre et qui entraîne un arrêt imprévu à l’urgence d’un petit hôpital.

Ambulance NB compte actuellement 1000 employés dans la province. Le jour, environ 112 ambulances répondent au 911. La nuit, ce chiffre chute à 76.

Ambulance NB, aux prises avec une pénurie de main-d’oeuvre, cherche toujours à pourvoir 100 postes d’ambulanciers.

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