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François Legault interpelle Ottawa pour régler le problème des trains bloqués

Un train de banlieue de l'AMT traverse un passage à niveau, en hiver.

Les manifestations des Autochtones ont entraîné mercredi, pour la troisième journée consécutive, l'annulation des trains de banlieue de la ligne exo 4, desservant Candiac et Montréal.

Photo : Radio-Canada / Luc Lavigne

Radio-Canada

Le premier ministre François Legault presse Ottawa « de travailler plus » avec le Québec afin que cessent les perturbations au transport ferroviaire sur la Rive-Sud de Montréal et dans le sud-ouest de l'île.

Le premier ministre Legault dit ne pas comprendre l'attitude du gouvernement canadien relativement aux manifestations d'opposition au projet de gazoduc Coastal GasLink en Colombie-Britannique.

Ces manifestations, qui se déroulent d’un océan à l’autre, se veulent un appui aux chefs héréditaires de la Première Nation Wet'suwet'en, qui s'opposent au projet de gazoduc.

Ces manifestations ont un impact sur la Rive-Sud de Montréal, où les Mohawks de Kahnawake bloquent les rails du Canadien Pacifique (CP) qui passent sur leur territoire.

Pour cette raison, le service de trains de banlieue de la ligne exo 4, entre Candiac et le centre-ville de Montréal, est annulé pour une durée indéterminée.

Mercredi, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, le premier ministre Legault a affirmé qu'il s'agissait d'un problème canadien qui concerne le transport.

C’est un dossier fédéral, c’est une compétence partagée, a déclaré François Legault. Donc, je ne comprends pas [le ministre] Garneau et le gouvernement fédéral de ne pas vouloir s’impliquer avec nous dans le dossier.

Une résolution « paisible »

De Dakar, où il se trouve en visite, le premier ministre canadien Justin Trudeau a appelé à une résolution rapide et paisible de la situation.

Mais, M. Trudeau a aussi affirmé qu'il faut respecter les lois au Canada, même si, évidemment, on encourage le droit de manifester de façon paisible.

Le premier ministre du Québec a lui aussi émis le souhait que la situation ne s'envenime pas.

Nous, on va essayer de tout faire dans les prochains jours pour régler le problème sans qu’il y ait d’interventions musclées.

François Legault, premier ministre du Québec

Le premier ministre du Québec estime que le fédéral se doit d'intervenir puisque c’est un projet en Colombie-Britannique qui est contesté et il y a des manifestations à la grandeur du Canada.

Québec dit parler aux Mohawks

M. Legault affirme par ailleurs que les discussions qui ont lieu actuellement entre son gouvernement et le grand chef de Kahnawake, Joe Norton, vont bien.

On sait qu’on parle d’un territoire qui, actuellement, est géré du côté de la sécurité publique par les Peacekeepers, a expliqué François Legault. Donc, c’est pour ça qu’on parle avec M. Norton.

Ghislain Picard, chef de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, a donné son appui aux blocages de trains effectués par les nations autochtones, et il a souligné qu’il coordonne l’action de 43 chefs dans sa région.

Le chef Picard estime que la question territoriale est au cœur du problème.

Tout le monde a accueilli favorablement l’arrivée de M. Trudeau en 2015. Personne ne va nier qu’il y a eu certaines avancées […], mais là où on accuse un retard, c’est sur la question territoriale. On dirait que le gouvernement cherche à l’éviter, a expliqué M. Picard dans une entrevue à l’émission Le 15-18 sur les ondes d'ICI Première.

Selon lui, les injonctions ne régleront pas ce conflit.

De son côté, Conrad Sioui, grand chef de la Nation Huronne-Wendat, s’interroge sur les actions menées après avoir signé des ententes.

Il y a eu 20 conseils qui ont entériné des ententes quand même […]. Est-ce que ça a été bien communiqué, est-ce que les gens ont été tenus au courant? Une fois qu’on a entériné des ententes, on ne peut pas se cacher en dessous des roches et ne plus assumer ce qu’on a entériné, a-t-il dit mercredi à l’émission Midi info sur ICI Première.

Le grand chef estime que les barrages ne visent pas la bonne cible pour que le message soit entendu.

Qu’on aille manifester, qu’on aille à la cour […] on a besoin d’alliés, nous autres, on est dans une situation où on ne peut pas réussir notre visée vers l’autodétermination. On a besoin d’avoir des alliés sur le plan économique, culturel, social. Et ces alliés, on ne peut pas les perdre, on ne peut pas les fâcher, a-t-il plaidé.

Dans l'éventualité d'une injonction

Le porte-parole du conseil de bande de Kahnawake, Joe Delaronde, affirme que les Peacekeepers n'interviendraient pas dans l'éventualité où une injonction était imposée au Québec.

Dans cette éventualité, toujours, Joe Delaronde affirme qu'il serait inacceptable pour les Mohawks de Kahnawake que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) ou la Sûreté du Québec (SQ) soient appelées à intervenir.

En Colombie-Britannique, les chefs héréditaires des Wet’suwet’en défient une injonction et maintiennent leur blocus du chantier de Coastal GasLink.

En Ontario, le Canadien National (CN) a obtenu une injonction contre les manifestants mohawks qui bloquent une voie ferrée, près de Belleville, en soutien aux opposants au projet de gazoduc. La Police provinciale de l'Ontario (PPO) annonce qu'elle appliquera sous peu cette injonction.

En raison de ces perturbations, il y a interruption du service de train de VIA Rail entre Montréal et Toronto, et entre Ottawa et Toronto. Trente-quatre liaisons prévues mercredi ont été annulées.

Des usagers transportés par bus

Les perturbations au service de trains de passagers et de marchandises au Canada durent depuis la semaine dernière.

Dans la grande région montréalaise, elles ont entraîné mercredi, pour la troisième journée consécutive, l'annulation des trains de banlieue de la ligne exo 4, desservant Candiac et Montréal.

Cette perturbation touche les usagers de quatre gares de la Montérégie : Candiac, Delson, Saint-Constant et Sainte-Catherine, de même que ceux des gares LaSalle et Du Canal, à Montréal. Les usagers des gares Montréal-Ouest et Vendôme peuvent se rendre à la gare Lucien-L'Allier, au centre-ville, en utilisant d'autres lignes d'exo qui passent par ces deux gares.

Une trentaine d'autobus sont déployés à partir des gares Candiac, Delson, Saint-Constant et Sainte-Catherine afin de transporter quelque 3000 clients au terminus Mansfield, au centre-ville de Montréal, le matin. Les navettes transportent ces usagers en sens inverse, le soir venu.

La ligne exo 4 traverse le fleuve Saint-Laurent en utilisant le pont ferroviaire situé tout juste en amont du pont Honoré-Mercier.

Un maire qui s'impatiente

Le maire de Candiac, Normand Dyotte, demande aux parties en cause d'accélérer les pourparlers pour que les Autochtones lèvent le blocus des rails au plus vite.

Le maire souhaite que les parties s'entendent sur une solution temporaire pour permettre la reprise du service de train, quitte à poursuivre les discussions ultérieurement.

Pour les usagers, c'est impératif qu'on ait le service demain [jeudi] matin, affirme M. Dyotte.

Le maire de Candiac affirme qu'exo assure un bon service dans les circonstances, mais ça ne peut pas durer jusqu'à la semaine prochaine, dit-il.

La situation touche aussi des entreprises de la région du Roussillon qui utilisent le train pour transporter des marchandises.

Avec les informations d'Alex Boissonneault

Avec les informations de La Presse canadienne, et CBC

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