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Pas d’assurance pour les régimes de retraite privés, dit le ministre des Finances

Le reportage de Guylaine Bussière

Photo : iStock

Le ministre des Finances n’a pas l’intention d’assurer les régimes de retraite privés, malgré les demandes répétées de différents groupes de retraités et du Parti québécois.

Eric Girard affirme qu’il n’y aura aucune mesure en ce sens dans le budget provincial qui sera déposé le 10 mars.

La proposition la plus souvent mise sur la table serait d’adopter une loi semblable à celle de l’Ontario, où depuis 40 ans les rentes sont protégées dans l’éventualité d'une faillite.

Selon Eric Girard, adopter la même protection au Québec minerait la compétitivité des entreprises, puisqu’elles seraient obligées de payer des primes d'assurance.

Eric Girard, ministre des Finances du Québec

Eric Girard, ministre des Finances du Québec

Photo : Radio-Canada

Lorsqu'on compare la situation du Québec et de l'Ontario, lorsqu'on somme l'impôt corporatif et sur les masses salariales, le Québec impose déjà significativement plus ses entreprises. Il n'y a pas d'appétit pour augmenter le fardeau fiscal de nos entreprises, a expliqué le ministre des Finances.

Il ajoute que les primes imposées aux entreprises pourraient aussi entraîner la conversion massive des régimes de retraite à prestations déterminées en régime de retraite à cotisations déterminées. Dans ce type de régime, les prestations ne sont pas garanties et les rentes versées aux retraités dépendent entièrement des sommes accumulées et du rendement des actifs.

Le ministre se dit néanmoins à la recherche de solutions pour mieux protéger les retraités, mais ses commentaires laissent peu d’espoir à ceux qui espéraient une aide du gouvernement pour récupérer la portion de leur rente qui s’est évaporée avec la faillite de Groupe Capitales Médias, de Sears ou de la White Birch.

On ne peut pas réécrire le passé, ça, c'est certain, a laissé tomber Eric Girard quelques heures après un point de presse regroupant le Parti québécois et plusieurs associations de retraités qui espéraient se faire entendre à l’occasion des consultations prébudgétaires qui se terminent vendredi.

Comment mieux protéger les retraités?

Nouvelle catégorie de pauvres

Dans ce point de presse, le député péquiste de Bonaventure, Sylvain Roy, a accusé le gouvernement de permettre l’apparition d’une nouvelle catégorie de pauvres qui sont les retraités qui se font usurper une partie de leur fonds de pension.

L’élu évalue qu’environ 15 000 personnes ont été victimes d’une entreprise en faillite au cours des dix dernières années. Ces retraités seraient privés de 100 millions de dollars par année, alors qu’ils ont contribué de manière significative à la performance économique d’entreprises qui ne sont pas de très bons citoyens corporatifs, a dénoncé Sylvain Roy.

Les députés péquistes Sylvain Gaudreault et Sylvain Roy entourés de représentants de plusieurs associations de retraités.

Les députés péquistes Sylvain Gaudreault et Sylvain Roy entourés de représentants de plusieurs associations de retraités.

Photo : Radio-Canada

Le représentant des retraités de Sears Canada, Claude Sénéchal, a rappelé que lors de la faillite du détaillant en 2017, les retraités québécois ont vu leurs rentes fondre de 30 % alors que la vaste majorité des anciens employés de l’Ontario n’ont subi aucune perte.

Ceux du Groupe Capitales Médias ont eux aussi vu leur rente amputée de 25 % à 30 % lorsque les six journaux régionaux ont été repris par des coopératives d’employés en raison des difficultés financières de l’entreprise.

On ne le souhaite à personne, parce que la détresse que ça cause pour les couples et les familles, vous n’avez pas idée de ce que ça peut représenter.

Claude Sénéchal, retraité de Sears Canada

Selon lui, les entreprises du Québec seraient en mesure de payer une prime pour assurer leur régime de retraite. Il n'y a aucune entreprise qui a quitté l'Ontario, parce que ce programme-là est en place depuis 40 ans, argumente-t-il.

Les retraités n'ont pas l'intention d'abandonner leur lutte. Une pétition sera bientôt ouverte sur le site de l'Assemblée nationale.

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