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Gallese n'a jamais été autorisé à solliciter des services sexuels, dit la commission

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Images de caméra de sécurité montrant Eustachio Gallese marchant dans un couloir.

Eustachio Gallese portait un manteau de couleur foncée et des jeans le soir du 22 janvier.

Photo : Service de police de la Ville de Québec

Pour la première fois, la Commission des libérations conditionnelles affirme ne jamais avoir autorisé la stratégie qui permettait à Eustachio Gallese de répondre à ses besoins sexuels. Service correctionnel Canada ne la soutient pas non plus.

La commission a ajouté qu'elle n'avait jamais permis à tout autre délinquant de solliciter des services sexuels lors de sa libération conditionnelle.

Service correctionnel, de son côté, écrit que le syndicat des agents correctionnels devrait lui fournir des informations concrètes pour justifier ses récentes allégations.

Lundi, le Syndicat des employés de la sécurité et de la justice a diffusé un communiqué dans lequel il mentionne reconnaître pleinement que la Commission des libérations conditionnelles a manifesté sa désapprobation concernant la pratique de permettre à M. Gallese de se rendre dans des salons de massage.

Il ajoute aussi avoir des raisons raisonnables de croire qu'il ne s'agit pas d'une situation unique.

Service correctionnel répond donc avoir ordonné un examen des stratégies de surveillance dans la collectivité et a demandé à la gestion de rappeler aux agents de libération conditionnelle et à leur superviseur le cadre dans lequel ils doivent exercer leurs fonctions.

La demande a été faite directement par Anne Kelly, commissaire du Service correctionnel du Canada. Cette dernière a d'ailleurs rencontré le chef de police de la Ville de Québec afin d'assurer une collaboration aux enquêtes en cours.

Autoportrait de la jeune femme.

Marylène Levesque, 22 ans, travaillait dans un salon de massage érotique de Québec. Ses proches lui ont rendu un dernier hommage, rempli d'émotion, samedi à Chicoutimi.

Photo : Facebook/Marylène Levesque

Le 23 janvier, Eustachio Gallese a été accusé du meurtre au deuxième degré de Marylène Levesque, dont le corps inanimé a été retrouvé la veille dans une chambre d’hôtel de Sainte-Foy.

Gallese était en semi-liberté depuis mars 2019, alors qu’il purgeait une peine d’emprisonnement à vie pour le meurtre de sa conjointe survenu en 2004.

Dans le plus récent rapport de la Commission des libérations conditionnelles, qui a approuvé la prolongation de sa semi-liberté en septembre 2019, il était indiqué qu’une stratégie pour répondre aux besoins sexuels du délinquant avait été développée. Elle avait été permise par l'équipe de gestion de cas du criminel et la commission l'avait jugée inappropriée, toujours selon le rapport.

Tout le monde se renvoie la balle

Le député conservateur Pierre Paul-Hus a suivi le dossier de près. Sa motion pour que le Comité permanent sur la sécurité publique et nationale tienne des audiences sur cette affaire a été appuyée à l’unanimité la semaine dernière à Ottawa.

On peut voir que tout le monde se lance la balle, dit-il, il reste que, un moment donné, ce que les gens veulent entendre, c’est la vérité.

Un ancien commissaire aux libérations conditionnelles estime que le rapport de la commission de septembre 2019 n’indique pas clairement que la stratégie était interdite.

Mais si c'est le cas, ça soulève de nouvelles questions, selon Dave Blackburn, professeur à l’Université du Québec en Outaouais et ex-candidat conservateur.

Dave Blackburn lors d'une entrevue au Téléjournal avec le chef d'antenne Patrice Roy.

Dave Blackburn, ancien commissaire aux libérations conditionnelles

Photo : Radio-Canada

Il y a d’autres sérieuses questions qui doivent se poser, souligne-t-il. Qu’en est-il de la supervision en communauté? Il pouvait probablement avoir les allées et venues qu’il voulait.

M. Blackburn ajoute que la société fait face à de sérieuses questions sur la surveillance des délinquants en réinsertion sociale. Le syndicat et Service correctionnel devront répondre à ça.

Au moment de publier ces lignes, le Syndicat des employés de la sécurité et de la justice n'avait pas encore répondu à nos demandes d'informations.

Des lampions, des chandelles, des fleurs, des affiches et des photos dans la neige.

De nombreuses personnes se sont rassemblées à la fin du mois de janvier devant l'Assemblée nationale pour lutter contre les féminicides, comme celui de Marylène Levesque.

Photo : Radio-Canada / Érik Chouinard

Le cabinet du ministre fédéral de la Sécurité publique, Bill Blair, indique que les allégations provenant du syndicat sont très inquiétantes. Notre gouvernement prend cela très au sérieux.

Une enquête conjointe du service et de la commission est en cours pour faire la lumière sur les circonstances qui ont mené à la mort de Marylène Levesque.

Les besoins des criminels

Le spécialiste en criminologie et ancien membre de l'Office des droits des détenus, Jean-Claude Bernheim, admet ne jamais avoir entendu parler d'une stratégie qui permet à un délinquant de visiter des salons de massage érotique.

Mais cette reconnaissance de la sexualité des délinquants, c'est quelque chose de très récent, précise-t-il.

Il croit que c'est bénéfique de reconnaître les besoins des criminels, comme la sexualité, même si dans le cas présent, il ajoute que ça a mené à un drame.

De manière générale, si on nie la sexualité des détenus et des gens en libérations conditionnelles, on crée une situation potentielle de dangerosité, ajoute-t-il. Parce qu'on met les gens dans un contexte psychologique stressant qui est très difficile à subir.

M. Bernheim rappelle que le taux de récidive chez les criminels en libération conditionnelle au Canada est bas.

Avec les informations de Pierre-Alexandre Bolduc

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