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Affaire Roger Stone : les procureurs du gouvernement américain se retirent du dossier

Roger Stone.

Roger Stone est un allié de longue date du président américain Donald Trump.

Photo : Reuters / Leah Millis

Radio-Canada

Quatre procureurs qui avaient demandé une peine sévère contre Roger Stone, un ami de longue date du président Donald Trump, ont annoncé mardi qu'ils se retiraient du dossier. Le département américain de la Justice avait annoncé plus tôt que la peine recommandée serait revue à la baisse.

L'annonce de cette réduction de peine, une mesure inhabituelle, a eu lieu quelques heures seulement après une critique formulée par le président Trump sur Twitter dans la nuit de lundi à mardi. « C'est horrible et injuste », a-t-il notamment écrit dans son message publié à 1 h 48.

Les procureurs Aaron Zelinsky, Jonathan Kravis, Adam Jed et Michael Marando ont par la suite annoncé successivement qu'ils se retiraient du dossier.

Dans le document du département de la Justice, on peut lire que Roger Stone a commis des infractions graves et mérite une peine d'emprisonnement "suffisante, mais pas plus que nécessaire".

Une peine de 87 à 108 mois d'emprisonnement pourrait cependant être considérée comme excessive et injustifiée dans les circonstances de l'affaire, estime le gouvernement, qui dit s’en remettre à la Cour pour déterminer quelle peine spécifique est appropriée.

Je ne leur ai pas parlé, dit Trump

Le dossier a rattrapé le président Trump en fin d'après-midi, mardi, alors qu'il signait une loi dans le bureau ovale, à la Maison-Blanche. Il a affirmé avoir le « droit absolu » de changer la recommandation faite par les procureurs, mais a ajouté qu'il ne l'avait pas fait. J'ai trouvé la recommandation ridicule. J'ai pensé que toute l'accusation était ridicule, a-t-il tout de même déclaré.

Je reste à l'écart des choses à un degré que les gens ne croiraient pas. [Je] ne leur ai pas parlé.

Donald Trump, président des États-Unis

Lundi soir, les procureurs avaient recommandé que M. Stone purge de sept à neuf ans derrière les barreaux après avoir été reconnu coupable, entre autres, d'obstruction à l'enquête de la Maison-Blanche, qui visait à déterminer si la campagne de Donald Trump avait été coordonnée avec la Russie pour faire basculer les élections de 2016. Il a aussi été reconnu coupable d’avoir menti au Congrès.

Pour l'heure, on ignore la raison de ce revirement. Il est toutefois très rare que le département de la Justice annule la décision de ses propres procureurs, surtout après qu'une recommandation de peine a été présentée à la cour.

Pour ce qui est des décisions relatives aux peines, elles sont prises en dernier ressort par le juge.

Pas une erreur de jugement unique

Dans le mémorandum de condamnation déposé lundi soir, les procureurs ont demandé que Roger Stone purge entre 87 et 108 mois dans une prison fédérale – une peine qu'ils ont jugée conforme aux directives fédérales. Une telle peine enverrait un message pour dissuader d'autres personnes qui pourraient envisager de mentir, de faire entrave à une enquête du Congrès ou de falsifier des témoins, ont-ils dit.

Les procureurs ont écrit dans les documents du tribunal que les actions de Stone n'étaient pas une erreur de jugement unique et qu'il avait pris la décision de multiplier les inconduites en falsifiant un témoin pendant des mois afin de s'assurer que son obstruction serait couronnée de succès.

M. Stone, qui a nié les méfaits, estime que toute cette affaire est due à des considérations politiques.

Des témoins ont déclaré que l’équipe de campagne de Trump considérait Stone comme un point d'accès au site WikiLeaks, qui était en possession de plus de 19 000 courriels piratés des serveurs du Comité national démocrate, en 2016. Il aurait essayé de faire connaître à l'avance les courriels piratés nuisibles à la concurrente de Donald Trump à l'époque, la démocrate Hillary Clinton.

Les procureurs ont reproché à M. Stone d'avoir menti au Congrès au sujet de ses conversations sur WikiLeaks avec l'animateur de radio new-yorkais Randy Credico.

Pendant la campagne de 2016, M. Stone a mentionné publiquement qu'il était en contact avec Julian Assange par un intermédiaire de confiance, en laissant entendre qu'il connaissait les plans de WikiLeaks de l'intérieur.

Un témoignage antérieur a révélé que Roger Stone, lors de sa comparution devant la commission des renseignements de la Chambre, a désigné M. Credico comme son intermédiaire pour Assange, et a fait pression sur Credico pour qu'il ne le contredise pas.

Roger Stone est le sixième conseiller de Donald Trump à être condamné dans le cadre de l'enquête du conseiller spécial Robert Mueller sur la Russie.

Les procureurs fédéraux ont aussi récemment assoupli leur position sur la peine de l'ancien conseiller à la sécurité nationale Michael Flynn. Ils ont déclaré qu'ils ne s'opposeraient pas à une mise à l'épreuve de la peine après avoir initialement dit qu'il méritait jusqu'à six mois de prison pour avoir menti au FBI. L'affaire Flynn est également traitée par le bureau du procureur américain à Washington.

Avec les informations de Associated Press

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