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De petits vaisseaux artificiels créés en laboratoire

Et si nous pouvions un jour remplacer les petits vaisseaux sanguins endommagés?

Les feuillets ont été découpés par les chercheurs pour former des fils, un peu comme ceux qui composent le textile d’un vêtement.

Les feuillets ont été découpés par les chercheurs pour former des fils, un peu comme ceux qui composent le textile d’un vêtement.

Photo : INSERM/Nicolas L’Heureux

Un matériau de construction biologique conçu à partir de collagène, qui pourrait éventuellement permettre de remplacer les vaisseaux sanguins abîmés, a été mis au point par une équipe française affiliée à l’Université de Bordeaux.

Le chercheur Nicolas L’Heureux et ses collègues ont cultivé des cellules humaines en laboratoire afin d’obtenir des dépôts de matrice extracellulaire riche en collagène, cette protéine structurale qui compose l’échafaudage mécanique de la matrice extracellulaire humaine.

Nous avons obtenu des feuillets de matrice extracellulaire fins, mais très solides, qui peuvent servir de matériau de construction pour remplacer les vaisseaux sanguins.

Nicolas L’Heureux

Après avoir été découpés, ces feuillets peuvent former des fils, un peu à l’image du textile qui compose un vêtement. Nous pouvons tisser, tricoter ou tresser les fils que nous avons obtenus pour leur donner de multiples formes, explique Nicolas l'Heureux.

Notre objectif principal est de faire des assemblages avec ces fils afin qu'ils puissent remplacer les vaisseaux sanguins endommagés, ajoute-t-il.

Des prothèses vasculaires sont implantées de façon routinière chez les patients, mais les chirurgiens ne peuvent toujours pas remplacer des vaisseaux de petit diamètre.

Repères

  • Des vaisseaux endommagés ou obstrués sont à l’origine de nombreuses maladies cardiovasculaires, telles que les infarctus et les accidents vasculaires cérébraux.
  • Pas moins de 2,3 millions de Canadiens souffrent de maladies cardiovasculaires.
  • Environ 20 % des décès qui surviennent annuellement au pays sont imputables à ces maladies.

Pas de risque de rejet

L’un des avantages de ce matériau biologique est qu’il serait bien toléré par tous les patients. La raison? Le collagène qui le compose ne varie pas d’un individu à l’autre.

Ainsi, les vaisseaux sanguins synthétiques ne devraient pas être perçus comme un corps étranger par l’organisme, et ne seraient donc pas rejetés.

Illustration d'un vaisseau sanguin.

Environ 100 000 km de vaisseaux sanguins (artères, veines, et capillaires) irriguent le corps humain.

Photo : iStock

Plusieurs étapes doivent être réalisées avant que cette création soit testée chez des humains.

Dans un premier temps, l’équipe française veut peaufiner la technique de production de son textile avant de réaliser des tests sur des animaux. Si ceux-ci sont concluants, elle pourra mettre en place des essais cliniques.

Le détail de ces travaux est décrit dans le journal Acta Biomaterialia (Nouvelle fenêtre)

(en anglais).

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