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Des taux élevés de plomb dans l'eau aux Terrasses de la Chaudière

Dessin des Terrasses de la Chaudière avec un robinet duquel s'écoule de l'eau.

Des employés des Terrasses de la Chaudière sont actuellement visés par une interdiction de boire l’eau à certains étages.

Photo : Radio-Canada

Stéphane Leclerc

Radio-Canada a appris qu’en plus des nombreux problèmes liés à l’environnement de travail aux Terrasses de la Chaudière, des employés sont actuellement visés par une interdiction de boire l’eau à certains étages, en raison d’une quantité trop élevée de plomb dans celle-ci, allant jusqu'à six fois la concentration maximale acceptable.

Les Terrasses de la Chaudière sont reconnues pour la piètre qualité de l’air intérieur. C’est une mauvaise réputation que de nombreux fonctionnaires nous ont confirmée à mots couverts, à maintes reprises, qu’ils y travaillent ou non. Radio-Canada a par ailleurs révélé que bon nombre d’employés disent être suivis par un médecin pour des problèmes de santé pulmonaire chroniques, qu’ils estiment liés à leur lieu de travail.

Plusieurs fonctionnaires, qui ont préféré garder l’anonymat, nous ont aussi parlé d’un autre problème un peu moins connu : la présence de plomb dans l’eau qui coule de certains robinets dans l’édifice. Radio-Canada a découvert qu'une concentration élevée de plomb dans l'eau a été décelée dans plusieurs cuisinettes, une clinique de physiothérapie et même la garderie du complexe.

Avis d’eau non potable

Radio-Canada a obtenu une note de service interne, datée du 31 janvier dernier, qui révèle que les gestionnaires de l’édifice ont dû interdire la consommation d’eau à plusieurs étages des 15 et 25, rue Eddy, de même qu'au 21e étage du 10, rue Wellington. Elle a été distribuée par le ministère Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord à ses employés.

Santé Canada indique que la concentration maximale acceptable de plomb dans l'eau est de 0,005 milligramme par litre (mg/l). La note interne révèle toutefois une concentration de plomb variant de 0,005 mg/l à 0,03 mg/l.

La note explique également que les résultats excessivement élevés obtenus au 15e étage du 25, rue Eddy peuvent être expliqués par le fait que cet étage est vide et que le robinet échantillonné n'a pas été utilisé depuis longtemps, ce qui a pu générer une accumulation de résidus.

Un problème important mais limité, selon SPAC

Le propriétaire des Terrasses de la Chaudière, Services publics et Approvisionnement Canada (SPAC), affirme avoir ajusté son programme de gestion de l’eau potable pour répondre aux normes de Santé Canada, publiées il y a près d’un an, en mars 2019. Ce programme inclut l’échantillonnage de certains points de consommation de l’eau dans chacun des édifices.

Le ministère affirme avoir procédé, depuis, à l'échantillonnage de tous les points de consommation d’eau des édifices du complexe.

Au total, 249 points de consommation ont été échantillonnés, et 241 de ces points sont conformes à la recommandation émise par Santé Canada.

Extrait d’un courriel de Michèle Larose, responsable des relations avec les médias de SPAC

SPAC a ensuite pris les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des employés et pour déterminer les sources de cette concentration de plomb, peut-on lire dans sa réponse écrite.

Un édifice des Terrasses de la Chaudière vu du coin des rues Eddy et Wellington à Gatineau en hiver.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La firme WSP a été mandatée, en janvier 2019, pour déterminer les causes et la source des problèmes respiratoires signalés par les employés des Terrasses de la Chaudière.

Photo : Radio-Canada / Guillaume Lafreniere

Des huit endroits où l’on a interdit la consommation d’eau, deux ont pu être rouverts, soit la salle des plantes et la cuisinette du 14e étage du 15, rue Eddy. Les tests ont démontré que l’eau respectait les normes de Santé Canada, précise une porte-parole du ministère dans un courriel.

En date de vendredi dernier, il restait six points d’eau qui ne respectaient pas encore les normes maximales acceptables de plomb. L’enquête pour trouver les sources se poursuit. Ils demeureront donc hors service jusqu’à nouvel ordre.

Le syndicat choqué

Le Syndicat des employées et employés nationaux, une filiale de l’Alliance de la fonction publique du Canada, se dit choqué, mais pas surpris par ces informations quant à la présence de plomb dans l’eau. Encore une fois, dit le syndicat, les gestionnaires règlent les problèmes à la pièce — les symptômes —, plutôt que de s’attaquer aux causes.

Il y a eu une période où il y avait des bouteilles d’eau qui étaient fournies aux employés des Terrasses, parce que, encore, il y avait des problèmes avec l’eau potable.

Andrew Shaver, vice-président exécutif du Syndicat des employées et employés nationaux

Cette situation n’est pas nouvelle, selon le vice-président exécutif du Syndicat des employées et employés nationaux, Andrew Shaver.

Les niveaux de plomb à ces endroits spécifiques, même en quantité limitée, sont probablement la manifestation de problèmes plus profonds, explique-t-il, puisque ces systèmes d’eau sont généralement tous interreliés. Le syndicat demande plus de transparence des employeurs.

Le v.-p. en entrevue à Radio-Canada.

Andrew Shaver est le vice-président exécutif du Syndicat des employées et employés nationaux.

Photo : Radio-Canada

Plus de fonctionnaires aux Terrasses

En entrevue à Radio-Canada, lundi, le secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement, Steven MacKinnon, a parlé des projets de rénovation majeurs prévus pour remplacer l’enveloppe extérieure des édifices des Terrasses de la Chaudière, un projet de près de 200 millions de dollars.

Il a souligné que le gouvernement espère faire du complexe une sorte de tour de bureaux modèle pour les fonctionnaires fédéraux.

À long terme, oui, cet immeuble est destiné à [loger] beaucoup plus de fonctionnaires! À être un des immeubles les plus écologiquement responsables du gouvernement.

Steven MacKinnon, secrétaire parlementaire de la ministre des Services publics et de l'Approvisionnement

Aucun mot cependant sur la réfection des infrastructures intérieures de l’édifice — celles qui sont responsables de la qualité de l’eau et de l’air pour les employés, note le syndicat.

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Ottawa-Gatineau

Santé publique