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Trains bloqués : les manifestants érigent un deuxième camp en Ontario

Un camion de transport de personnes fait face à une tente verte. On remarque des bûches de bois et une bouteille de gaz. Le tout forme un campement, au second plan, un pont supportant une voie ferrée du CN.

Un deuxième campement a été érigé mercredi près des rails du CN, à environ trois kilomètres à l'est du premier.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Radio-Canada

Un deuxième campement a été installé près des rails du CN au moment où une opération policière était attendue pour mettre fin au blocage de la voie ferrée, qui dure depuis jeudi.

Le nouveau camp a été érigé près des rails, environ 3 km à l'est du premier. Il n'est pas situé directement sur les voies ferrées. Une dizaine de personnes occupent les lieux.

Les manifestants bloquent le trafic ferroviaire entre Toronto et Montréal depuis jeudi en solidarité avec des membres de la Première Nation Wet'suwet'en, en Colombie-Britannique, opposés au projet de gazoduc Coastal GasLink.

Le blocage maintenu ces prochains jours

Les manifestants ont indiqué mercredi après-midi qu'ils comptaient rester sur place durant les prochains jours. Nous attendons simplement de voir ce que le gouvernement a à dire à notre sujet, a déclaré à Radio-Canada l'un d'entre eux, qui se fait appeler Dalton. Ce dernier, installé depuis six jours au premier campement, se dit convaincu que ce blocage a un impact sur l'attention portée aux opposants au projet Coastal GasLink.

Un homme au visage caché par un foulard, des lunettes et une tuque parle dans une tente.

Présenté sous le nom de Dalton, cet homme est au premier campement depuis six jours.

Photo : Radio-Canada

Le premier ministre de l'Ontario Doug Ford a de son côté indiqué qu'il n'avait rien à déclarer, et qu'il laissait la situation entre les mains de la PPO.

Les pourparlers continuent malgré les injonctions

Tôt dans la journée, le chef de la police mohawk de Tyendinaga, Jason Brant, avait appelé les manifestants qui bloquent la voie ferrée près de Belleville, en Ontario, à quitter les lieux pacifiquement. La Police provinciale de l'Ontario disait mardi soir s'apprêter à forcer l'arrêt de la manifestation, mais continue dans les faits à continuer les pourparlers.

Une carte indique l'emplacement des campements de manifestants qui bloquent la circulation des trains près de Belleville, en Ontario.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les manifestants mohawks se rassemblent désormais autour de deux points.

Photo : Radio-Canada

Dans une ambiance calme, mais habitée d'une tension certaine, M. Brant a lu mercredi matin aux manifestants une lettre les invitant à rentrer dans leurs habitations et à communiquer cette intention à la Police provinciale de l'Ontario (PPO), insistant sur le fait que le blocage des voies ferrées affecte désormais les conditions de vie de personnes qui ont du mal à payer leurs factures, selon lui.

Des manifestants tiennent un drapeau mohawk.

Les manifestants autochtones refusent de lever leur barrage, malgré une rencontre le 11 février avec des représentants de la Police provinciale.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Cette déclaration fait suite à celle de la PPO, mardi après-midi, selon laquelle elle s’apprêtait à forcer l'arrêt de la manifestation. Deux agents de liaison avaient transmis le message aux manifestants.

Ils avaient alors qualifié la situation de désastreuse et expliqué que la PPO enquêtait sur la manifestation en la considérant comme illégale et que la police appliquera une injonction du tribunal interdisant toute ingérence continue dans les activités ferroviaires.

Les manifestants qui ont parlé avec les agents de liaison ont dit qu'ils allaient relayer le message aux autres personnes.

Plus tôt mardi, le Canadien National (CN), qui a obtenu l'injonction de la Cour supérieure de l'Ontario vendredi, a dit par voie de communiqué qu'il sera contraint « d’interrompre sous peu ses activités sur des parties importantes de son réseau canadien », sans préciser l’ampleur de ces tronçons.

Le CN estime que la chaîne d’approvisionnement canadienne tout entière est touchée par des barrages en Ontario et dans le nord de la Colombie-Britannique.

Nous stationnons actuellement des trains sur notre réseau, mais en raison de l'espace limité disponible, le CN n'aura d'autre choix que d'interrompre temporairement le service dans les principaux corridors, à moins que les blocages ne prennent fin.

Jean-Jacques Ruest, président-directeur général du CN

Il n’y a essentiellement pas de service de train entre l’est du pays et l’ouest du pays, parce que les trains passent par [Marysville]. Donc, il faut penser aux conteneurs qui entrent à Halifax ou Montréal, qui sont destinés à Toronto ou aux États-Unis, [ils] ne peuvent pas y accéder puisque ça ne traverse pas Belleville, a précisé Sean Finn, vice-président du CN.

Des produits de consommation ou des produits de l’Ouest canadien ne peuvent se rendre vers l’est.

Plus de 200 trains (CN et VIA Rail confondus) ne peuvent pas circuler sur les axes Toronto-Montréal et Toronto-Ottawa depuis le début de la manifestation.

Les blocages des voies ferrées en Ontario et en Colombie-Britannique ont fait l’objet d’injonctions de la part des cours supérieures provinciales concernées.

« 24 heures depuis le début du blocage de la voie ferrée CN par les alliés gitxsan en solidarité avec les Wet’suwet’en. Chaque jour représente un million de dollars perdus par l’industrie », explique la publication Twitter ci-dessous, qui montre le blocage de chemin de fer CN entre Prince George et Prince Rupert, en Colombie-Britannique.

Le CN était d'ailleurs retourné en cour lundi pour tenter de faire respecter l'injonction.

Ottawa renvoie la balle aux provinces

Mardi matin, des représentants de la PPO avaient lu aux manifestants de Tyendinaga l'injonction obtenue par le CN et discuté avec eux.

Un manifestant cagoulé fait face à une agente.

Une agente du ministère du Procureur général a lu l'injonction à haute voix aux manifestants le 11 février.

Photo : Radio-Canada / Rozenn Nicolle

Toutefois, ces discussions d'une vingtaine de minutes n'avaient pas permis de dénouer l'impasse.

Pour sa part, le ministre fédéral des Transports, Marc Garneau, a souligné que les moyens de pression ont un impact « énorme », qu'il s'agisse des dizaines de milliers de passagers sans service ferroviaire ou des millions de dollars en marchandises bloquées.

C'est quelque chose qui est contre la loi, a-t-il ajouté.

Toutefois, le ministre Garneau a dit que ce n'est pas au fédéral d'intervenir.

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