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Cession d'immeubles : l'amendement doit être suspendu, disent le PLQ, le PQ et QS

Le ministre attache son veston alors qu'il marche dans un couloir de l'Assemblée nationale.

Le ministre de l'Éducation est la cible de tous les partis d'opposition depuis l'adoption sous bâillon, dans la nuit de vendredi à samedi, de son projet de loi qui abolit notamment les commissions scolaires.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Pour la troisième journée de suite, les partis d’opposition pressent Québec de revenir sur sa décision de forcer les municipalités à céder des immeubles ou des terrains pour la construction d'écoles. François Legault et ses troupes restent toutefois impassibles devant la tempête.

La mesure a été ajoutée à la dernière minute au projet de loi abolissant les commissions scolaires adopté sous le bâillon la fin de semaine dernière.

Comme lundi, l'opposition officielle a demandé mardi au gouvernement de suspendre l’amendement. La réforme Roberge c’est comme acheter une maison. On fait une visite de l’extérieur, on vous interdit de faire une visite de l’intérieur. Après cela, il y a plein de vices cachés et on vous force quand même à faire une transaction. Il y a des limites à bulldozer tout le monde, a lancé Marwah Rizqy, porte-parole du Parti libéral du Québec (PLQ) en matière d’éducation.

Au Parti québécois (PQ), on a répété que la façon d'insérer cet amendement de sept pages au projet de loi, qui compte 300 articles et modifie 80 lois, était inacceptable. Comment un gouvernement peut avoir aussi honte d’une mesure qu’il est obligé de la passer à la sauvette après même les heures de discussions dans le bâillon?, s'est interrogée Véronique Hivon.

Cette mesure va créer des remous à long terme, sans nécessairement bénéficier à la scolarisation des enfants, estime pour sa part Québec solidaire (QS). On va assister à plusieurs années de turbulences parce qu’on va être dans du brassage de structures plutôt que dans l’amélioration des services aux élèves, s'est désolé le député Gabriel Nadeau-Dubois.

Québec défend sa loi

Selon le premier ministre du Québec, toutefois, il n'est pas question de reculer. Il y a une certaine urgence d’agir. On est très modérés dans notre projet de loi. On donne deux ans pour s’entendre avec chaque municipalité avant d’exiger de fournir un terrain, a affirmé François Legault en début d'après-midi, mardi.

On a discuté de ce problème avec les municipalités. Actuellement, il manque d’écoles au Québec. Ce n’est pas vrai qu’on va continuer à étirer des discussions pendant des années avec les municipalités pour qu’elles fournissent un terrain.

Le premier ministre du Québec, François Legault

Le premier ministre est même persuadé que les municipalités en sortiront gagnantes, puisque la présence d'une nouvelle école pourrait attirer encore plus de gens dans [une ville]. Le gouvernement du Québec paie l’école, la bâtisse, mais vous, la Municipalité, vous payez le terrain, je pense que c’est un bon deal, a-t-il opiné.

S'il manque présentement de locaux et que les classes sont surchargées, le blâme revient précisément à ceux qui critiquent la réforme, a pour sa part répété, mardi, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge : De 2006 à 2022, on n'aura inauguré aucune nouvelle école secondaire au Québec. On aura été 16 ans sans construire une école secondaire.

Il est impératif, insiste le ministre Roberge, que le Québec planifie davantage. Le statu quo, c’est une gare du REM, des milliers de condos, des milliers de familles, oups, pas d’école. Le statu quo, c’est Griffintown, où on se rend compte, deux-trois ans après, oups, pas d’école et plus de terrain pour le faire. Il faut travailler autrement, a-t-il déclaré, mardi.

Certaines municipalités qui voulaient avoir des écoles neuves ont fait l'objet de rencontres, a renchéri sa collègue Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales. Or, les terrains offerts étaient souvent en zone agricole, en zone industrielle, en milieu humide, en zone inondable, sous des pylônes à haute tension et même parfois sur le bord des autoroutes.

On s’est dit : Comment on va faire pour avoir de belles écoles dans nos municipalités?

Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales

L'Union des municipalités du Québec a déjà fait connaître son mécontentement et ses inquiétudes face à la situation, lundi.

Des appuis

Si les municipalités et les partis d'opposition montent aux barricades, ce n'est pas tout le monde qui réagit comme eux. À Montréal, par exemple, la présidente de l'Association des directions d'établissement scolaire est ravie de la célérité du ministre Roberge.

Ça fait des années à Montréal qu’on essaie d’avoir des terrains. [...] Quand la Commission scolaire de Montréal a demandé des terrains à la Ville de Montréal, on s’est fait offrir des terrains contaminés, s'est souvenue Hélène Bourdages en entrevue à Radio-Canada, mardi.

Selon elle, ceux qui ne sont pas contents de l'amendement ont été surpris par la rapidité de la décision : Si on avait laissé les choses aller, combien de dizaines d’années auraient passé avant que la Ville [n'offre] des terrains corrects pour les enfants?

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