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Le gouvernement Higgs s'attire les foudres de l'opposition et du vice-premier ministre

Robert Gauvin, vice-premier ministre et député de Shippagan-Lamèque-Miscou.

Photo : Radio-Canada / Guy R. LeBlanc

Radio-Canada

La décision du premier ministre Blaine Higgs de fermer les urgences la nuit dans six hôpitaux du Nouveau-Brunswick suscite l'indignation générale, tant du côté de l'opposition qu'au sein de son gouvernement.

Le vice-premier ministre du Nouveau-Brunswick, Robert Gauvin, dit s'opposer catégoriquement à la décision de son caucus.

En tant qu'Acadien du nord du Nouveau-Brunswick, je ne peux pas appuyer ce qui a été annoncé.

Robert Gauvin, vice-premier ministre

En entrevue à Radio-Canada, M. Gauvin indique qu'il a déjà fait part de sa position au premier ministre et aux ministres.

La semaine passée, j'ai appelé tous mes collègues du caucus et je leur ai dit, un à un, que je ne pouvais pas [soutenir] ce dossier. Et ils ont dit : 'bon, bien tu fais ce que tu as à faire'.

Interrogé au sujet de son avenir politique au sein du Parti progressiste-conservateur, M. Gauvin indique qu'il est toujours difficile de faire partie d'un gouvernement et qu'il en a aucune idée, mais qu'il croit toujours avoir sa place pour défendre ses idées.

Pour la suite, on verra. Je ne sais pas. C'est là qu'on est rendu.

Robert Gauvin

Le politologue Roger Ouellette se demande si Robert Gauvin a bel et bien mesuré l'ampleur de ses propos. Il soutient qu'une telle sortie publique doit être suivie d'une décision conséquente.

Roger Ouellette en entrevue dans un studio de Radio-Canada

Le professeur de sciences politiques de l'Université de Moncton, Roger Ouellette, pense que des élections anticipées sont inévitables.

Photo : Radio-Canada / Kenneth Hébert

En le disant publiquement, il vient de se désolidariser du cabinet auquel il appartient. Et quand on fait ça habituellement, ça veut dire qu’il reste qu’une chose [à faire] : démissionner comme ministre et éventuellement de siéger comme indépendant, lance M. Ouellette.

M. Gauvin doit prendre une décision.

Roger Ouellette, politologue

Un autre conservateur déçu

L'hôpital de Sussex est le seul établissement touché par le plan de fermeture des urgences la nuit à être situé dans une circonscription progressiste-conservatrice anglophone.

Le député progressiste-conservateur de Sussex-Fundy-St. Martins, Bruce Northrup, décidera jeudi s'il soutiendra ou non la décision de son gouvernement.

Menaces d'élections

Le chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick, Kevin Vickers, dit quant à lui qu'il fera tout en son pouvoir pour faire tomber le gouvernement, quitte à retirer de ses fonctions le président de l'Assemblée législative.

Les libéraux vont faire tout en leur pouvoir pour s'assurer que ces changements ne soient pas mis en place. Nous allons faire tomber ce gouvernement dès que nous en avons la chance.

Kevin Vickers, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick
Kevin Vickers sur la scène s'adresse à la foule

Kevin Vickers, chef du Parti libéral du Nouveau-Brunswick.

Photo : Radio-Canada

La présidence doit être impartiale et protéger le droit de tous les parlementaires à prendre la parole pendant les débats. Ce rôle est généralement attribué à un membre du parti au pouvoir.

Mais dans le cas du gouvernement minoritaire actuel, c'est le député libéral de Restigouche-Chaleur, Daniel Guitard, qui occupe ces fonctions.

Si M. Vickers demande au président de la Chambre de démissionner, les conservateurs vont devoir présider la Chambre et ils passeront de 21 à 20. Les libéraux passeront de 19 à 20. On a l’égalité ici. Trois alliancistes et trois verts. Et puis, en plus, si M. Gauvin décide de quitter le caucus conservateur... À ce moment-là, cela devient insoutenable, explique M. Ouellette.

On est dans une situation où je ne peux pas voir autrement qu’on ait des élections générales anticipées.

Roger Ouellette, politologue

Un hôpital qui fonctionne bien

Robert Gauvin craint que la fermeture des urgences à Caraquet n'amène des gens à vouloir quitter la région.

Il faut pense aux 8000 personnes qui restent de Pokesudie, à Grande-Anse, en passant par Paquetville, Évangéline, Saint-Simon, Anse-Bleue. Ces gens-là sont rendus dans un âge plus vieux. La tranquillité d'esprit, ça n'a pas de prix. Et il faut empêcher ces gens-là de changer de place! Parce que je suis sûr qu'il y a des gens tout de suite qui ont envie de changer de place à cause de cette décision-là.

Et d'ailleurs, selon lui, l'Hôpital de l'Enfant-Jésus fonctionne actuellement. Il souhaite que le gouvernement retourne à la table à dessin pour trouver d'autres solutions aux problèmes du système de santé.

Hôpital de Caraquet

Selon Robert Gauvin, le Centre hospitalier de l'Enfant-Jésus à Caraquet fonctionne bien actuellement et ne mérite pas la réforme proposée par son gouvernement.

Photo : Radio-Canada / David Maltais

Je suis né à l'hôpital de Caraquet, et puis j'ai parlé aux médecins de Caraquet, à la Ville de Caraquet, et ça fonctionne l'urgence là-bas. On me dit que ça fonctionne tout de suite. Alors, pourquoi la changer? Je pense qu'on doit faire preuve de plus d'imagination et on doit trouver de meilleures idées.

Maintenant que l'embargo sur l'annonce est levé, M. Gauvin confirme qu'il fera entendre son point de vue afin que le gouvernement trouve d'autres solutions à celle de fermer les services nocturnes des urgences. Je demande à tout le monde qui fait partie de l'équation : essayons de travailler ensemble.

Avec les informations de Karine Godin et de Lisa Revil

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