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Les détenteurs d'armes à feu ne dormiraient pas mieux

Une arme sur une table de salon.

Selon une étude, les propriétaires d’armes ne sont pas plus heureux et ne dorment pas mieux que les autres.

Photo : iStock

Ceux qui possèdent des armes à feu affirment souvent qu’ils se sentent plus en sécurité et qu’ils dorment mieux.

Les travaux du sociologue américain Terrence Hill et de ses collègues de l'Université de l'Arizona n’abondent toutefois pas dans ce sens. Selon leurs résultats, les propriétaires d’armes ne sont pas plus heureux et ne dorment pas mieux que les autres.

Nous voulons comprendre comment les armes favorisent le bien-être individuel, des informations qui nourriront le débat de société qui les entoure.

Terrence Hill

Repères

  • Pas moins de 36 % des ménages possèdent au moins une arme aux États-Unis;
  • Pas moins de 18 % des propriétaires d’armes affirment les porter sur eux quotidiennement.

Le bonheur au bout du fusil?

Pour évaluer le bonheur des porteurs d’arme, l’équipe du Dr Hill a analysé les données de 27 années incluses dans le National Opinion Research Center’s General Social Survey (entre 1973 et 2018) .

CORRECTIF

Dans une version précédente de cet article, nous écrivions que l’équipe du Dr Hill a analysé les données recueillies depuis 27 ans dans le National Opinion Research Center’s General Social Survey (entre 1973 et 2018) . Or, nous aurions plutôt dû écrire les données de 27 années incluses dans le National Opinion Research Center’s General Social Survey (entre 1973 et 2018) .

L’analyse initiale des données semblait indiquer une association entre la possession d'une arme et le bonheur. Or, cette corrélation s’est évanouie lorsque les scientifiques ont pris en compte l'état civil des personnes interrogées.

Il s'est avéré que les propriétaires d'armes à feu étaient plus souvent mariés, et le fait d'être marié – et non pas le fait de posséder une arme – était le moteur du bonheur.

Or, lorsque les chercheurs ont pris en compte dans leur analyse l'état matrimonial et d'autres variables telles que la race, la religion et l'éducation, les propriétaires d'armes et les autres ont montré des niveaux de bonheur similaires.

Les propriétaires d'armes vous diront souvent que les armes à feu les aident à se sentir en sécurité, en sûreté et protégés.

Terrence Hill

Ils affirment aussi que les armes leur donnent du pouvoir, un sentiment d'indépendance et de force. Ils mentionnent souvent qu’ils aiment manipuler leurs armes, ajoute le Dr Hill.

Le Dr Hill s’étonne de ne pas avoir été en mesure de montrer que les porteurs d’armes sont plus heureux, malgré l’énumération de ces sentiments habituellement liés au bonheur.

Certains individus peuvent connaître un plus grand bonheur ou un meilleur sommeil du fait de posséder une arme. Cependant, cela ne semble pas être le cas pour la population générale des propriétaires d'armes à feu.

Terrence Hill

Le détail de ces travaux est publié dans la revue SSM – Population Health (Nouvelle fenêtre) (en anglais) .

Dormir sur ses deux canons

Les chercheurs se sont également intéressés au sommeil des propriétaires d’armes. Pour cet aspect, ils ont scruté les données du General Social Survey récoltées entre 2010 et 2018.

Leurs analyses n'ont montré aucune différence entre les propriétaires d'armes et les non-propriétaires en ce qui concerne la perturbation du sommeil.

L’équipe du Dr Hill a aussi examiné le sentiment de sécurité des participants dans leur quartier. Lorsqu'elle a comparé les troubles du sommeil entre les deux groupes dans des quartiers jugés dangereux, l'équipe n'a, là encore, constaté aucune différence.

Nous avons constaté que posséder une arme n'était pas sécurisant et ne facilitait pas le sommeil, même dans un quartier dangereux.

Terrence Hill

Ces résultats peuvent étonner dans un pays où la possession d’armes est souvent présentée comme une façon de mieux dormir.

Certaines compagnies vendent même des étuis de chevet ou des oreillers avec des compartiments afin de dormir en sécurité avec une arme.

Le détail des travaux consacrés au sommeil est publié dans le journal Preventive Medicine (Nouvelle fenêtre) (en anglais).

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