•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Le crabe vert servira peut-être bientôt à fabriquer des objets en bioplastique

Gros plan sur un petit crabe vert

Le crabe vert est une espèce envahissante qui nuit grandement à des espèces indigènes dans les eaux des provinces de l'Atlantique.

Photo : Parcs Canada

Radio-Canada

Parcs Canada et une professeure de l’Université McGill unissent leurs efforts pour trouver un moyen de transformer la carapace du crabe vert en un plastique biodégradable qui pourrait servir à fabriquer des objets.

Le crabe vert est une espèce envahissante qui nuit grandement à des espèces indigènes dans les eaux des provinces de l'Atlantique.

Des crabes verts ramassés dans les eaux du parc national Kejimkujik Bord de mer, près de Liverpool en Nouvelle-Écosse, seront expédiés ce printemps à Montréal. La professeure Audrey Moores a mis au point une méthode non toxique pour transformer en une matière plastique rigide et opaque un polymère naturel qui se trouve dans la carapace de crustacés.

Les carapaces d’autres crabes, de crevettes et de homards donnent de bons résultats, indique Mme Moores. Elle croit que ce sera aussi le cas de la carapace du crabe vert.

Contrairement au plastique conventionnel, le matériau de Mme Moores se dégrade dans l’océan, mais il faut poursuivre les recherches pour savoir en combien de temps ce processus se produit, explique la professeure.

Audrey Moores, souriante, devant un bâtiment du campus

Audrey Moores est professeure agrégée au département de chimie de l'Université McGill.

Photo : Moores Research Group

Ces travaux inspirent de l’enthousiasme à Gabrielle Beaulieu, gestionnaire du projet de restauration côtière au parc national et lieu historique Kejimkujik. Le parc lutte contre le crabe vert depuis des décennies.

Les espèces envahissantes peuvent être nuisibles à l’écosystème et il faut être ouvert aux solutions surprenantes, explique Mme Beaulieu.

Le crabe vert dans le parc national Kejimkujik Bord de mer ravage depuis les années 1980 la mye et la zostère, une plante à fleurs marines qui sert de pépinière pour des animaux marins.

Les premiers crabes verts en Amérique du Nord provenaient des eaux de ballast de navires européens au 19e siècle. Ils se propagent avec le réchauffement des océans.

Il n’y a plus qu’une poignée d’endroits dans les provinces de l’Atlantique que le crabe vert n’a pas encore envahi, souligne Gabrielle Beaulieu.

De grandes herbes ondulent au gré du courant sur le fond de la mer à très faible profondeur.

La zostère, une plante marine, sert de pépinière pour la majorité des espèces faisant l'objet d'une pêche commerciale au Canada atlantique.

Photo : Gracieuseté/Arnault Lebris

Si le crabe vert peut servir de solution à la pollution des océans par le plastique, ce sera un moyen innovateur de voir autrement le problème des espèces envahissantes, estime Mme Beaulieu.

Deux millions de crabes verts ont été retirés des eaux du parc national Kejimkujik Bord de mer depuis 2010, précise-t-elle.

Les changements climatiques entraîneront peut-être un jour l’apparition d’autres espèces envahissantes dans la région, ajoute-t-elle.

Transformer la chitine en bioplastique

La méthode d’Audrey Moores consiste à réduire la carapace en poudre pour séparer la chitine, l’une des principales composantes des carapaces de crustacés et d’insectes, explique Parcs Canada sur son site Internet (Nouvelle fenêtre). La chitine est ensuite mélangée à de l’hydroxyde de sodium (soude) pour en retirer les protéines. Puis, le mélange repose pendant six jours dans une sorte de « salle à vapeur » pour produire le bioplastique.

Ce bioplastique est à l’heure actuelle aussi dur que le verre. Mme Moores dit que son équipe cherche à le rendre plus souple pour qu’il puisse servir à fabriquer des ustensiles de cuisine et d’autres objets à usage unique.

Audrey Moores recevra à Montréal un premier envoi de crabes verts au printemps, mais la production de son bioplastique se déplacera ensuite en Nouvelle-Écosse où elle prendra de l’ampleur.

La professeure qui a visité la Nouvelle-Écosse l’été dernier estime qu’il faudrait des centaines de crabes verts pour produire quelques kilos de bioplastique.

La zostère regagne du terrain

Danielle Beaulieu ne croit pas qu’il sera possible d’éradiquer le crabe vert dans le parc national Kejimkujik Bord de mer, mais grâce à la gestion de cette population, souligne-t-elle, des espèces locales comme la zostère peuvent commencer à s’adapter à l’envahisseur.

En raison des ravages du crabe vert, il ne restait plus que 2 % de la couverture de zostère dans le parc comparativement au niveau de 1987, explique-t-elle, mais grâce aux efforts de conservation environ 34 % de la couverture s’est rétablie.

Avec les renseignements d’Emma Smith, de CBC

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !