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La méconnaissance de l'aide médicale à mourir nuit au don d'organes, dit un médecin

Une table de chirurgie.

Au total, 23 personnes ont fait un don d’organe avant de recevoir l'aide médicale à mourir depuis l’entrée en vigueur de la loi.

Photo : iStockPhoto

Marie-Pier Bouchard

Il faut parler davantage de la possibilité de faire un don d’organe quand on reçoit l’aide médicale à mourir, affirme le Dr Alain Naud, du CHU de Québec. Il observe que peu de gens savent que c’est possible, même chez les professionnels de la santé.

Le principal enjeu actuellement, c’est clairement le manque de connaissance et le manque d’information sur la possibilité pour un malade, qui a déjà été accepté dans sa demande d’aide médicale à mourir, de pouvoir faire un don d’organe s’il n’a pas de contre-indication, affirme le Dr Naud, médecin de famille et en soins palliatifs.

Pourtant, avec l’élargissement imminent de l'admissibilité, notamment l’abolition du critère de fin de vie, il s’attend à ce que le bassin de donneurs potentiels augmente.

Il est très clair qu’on va avoir de plus en plus de demandes de grands malades avec des maladies chroniques incurables, très souffrants, mais qui n’ont pas de cancer, qui deviennent à ce moment-là des donneurs potentiels pour leurs organes.

Le Dr Alain Naud, médecin de famille et en soins palliatifs, CHU de Québec
Un homme portant des lunettes assis sur une chaise.

Dr Alain Naud, médecin de famille et en soins palliatifs au CHU de Québec

Photo : Radio-Canada

Mais selon le Dr Naud, pour qu’il y ait un effet réel sur le nombre de personnes en attente d’une greffe, encore faut-il que la population et la communauté médicale soient au courant.

Le témoignage de Marcel Boucher, diffusé à Radio-Canada il y a un peu plus d’un an, est un bon exemple selon le médecin. En janvier 2019, M. Boucher est devenu le 11e au Québec à faire un don d’organe dans un contexte d’aide médicale à mourir depuis l’entrée en vigueur de la loi.

En un an seulement, 12 autres personnes ont fait comme Marcel Boucher. Le nombre de personnes ayant fait un don d’organe dans un contexte d’aide médicale à mourir a ainsi doublé, pour un total de 23 depuis l’entrée en vigueur de la loi.

Je pense que dans la population, il y a clairement une campagne d’information qui devrait être faite par le gouvernement et par Transplant Québec. Du côté des professionnels, je pense que les ordres professionnels sont les mieux placés pour informer leurs membres de cette nouvelle réalité du don d’organe en lien avec l’aide médicale à mourir, propose-t-il.

On va souhaiter que de plus en plus les équipes puissent s’impliquer et informer les malades sur cette possibilité. Pas dans le but de faire une quelconque pression que ce soit, mais bien d’information pour que cette question-là devienne libérale maintenant et, vous savez, que ce ne soit plus un débat éthique, le don d’organe et l’aide médicale à mourir, conclut le Dr Naud.

Par contre, du côté de Transplant Québec, on rappelle que c’est une question très délicate.

L'organisme tient à spécifier que le processus de don d'organe est indépendant de celui de l'aide médicale à mourir. Transplant Québec entre en contact avec la personne seulement lorsque celle-ci manifeste elle-même le désir de faire un don d’organes et seulement une fois que sa demande d’aide médicale à mourir est acceptée.

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Québec

Aide médicale à mourir