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La fin de l’épidémie de coronavirus est-elle prévisible, comme l'affirme Trump?

Un homme en moto sous la neige à Pékin avec un masque au visage.

Selon Donald Trump, l’épidémie de coronavirus pourrait se terminer avec la fin des temps froids.

Photo : Reuters / Carlos Garcia Rawlins

Radio-Canada

Le président américain Donald Trump a prédit lundi que l'épidémie de coronavirus disparaîtrait probablement en avril à cause de la chaleur.

D'ici avril, ou au cours du mois d'avril, la chaleur en général tue ce genre de virus, a déclaré M. Trump depuis la Maison-Blanche. Ce serait une bonne chose.

Mais est-ce que les affirmations du président américain tiennent la route?

En entrevue mardi à l’émission Tout un matin sur ICI Première, la Dre Caroline Quach, microbiologiste infectiologue, pédiatre et épidémiologiste au CHU Sainte-Justine, a affirmé que la déclaration de Donald Trump manquait de nuance.

C’est un virus qu’on connaît peu; c’est la première fois qu’on voit ce virus, et d’affirmer hors de tout doute que la chaleur va le faire disparaître, je pense que c'est un peu gros.

Caroline Quach, microbiologiste infectiologue, pédiatre et épidémiologiste au CHU Sainte-Justine

Cependant, la Dre Quach confirme qu’il est vrai que le virus survit mieux dans les températures froides et plus humides. En effet, des chercheurs ont démontré que ces virus semblent être capables de survivre sur des surfaces inanimées (par exemple des poignées de porte) de quatre à neuf jours et qu’ils survivent mieux quand il fait froid.

Lors de “vraies chaleurs”, il semblerait que le virus survivrait moins longtemps dans l’environnement, et donc serait moins à risque de se transmettre d’une personne à l’autre.

Selon la Dre Quach, certains parallèles peuvent être faits avec la grippe. C’est vrai que pour la grippe et le rhume, vers avril ou mai, normalement les cas finissent par s’espacer et la grosse saison passe. C’est donc probable qu’on ait passé le pic de l’épidémie [de coronavirus] vers avril. Mais de là à savoir si tout va être résolu, on ne le sait pas.

Un pic de contagion qui semble plafonner

La Dre Caroline Quach explique que l’on peut prédire l’évolution de la contagion du coronavirus en observant sa courbe de progression et les cas déclarés. Lorsque le plateau passe et que les cas commencent à diminuer, on peut estimer que sa progression est à la baisse.

Si elle rappelle que l’évolution de la transmission du virus dépendra en grande partie des mesures de contrôle mises en place et de la transmission hors Chine, elle affirme pourtant être présentement plus optimiste face à l'évolution du virus que dans les derniers jours. En effet, la docteure affirme que la courbe de progression semble présentement plafonner, même si elle pourrait toujours remonter.

Du côté de la Chine, le principal conseiller médical du gouvernement Zhong Nanshan s'est également montré optimiste sur un prochain ralentissement de la propagation du coronavirus de Wuhan.

J'espère que cette flambée épidémique pourrait être terminée à peu près en avril, a-t-il déclaré mardi en évoquant la baisse du rythme de nouvelles infections dans certaines provinces chinoises.

Un médecin devant une plante.

Le principal conseiller médical du gouvernement chinois Zhong Nanshan a affirmé mardi que l’épidémie du nouveau coronavirus devrait atteindre son pic ce mois-ci en Chine et pourrait être terminée en avril.

Photo : Reuters / Thomas Suen

Selon ses projections, fondées sur un modèle mathématique et tenant compte des derniers événements et des mesures prises par le gouvernement chinois, le pic épidémique devrait être atteint mi-février et le taux de nouvelles contaminations devrait ensuite connaître une phase de stagnation avant de commencer à décroître.

Zhong Nasnshan est notamment célèbre pour avoir lutté contre l'épidémie du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), également causée par un coronavirus et qui avait fait près de 800 morts à travers le monde en 2002-2003.

Cependant, les précédentes prévisions de Zhong Nanshan sur le pic épidémique s'étant avérées prématurées, il n'est pas certain que ses déclarations dissipent totalement les inquiétudes croissantes sur l'impact économique de cette crise sanitaire.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Reuters

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