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Sanders remporte le New Hampshire, Joe Biden mord la poussière

Bernie Sanders sourit devant ses militants.

Le candidat à l’investiture démocrate Bernie Sanders s’adresse à ses militants, le 11 février 2020, à Manchester, au New Hampshire, après avoir remporté la primaire de cet État.

Photo : Getty Images / Drew Angerer

Deuxième étape du marathon électoral démocrate, le New Hampshire a préféré, mardi, Bernie Sanders aux autres candidats, mais Pete Buttigieg et Amy Klobuchar, qui ont très bien fait, obtiendront eux aussi des délégués. Joe Biden a dû se contenter d'une décevante cinquième position.

Les électeurs du New Hampshire ont confirmé la victoire du sénateur indépendant du Vermont, Bernie Sanders, que laissaient pressentir les sondages réalisés dans cet État au cours des derniers jours.

La lutte au sommet entre le socialiste démocrate autoproclamé et l'ex-maire de South Bend, en Indiana, le centriste Pete Buttigieg, a été plus serrée que prévu. Après dépouillement des voix dans 87 % des bureaux de vote, M. Sanders a recueilli 25,7 % des appuis, à 1,3 point de pourcentage devant son plus proche rival.

La sénatrice du Minnesota Amy Klobuchar, après avoir fait un excellent débat vendredi dernier, a pour sa part rallié près de 20 % des électeurs.

Viennent ensuite la sénatrice du Massachusetts Elizabeth Warren, puis l'ex-vice-président Joe Biden, tous deux sous la barre des 10 %.

Pour remporter des délégués, un candidat devait franchir le seuil de 15 % des voix.

Insistant sur sa victoire au New Hampshire et sur le vote populaire remporté en Iowa, la semaine dernière, Bernie Sanders s'est dit convaincu de remporter les deux prochains États appelés à se prononcer au cours des deux prochaines semaines, le Nevada et la Caroline du Sud.

Alors que les candidats démocrates ont multiplié les flèches en direction de leurs rivaux au cours des derniers jours, Bernie Sanders a affiché un message d'unité.

Ce que je peux vous dire avec une certitude absolue – et je sais que je parle au nom de chacun des candidats démocrates –, c'est que quel que soit le vainqueur – et nous espérons certainement que ce sera nous –, nous allons nous unir et nous allons vaincre le président le plus dangereux de l'histoire moderne.

Bernie Sanders

En 2016, Bernie Sanders avait remporté l’État avec 60,4 % des voix, devançant facilement sa rivale Hillary Clinton.

Arrivé deuxième, Pete Buttigieg a mieux fait que ce que laissaient présager les sondages. Après avoir félicité Bernie Sanders, il a toutefois critiqué, sans le nommer, la poursuite d'une pureté idéologique de son principal rival. Nous ne pouvons pas vaincre le président le plus diviseur de l'histoire américaine moderne en démolissant quelqu'un qui n'est pas d'accord avec nous à 100 %, a-t-il lancé.

La politique du “c'est ma façon ou rien du tout” est la voie à suivre pour réélire Donald Trump.

Pete Buttigieg

Amy Klobuchar, qui au cours des derniers débats a critiqué l'inexpérience de Pete Buttigieg, 38 ans, est sans contredit l'autre gagnante de la soirée.

Bonjour, l'Amérique. Je m'appelle Amy Klobuchar et je vais battre Donald Trump, a-t-elle dit, profitant de son discours pour se présenter à des électeurs qui la découvraient mardi soir. Les plus récents sondages au New Hampshire la plaçaient en troisième position, mais pas avec tant d'appuis.

Se targuant de pouvoir rassembler les démocrates, les indépendants et les républicains, la candidate qui a dépassé les attentes a affirmé porter ce message d'unité dans le reste du pays.

Une femme sourit avant de s'adresser à ses partisans.

La candidate à l’investiture démocrate Amy Klobuchar s’est adressée à ses partisans à Concord, au New Hampshire, le 11 février 2020.

Photo : Getty Images / Scott Eisen

Buttigieg en tête pour le nombre de délégués

Chacun des deux meneurs a réussi à rafler 9 délégués sur les 24 que compte le New Hampshire. Amy Klobuchar en a pour sa part obtenu 6.

Pete Buttigieg, qui avait remporté le plus grand nombre de délégués à l'issue des caucus de l'Iowa, demeure toujours en tête, devant Bernie Sanders.

La course n'en est toutefois qu'à ses premières étapes, puisqu'un total de 3979 délégués aura été attribué à l'issue de la saison des caucus et des primaires, qui s'étirera jusqu'en juin.

Pour remporter l'investiture, un candidat doit avoir remporté au moins la moitié des délégués, soit 1990.

La course pourrait se corser davantage avec les élections dans les deux prochains États qui voteront en autant de semaines. Le Nevada et la Caroline du Sud, qui comptent d'importantes minorités, ont comme meneurs dans les intentions de vote Joe Biden, Bernie Sanders, Elizabeth Warren, mais aussi le philanthrope milliardaire Tom Steyer.

Mauvaise soirée pour Biden et Warren

Joe Biden levant les bras

Joe Biden a commenté les résultats du New Hampshire depuis un rassemblement à Columbia, en Caroline du Sud.

Photo : Reuters / Randall Hill

Joe Biden accusait un retard dans les intentions de vote au New Hampshire depuis plusieurs semaines, mais la cinquième place dont il a dû se contenter n'était pas envisageable il y a une semaine à peine.

Nous venons d'entendre les deux premiers de 50 États. Deux d'entre eux. Pas toute la nation, pas la moitié de la nation, pas un quart de la nation, pas 10 % - deux. Deux, a-t-il tenté de dédramatiser depuis un événement de campagne à Columbia, en Caroline du Sud, insistant sur la diversité plus grande de cet État et du Nevada.

D'où je viens, c'est la cloche qui annonce le départ de la course, pas la cloche qui annonce la fin. La lutte pour mettre fin à la présidence de Donald Trump ne fait que commencer.

Joe Biden

Jusqu'à présent, nous n'avons pas entendu le segment le plus engagé du Parti démocrate – la communauté afro-américaine, a-t-il martelé. La Caroline du Sud, qui votera le 29 février, compte une importante population afro-américaine, base électorale du parti, qui lui est, pour l'instant, plus favorable.

Joe Biden avait déjà tempéré les attentes au cours des derniers jours, après avoir obtenu des résultats très décevants en Iowa, martelant qu’il misait sur les États qui suivront le New Hampshire. Signe de son insuccès anticipé, le candidat avait annoncé plus tôt dans la journée qu'il ne serait pas présent au rassemblement de ses partisans au New Hampshire.

Longtemps grand favori dans les sondages nationaux, Joe Biden a fait de sa capacité à battre le président Trump son principal argument de campagne.

Après avoir mené dans les intentions de vote au New Hampshire une partie de l'automne, Elizabeth Warren a quant à elle terminé en quatrième position.

Dénonçant la tournure acrimonieuse qu'a prise la campagne récemment, elle s'est présentée comme la candidate de l'unité. Ces tactiques hostiles pourraient fonctionner si vous êtes prêt à pratiquer la politique de la terre brûlée pour être le dernier candidat à rester debout, a-t-elle dénoncé après le vote.

Nous ne pouvons pas nous permettre de nous diviser en factions. Nous ne pouvons pas nous permettre de dilapider notre pouvoir collectif. Nous gagnons quand nous nous réunissons.

Elizabeth Warren

Avant l'entrée en scène de Michael Bloomberg, le bassin se réduit

Les résultats ont sonné le glas de la campagne de deux candidats : l'entrepreneur Andrew Yang et le sénateur du Colorado Michael Bennet. La candidature du deuxième n'a jamais décollé, mais le premier, qui s'est distingué par la promesse d'un revenu universel, avait gagné des partisans fidèles, survivant même à des politiciens de renom.

Avec leur abandon, il reste désormais 9 candidats.

Entré tardivement dans la course à l'investiture démocrate, l'ex-maire de New York Michael Bloomberg a fait une croix sur les premiers États pour miser sur les États du super mardi, qui se prononceront le 3 mars prochain.

Le multimilliardaire s'est hissé jusqu'à la troisième place dans un sondage au niveau national publié lundi. Disposant de moyens financiers quasi illimités, il inonde de publicités la quinzaine d'États qui voteront lors du super mardi.

Fait à noter, l'ex-républicain, dont le nom ne figurait même pas sur les bulletins de vote du New Hampshire, a été le grand gagnant dans la très petite communauté de Dixville Notch. Près de la frontière canadienne, elle figurait parmi les trois villages qui ont donné le coup d'envoi de la primaire en ouvrant leurs bureaux de vote à minuit.

L'État donnant le droit aux électeurs d'ajouter à la main le nom d'un autre candidat, Michael Bloomberg a ainsi récolté deux voix, devançant les démocrates Pete Buttigieg et Bernie Sanders, qui ont recueilli une voix chacun. Il a en outre recueilli la seule voix exprimée dans la primaire républicaine.

Une pancarte précise que Dixville Notch est «la première de la nation» à voter à la primaire du New Hampshire, et un tableau montre les résultats des primaires démocrate et républicaine, écrits à la main.

Des électeurs ont décidé de voter pour Michael Bloomberg, même si son nom n'apparaissait pas sur les bulletins de vote démocrate ou républicain.

Photo : Reuters / Brendan McDermid

Les républicains tenaient aussi une primaire dans cet État, mais le vote était une formalité, le soutien au président sortant, Donald Trump étant assuré.

Le New Hampshire ouvre la primaire d'un parti aux électeurs affiliés à la formation, mais aussi aux électeurs indépendants. Selon le registre électoral de l’État, le New Hampshire compte 28 % d’électeurs démocrates et 42 % d’indépendants.

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