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Le gouvernement Higgs confirme la fermeture des urgences la nuit dans 6 hôpitaux

Karen McGrath, présidente-directrice générale du Réseau de santé Horizon et Hugh Flemming, ministre de la Santé.

Le gouvernement Higgs a confirmé, mardi matin, sa décision de fermer six services d'urgences, la nuit.

Photo :  Facebook / Réseau de santé Vitalité

Radio-Canada

Les services d’urgence des hôpitaux de Caraquet, de Grand-Sault, de Perth-Andover, de Sackville, de Sainte-Anne-de-Kent et de Sussex seront fermés de minuit à 8 h. Des modifications toucheront aussi les lits dans les six hôpitaux. Au total, 120 lits pour les soins de courte durée seront transformés en lits de soins chroniques de longue durée.

Le dernier patient devra s'inscrire avant 22 h. Il s’agit du même horaire en vigueur depuis des années aux hôpitaux d’Oromocto et de Saint-Joseph, à Saint-Jean.

Selon le gouvernement, la majorité des visites de nuit aux six hôpitaux concernés n’étaient pas de nature urgente.

Le gouvernement explique que ces modifications visent à améliorer l’accès aux médecins de famille et aux infirmières praticiennes. Le changement des heures d’ouverture permettra, selon les réseaux de santé, d’embaucher une infirmière praticienne dans chacun des six hôpitaux. Des infirmières praticiennes seront aussi embauchées dans les grands centres, question de réduire les temps d’attente.

Nous n’avons pas assez de personnel pour maintenir les services. Nous n’avons pas assez d’infirmières. Nous n’avons pas assez de médecins.

Hugh Flemming, ministre de la Santé

Aussi, les réseaux de santé promettent d’ajouter des services de santé mentale dans les six communautés touchées par la réduction des services d’urgence.

Réduire les listes d'attente

Selon le ministère de la Santé, les services d’urgence de nuit traitent en moyenne cinq patients durant le quart de nuit. Le ministère estime que si les médecins qui travaillent la nuit travaillaient le jour, ils pourraient voir de 20 à 25 patients, soit 5 fois plus.

Ces changements, selon le gouvernement, permettraient de réduire de 54 % le nombre de personnes qui sont sur la liste d’attente provinciale pour avoir accès à un médecin de famille ou une infirmière praticienne. Ce 54 % correspond à 18 000 personnes.

Dans la province, le gouvernement dit que 95 % de la population doit faire 48 km pour se rendre aux urgences durant la journée, et 72 km durant la nuit. En moyenne, toutefois, la distance est de 18 km de jour et de 26 km la nuit.

Ces changements ne sont pas faits pour réduire les dépenses. Il s’agit plutôt d’un déplacement des ressources, explique Gilles Lanteigne, PDG de Vitalité.

Des changements annoncés

Un plan provincial pour le recrutement de professionnels de la santé sera élaboré, et une stratégie de recrutement pour attirer des médecins en milieu rural sera mise sur pied. Les efforts de recrutement toucheront tous les professionnels de la santé, médecins, infirmières, psychologues, travailleurs paramédicaux, etc.

Carte du Nouveau-Brunswick montrant où sont situées les villes de Caraquet, de Grand-Sault, de Sainte-Anne-de-Kent, de Perth Andover, de Sackville et de Sussex

Les urgences des hôpitaux de Caraquet, de Grand-Sault, de Sainte-Anne-de-Kent, de Perth Andover, de Sackville et de Sussex seront fermées chaque jour entre 22 h et 8 h.

Photo : Radio-Canada

Les réseaux de santé examinent aussi plusieurs possibilités pour mieux gérer les temps d’attente. Il pourrait s’agir, par exemple, de centraliser à l’échelle provinciale la coordination des services offerts par les spécialistes.

J’ai demandé aux réseaux de santé de présenter un plan. C’est leur plan, et je suis ravi de voir que les deux réseaux de santé ont travaillé ensemble. Le gouvernement appuie leur plan.

Hugh Flemming, ministre de la Santé

On évoque aussi, sans donner de détails, des changements en ce qui a trait aux services de laboratoires, et aux services d’alimentation et d’entretien ménager. Les services extra-muraux offriront des possibilités de soins en ligne, à l’aide de messages textes ou de courriers électroniques, par exemple.

Des fermetures dénoncées

Le Parti vert du Nouveau-Brunswick dénonce la fermeture nocturne des urgences. Deux des hôpitaux en question, à Sainte-Anne-de-Kent et à Sackville, se trouvent dans des circonscriptions électorales représentées par les députés verts Kevin Arseneau (Kent-Nord) et Megan Mitton (Memramcook-Tantramar).

Les deux députés et leur chef, David Coon, accusent le gouvernement Higgs de ne pas avoir consulté la population avant de prendre ces décisions. Toute réforme en matière de soins de santé sans consultation préalable de la population est inacceptable, estime M. Coon.

Kevin Arseneau rappelle l’importance de l’hôpital de Sainte-Anne-de-Kent.

L’Hôpital Stella Maris dessert une population aussi grande que celle de certains hôpitaux régionaux dans la province. Maintenant, les patients d’Elsipogtog, Bass River Point et Pointe-Sapin sont à une heure de route de l’hôpital le plus près. J’ai aussi appris que dans le comté de Kent, 28 % des accidents graves ou des cas de santé mentale surviennent entre 22 h et 8 h, exactement durant les heures où l’hôpital sera fermé, affirme Kevin Arseneau.

La députée Megan Mitton affirme que l’hôpital de Sackville dessert toute la population de Memramcook-Tantramar. Ce n’est pas la première fois, dit-elle, que cette communauté doit lutter pour conserver ses acquis en matière de soins de santé. Mme Mitton promet d’appuyer sans réserve ses électeurs qui s’opposent au changement. Elle dit qu’une pétition en ligne contre la fermeture nocturne de l’urgence compte déjà plus 5500 signatures.

Les municipalités francophones réclament une concertation

L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB) dénonce aussi la prise de décision en matière de soins de santé sans consultation.

Cependant, l'organisme ne s’oppose pas à tout changement et dit comprendre l’importance d’améliorer les soins de santé. M. Soucy demande donc une table de concertation pour ouvrir un dialogue entre le gouvernement et la communauté.

Il est grand temps de créer un lieu officiel où les représentants de la santé et les élu.es municipaux de différentes régions de la communauté acadienne et francophone du Nouveau-Brunswick pourront faire entendre leur voix et influencer la prise de décision au ministère de la Santé ou encore au Réseau Vitalité, souligne Michel Soucy.

Avec des renseignements de Michel Corriveau.

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