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Des commissions scolaires « prises de court » en Outaouais

Le logo de la Commission scolaire des Draveurs.

Le logo de la Commission scolaire des Draveurs

Photo : Radio-Canada

Antoine Trépanier

La décision du gouvernement du Québec d’abolir les commissions scolaires et les fonctions de commissaire scolaire dès samedi dernier sème l’incertitude dans plusieurs futurs centres de services scolaires en Outaouais.

Présentement, il y a encore des choses qui sont nébuleuses pour moi comme direction de la commission scolaire, confie la directrice générale de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), Nadine Peterson.

Pancarte affichant le nom de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais.

La Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais, à Gatineau

Photo : Radio-Canada / Christian Milette

Les commissions scolaires de la région croyaient avoir jusqu’à la fin du mois de février pour se préparer à la transition vers les nouveaux centres de services scolaires. Or, la décision du gouvernement de procéder à l'abolition sur-le-champ, samedi, sème la confusion.

Dans les bureaux des deux plus importantes commissions scolaires de l’Outaouais, soit celle des Portages-de-l’Outaouais et celle des Draveurs, l’incertitude règne chez bon nombre d’employés. 

Certains s’inquiètent de la nouvelle vocation des centres de services scolaires, d’autres, d’une possible fusion avec les trois autres commissions scolaires francophones de l’Outaouais ou de compressions au sein des nouvelles entités.

Tout le monde a des questionnements, là il reste à clarifier et à obtenir les bonnes informations. En fait, la nouvelle loi n’est même pas encore disponible pour que je puisse me l’approprier et la lire, soutient Mme Peterson. 

On doit prendre acte de l’orientation gouvernementale. Il y a un bâillon, il y a une décision qui a été prise et on va vivre la transition.

Nadine Peterson, directrice générale de la CSPO

Même son de cloche à la Commission scolaire des Draveurs (CSD), où la direction de l’établissement tente encore de comprendre l’étendue du projet de loi. 

Entrée principale de l'édifice.

Siège social de la Commission scolaire des Draveurs, à Gatineau.

Photo : Radio-Canada / Antoine Trepanier

En point de presse à Gatineau, le ministre responsable de l’Outaouais, Mathieu Lacombe, a plutôt déclaré que le projet de loi est assez clair et qu’il ignore qui s’inquiète de ces changements.

Mathieu Lacombe.

Mathieu Lacombe, ministre québécois de la Famille

Photo : Radio-Canada

Les citoyens ne m’arrêtent pas dans la rue pour me dire qu’ils sont dans l’incertitude face à la fin des commissions scolaires.

Mathieu Lacombe, ministre responsable de l’Outaouais

Vous savez, en Outaouais, il n’y a pas un directeur de commission scolaire qui a changé. Maintenant ce sont des directeurs de centres de services. Mis à part que les commissaires ne sont plus en fonction, c’est business as usual, a-t-il dit.

Comme à la CSPO, la CSD a voulu d’emblée rassurer les parents et les élèves de la continuité dans l’offre de services. 

Si un parent appelle aujourd’hui à la Commission scolaire, dans les faits, il va encore avoir une réponse, il va encore y avoir un suivi. Nous, on s’assure de la qualité des services éducatifs, comme avant, peu importe la structure de gouvernance, explique le secrétaire général de l’établissement, Christian Laforest. 

À la CSD, rien n’indique que l’établissement a changé de vocation. Les logos sont intacts, le nom demeure et les employés parlent toujours de la commission scolaire.

Quel sera le nom du centre de service? On l’ignore, lâche candidement M. Laforest. 

À la CSPO, Nadine Peterson parle d’une transition de plusieurs mois qui verra la Commission scolaire devenir le Centre de services scolaires Portage-de-l’Outaouais (CSSPO). 

Photo studio de la directrice générale.

La directrice générale de la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais, Nadine Peterson

Photo : CSPO

Cette dernière l’admet, sa première journée au travail depuis l’adoption du bâillon aura été fort occupée. La priorité a été de tendre une branche d’olivier aux anciens commissaires scolaires, dont les fonctions ont été abolies tôt samedi matin, pour les rencontrer et les aider dans leur prise de décision. Jusqu’à ce qu’un conseil d’administration soit nommé, c’est elle qui aura le dernier mot. 

Des conseils d’administration d’ici juin

À la CSD, Christian Laforest abonde dans le même sens : le conseil des commissaires est prévu dans la mesure transitoire à titre "de comité-conseil" et assure que la direction générale veut poursuivre le travail avec ces anciens élus.

C’est la continuité des services, c’est de ça dont on s’assure aujourd’hui. C’est notre priorité.

Christian Laforest, secrétaire général de ce qui était jusqu’à récemment la CSD

L’ancien président de la CSD Claude Beaulieu disait toutefois samedi que c’était une journée très sombre pour l'éducation au Québec, c'est un net recul et que cette nouvelle loi fera un tort irréparable au réseau public d'éducation.

Quelques heures après l’adoption du projet de loi, M. Beaulieu a écarté la possibilité de poursuivre l’aventure au sein des nouveaux centres de services.

Lundi, les dirigeants de ces centres se sont mis à l’oeuvre pour mettre en place la nouvelle structure. Selon nos informations, des fonctionnaires du ministère de l’Éducation du Québec se sont entretenus au téléphone avec les directeurs généraux des commissions scolaires pour leur indiquer la marche à suivre. Pour l’heure, l’approche préconisée par Québec est « étape par étape ».

À quand la nomination des membres des conseils d’administration? D’ici juin, disent les représentants de la CSPO et de la CSD.

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Ottawa-Gatineau

Éducation