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Réforme des commissions scolaires : pour des parents, « c’est la panique »

Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge.

Le ministre de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur, Jean-François Roberge

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

Ils sont des mères et des pères, et s’investissent bénévolement pour obtenir la meilleure éducation pour leurs enfants. Mais les membres des comités de parents ont, depuis l’adoption sous bâillon du projet de loi sur la transformation des commissions scolaires, de nombreuses questions auxquelles ils n’ont pas de réponses. Pourtant, ils auront un grand rôle à jouer.

Le mouvement de parents d’élèves Je protège mon école publique s’inquiète de la rapidité avec laquelle les choses ont déboulé dans les derniers jours. C’est la panique, dénonce la porte-parole Patricia Clermont. Franchement, on trouve ça irresponsable.

Dans un amendement déposé par surprise à la mi-janvier, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, réduisait de 8 à 5 le nombre de parents qui siégeront au conseil d’administration des futurs centres de services. Ces parents, issus de comités de parents, doivent être élus par leurs pairs selon des modalités bien précises. Ils représenteront le tiers des sièges du conseil, et les postes de la présidence et de la vice-présidence leur seront réservés.

Compte tenu du rôle conféré, des lettres signées par des présidents de comités de parents représentant plus de la moitié des élèves au Québec, envoyées d’abord au ministre puis au premier ministre, appelaient le gouvernement à bien étudier le projet de loi pour laisser les parents vraiment prendre la mesure des enjeux et à [mener] une réflexion collective.

On a l’impression d’être devant un immense fouillis […] d’être des courroies de transmission de ce qui se passe à Québec.

Patricia Clermont, porte-parole de Je protège mon école publique

C’est qu’aucune discussion n’a eu lieu lors de l’étude détaillée en commission parlementaire sur des articles qui concernent les parents.

Zizanie entre des comités de parents

L’adoption du projet de loi 40 au petit matin samedi survenait le jour même d’un conseil général de la Fédération des comités de parents du Québec à Longueuil.

Le président du Comité de parents de la Commission scolaire de Montréal dit s’être fait chahuter quand il a remis en cause au micro le leadership de la fédération dans les derniers mois. On ne voit pas le même pouvoir d’influence au sein de la nouvelle structure, explique Marc-Étienne Deslauriers. Selon lui, les parents auront dorénavant peu d’emprise sur les questions pédagogiques et de répartition des ressources.

On n’est pas au courant de tout. On a beaucoup de questions. […] Clairement, pour moi, c’est de se lancer dans un précipice.

Marc-Étienne Deslauriers, président, Comité de parents de la Commission scolaire de Montréal

À court terme, il se dit préoccupé par l’échéancier imposé par la réforme. D’ici moins de 30 jours, chaque territoire de centre de services devra être divisé en cinq districts, qui seront représentés par les cinq administrateurs-parents. Pour Montréal, dit-il, on a des écoles sur tout le territoire. Ce ne sera pas un exercice simple. Il va falloir que la direction générale nous arrive avec une proposition.

En attendant la formation des conseils d’administration, ce sont en effet les directeurs généraux des commissions scolaires qui mènent le bal. Ils ont jusqu’au 1er mai pour transmettre un avis de candidatures à leur comité de parents qui, eux, devront se choisir des administrateurs. En vertu de la loi, les membres sont élus selon le processus déterminé par le comité de parents.

La Fédération des comités de parents souhaitait d’ailleurs qu’au moins l’un d’entre eux soit issu du comité consultatif des services aux élèves handicapés et en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage. Mais le ministre Roberge a refusé d’intégrer cette exigence.

D’après ce qu’on rapporte, l’émotivité était à un point tel au conseil général que l’une des dirigeantes de la fédération a éclaté en sanglots en abordant cet enjeu.

La recherche du consensus

Face aux critiques, le président de la fédération, Kévin Roy, défend son approche collaborative avec le gouvernement, mais reconnaît la présence de frictions : Il y a des comités de parents qui ont toujours été farouchement contre [le projet de loi], d’autres pour. C’est de réconcilier tout ça.

La fédération a obtenu un gain en cours de route, celui d’avoir des administrateurs-parents provenant des comités de parents des centres de services, et non plus des conseils d’établissement, pour permettre une meilleure vue d’ensemble.

À chaque fois qu’on a avait la chance d’émettre notre opinion, on l’a fait. […] Mon rôle est de porter la voix qui fait consensus.

Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec

Les parents sortent-ils gagnants de ce projet de loi? Il répond en être encore à analyser tous les détails. Il admet avoir reçu de nombreux appels de parents qui s’interrogent sur la suite des choses.

M. Roy nie par ailleurs que l’approche adoptée dans les dernières semaines soit liée à la renégociation au printemps du financement de la fédération par le ministère de l’Éducation.

Mathieu Dion est correspondant parlementaire à Québec

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