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Tresser des raquettes pour renouer avec la culture innue

De moins en moins d'Innus maîtrisent le tressage des raquettes.

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Laurence Royer

Un groupe de femmes innues de Matimekush-Lac John renoue avec un des savoirs ancestraux de la communauté. Plusieurs fois par semaine depuis le mois de décembre, elles se réunissent pour apprendre à tresser des raquettes.

Dans un local du conseil de bande, la conseillère déléguée à la culture de la communauté, Nathalie Gabriel, aide ses collègues à peaufiner leur technique de tressage.

Nathalie Gabriel explique comment tresser à une autre personne.

Nathalie Gabriel forme une dizaine de femmes dans les locaux du conseil de bande.

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Plus jeune, Nathalie Gabriel ne s’est jamais particulièrement intéressée à l’artisanat autochtone. Or, il y a quelques années, elle vivait des moments difficiles. Elle a trouvé un réconfort dans l’apprentissage de techniques de fabrication d’objets traditionnels innus.

J'ai sombré dans l'alcool. Les gens disent tout le temps que les Indiens, c'est des alcooliques et qu’ils ne font rien. Ça me faisait mal et ça faisait que je ne savais plus d'où je venais. Puis je me disais que si un jour j'arrêtais, j’allais retourner dans mes racines chercher l'identité qui me manque.

Nathalie Gabriel avec une raquette dans les mains.

Nathalie Gabriel veut transmettre la culture innue aux membres de sa communauté.

Photo : Radio-Canada / Laurence Royer

Elle a non seulement appris à tresser des raquettes, mais aussi à tanner des peaux, à faire des mocassins et des mitaines.

Nathalie Gabriel déplore que peu de gens de sa communauté s’intéressent à l’artisanat et à la culture traditionnelle innue. Pour rectifier le tir, elle a décidé d’organiser des ateliers pour transmettre ses connaissances. Elle veut faire revivre des traditions qui, autrement, risquent de disparaître.

Nathalie Gabriel explique à Angèle Mckenzie comment poursuivre son travail.

Nathalie Gabriel donne un conseil à Angèle Mckenzie

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Angèle Mckenzie fait partie des participantes. Elle fabriquait déjà des capteurs de rêves, mais le tressage des raquettes s’est avéré beaucoup plus compliqué.

Ça prend beaucoup de patience et de persévérance. Je pensais que c’était comme faire un capteur de rêve, comme en toile d’araignée, mais c’est pas ça.

Pour le moment, elle pratique la technique sur un petit format de raquette. Quand elle maîtrisera le tressage, elle aimerait terminer une paire de raquettes que son grand-père a commencé à fabriquer il y a de nombreuses années.

Je veux les finir puis je veux les garder pour ma descendance, ma fille et après ça, mes petits-enfants.

Angèle Mckenzie
Gros plan sur des mains qui tressent une raquette.

Le tressage d'une raquette nécessite plusieurs heures.

Photo : Radio-Canada / LAURENCE ROYER

Une autre des participantes, Éloise Tremblay, a décidé de participer pour en apprendre davantage sur sa culture. Étant un peuple nomade, la raquette étant le moyen de transport de notre peuple, ce retour aux sources là, je trouvais ça important.

Nathalie Gabriel espère former le plus de femmes possible dans son village, mais aussi dans d'autres communautés innues du Québec et du Labrador. Elle aimerait aussi que Matimekush-Lac John ait sa propre maison de la culture.

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