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Mieux gérer les eaux pluviales pour faire face aux changements climatiques

La rivière Mitis est sortie de son lit

Une gestion durable des eaux pluviales peut réduire les risques d'inondation selon l'urbaniste et environnementaliste Fabienne Mathieu.

Photo : Carole Ferraris

Michaële Perron-Langlais

Une quarantaine d’employés des municipalités du Bas-Saint-Laurent ont participé à une journée de formation sur la gestion durable des eaux pluviales lundi. L’objectif est de trouver des solutions aux problèmes liés aux eaux de ruissellement qui risquent de s’accentuer en raison des changements climatiques.

On va observer des pluies de plus en plus intenses et des périodes de redoux, souligne Raphaële Terrail, chargée de projet pour l’Organisme des bassins versants du Nord-Est du Bas-Saint-Laurent qui organisait la formation.

L’urbaniste et environnementaliste de l’entreprise ÉCOgestion-solutions, Fabienne Mathieu, rappelle que cette augmentation des eaux de ruissellement peut avoir plusieurs conséquences. Elle mentionne entre autres les risques d’inondation, la dégradation des infrastructures et la pollution des lacs et des cours d’eau par des sédiments emportés par les fortes pluies.

Une bonne gestion des eaux pluviales peut donc permettre d’atteindre de nombreux objectifs selon elle. Ce sont des objectifs de sécurité publique, de qualité de l’environnement et aussi de qualité du milieu de vie, parce qu’on le sait, l’asphalte, ce n’est pas toujours ce qu’il y a de plus beau, soutient Fabienne Mathieu.

Se servir de la nature

Parmi les solutions mises de l’avant lors de la formation, l’urbaniste suggère aux municipalités de réduire leur dépendance aux infrastructures grises, comme les conduites d’eau, en utilisant la capacité des écosystèmes à gérer les eaux pluviales.

Au Québec, de façon générale, on a tendance à tout déboiser quand on construit quelque chose et à mettre principalement des surfaces imperméables comme de l’asphalte et des toitures, explique-t-elle. Ça, c’est la première chose à changer.

Il faut tirer parti de ce qui est déjà en place, s’intégrer dans le milieu dans lequel on s’implante pour conserver sa capacité à infiltrer l’eau et ainsi gérer moins de ruissellement.

Une citation de :Fabienne Mathieu, urbaniste et environnementaliste

Fabienne Mathieu ajoute qu’il est aussi possible d’intervenir dans les milieux qui sont déjà urbanisés. On ne peut pas repenser la position d’un édifice ou la grosseur d’un stationnement, admet-elle. C’est fait, c’est fait, mais nos infrastructures vieillissent. Quand on fait de la réfection d’infrastructures ou de bâtiment, on peut penser à ça.

Le directeur des travaux publics de la Ville de Mont-Joli, Marc-André Roy confirme que de nombreuses municipalités québécoises sont aux prises avec des surplus d’eaux pluviales.

Mont-Joli tente d’ailleurs de trouver des solutions écologiques au problème.

Il y a trois rues où il y a des travaux majeurs depuis l’automne passé, souligne Marc-André Roy. Dans un des cas, la route est assez large pour nous permettre de la réduire d’un demi-mètre de chaque côté, donc on va réduire d'un mètre de pavage, sur la longueur du tronçon. L'accotement va être en gazon, donc sur cette surface, l’eau sera absorbée et ne s’en ira pas à l'égout.

Ne pas attendre pour agir

D’après Fabienne Mathieu, les municipalités sont les mieux placées pour agir rapidement pour mieux gérer les eaux de ruissellement. Le milieu municipal est plus proche de ces réalités, dit-elle. Il peut intervenir pour implanter des façons de faire rapidement, sans attendre qu’il y ait des lois qui obligent à le faire.

L’urbaniste d’ÉCOgestion-solutions espère que les Villes ne tarderont pas à mettre en place des méthodes de gestion durable des eaux pluviales. Il faut toujours des catastrophes sur la terre pour qu’on réagisse, déplore-t-elle. Au Québec, le meilleur exemple, ce sont les inondations. Il ne faut pas attendre.

Le directeur des travaux publics de la Ville de Mont-Joli est lui aussi de cet avis. On n’est pas en contrôle de la température et des changements climatiques, donc il faut savoir s’adapter, affirme Marc-André Roy. Il faut reconnaître les problématiques des municipalités, prendre connaissance des enjeux et ne pas se cacher, ne pas jouer à l’autruche. Il faut les anticiper et ne pas mettre ces enjeux de côté.

Avec les informations d'Édith Drouin

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