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Les médecins du nord du Nouveau-Brunswick lancent un cri d'alarme

Hôpital de Caraquet

Le Centre hospitalier de l'Enfant-Jésus à Caraquet

Photo : Radio-Canada / David Maltais

Radio-Canada

Le département de médecine familiale et d’urgence de la Péninsule acadienne et celui du nord-ouest du Nouveau-Brunswick font part de sérieuses inquiétudes à l'égard de la sécurité de la population. Selon eux, l'interruption des services d'urgence la nuit aurait un « impact majeur » dans tous les hôpitaux environnants.

Le gouvernement de Blaine Higgs et les réseaux de santé, selon plusieurs sources, s’apprêtent à annoncer mardi que les salles d’urgence des hôpitaux de Caraquet, Grand-Sault, Sainte-Anne-de-Kent, Sussex, Sackville et Perth-Andover seront fermées la nuit.

Les médecins de la Péninsule acadienne se disent alarmés et prédisent une diminution de la qualité des soins, des délais d’attente supplémentaires dans les urgences et des débordements records dans les corridors des hôpitaux.

L’équipe est alarmée qu’aucun plan concret n’est présenté pour faire face aux multiples obstacles majeurs engendrés par une ré-organisation aussi importante.

Le département de médecine familiale et d’urgence de la Péninsule acadienne

Les départements de médecine familiale et d'urgence de la zone 4, dans le nord-ouest du Nouveau-Brunswick, ont envoyé la note suivante à Radio-Canada :

Les départements de la zone 4 sont inquiets suite à la nouvelle publiée dimanche. Par conséquent nous attendons l'annonce officielle du directeur général demain mardi le 11 février. Les membres se rencontreront par la suite afin de recueillir les réactions et d'y voir aux solutions possible selon la situation.

La riposte s'organise

Une mobilisation populaire prend forme contre la fermeture nocturne du service d’urgence de certains hôpitaux au Nouveau-Brunswick.

Le groupe Action H a organisé un rassemblement devant l’hôpital de Caraquet, lundi matin. Une quarantaine de personnes se sont rassemblées pour envoyer un message au gouvernement.

Un groupe de gens devant les portes de l'hôpital

Quelques dizaines de personnes ont assisté au point de presse du comité Action H à Caraquet, lundi matin.

Photo : Radio-Canada / Alix Villeneuve

Louise Blanchard et le Dr Hubert Dupuis, respectivement vice-présidente et président de l’organisme Santé égalité en français, étaient présents.

Presque tous les conseillers municipaux de Caraquet ainsi que les députés libéraux de Caraquet, Isabelle Thériault, et d’Acadie-Bathurst, Serge Cormier, étaient aussi présents.

À Caraquet, des citoyens se sont déjà mobilisés pour le matin de l'urgence de leur hôpital après qu'il a fermé en 2004.

Ce n'est qu'une poursuite du plan conservateur, ça ravive de vieilles douleurs, et il n'est pas question que l'hôpital et l'urgence de Caraquet ferment.

Isabelle Thériault, députée de Caraquet

Louise Blanchard a lancé un cri du coeur pour le maintien des services.

On ne peut pas se permettre de fermer l’urgence de Caraquet et des autres hôpitaux aussi, surtout Caraquet, je crois, parce qu’on a 12 lits en haut. Ça prend un médecin la nuit, a souligné Louise Blanchard.

Incompréhension et inquiétude à Grand-Sault

La région de Grand-Sault se retrouverait au coeur des compressions, puisque les urgences de la ville voisine Perth-Andover seraient aussi touchées par une fermeture nocturne. Edmundston deviendrait donc la dernière option, à 60 km de distance.

Le maire de Grand-Sault, Marcel Deschênes, a du mal à avaler la pilule.

On va faire sûrement des revendications pour garder notre service. [...] Un gouvernement est là pour améliorer les services, pas les détruire ou les éliminer.

Marcel Deschênes, maire de Grand-Sault

La population de Grand-Sault s’inquiète elle aussi de cette fermeture. En 2017, elle a dû lutter pour préserver les traitements de chimiothérapies dans son hôpital. Elle craint cette fois le pire, car le temps de voiture qui la sépare de l’hôpital le plus près peut être décisif dans une situation d’urgence.

Si vraiment il y a urgence, faut aller comme 32 milles à Edmundston. Si c’est vraiment une grosse urgence, la vie d’une personne peut être en danger. Je trouve que c’est vraiment ridicule, s’est exclamé le résident de Grand-Sault, Michel Pelletier.

C’est pas trop une bonne affaire, parce que je travaille dans un foyer de soins, pis des fois il faut envoyer [des résidents] à l’urgence pis là on n’a pas de place à les envoyer. C’est inquiétant pour eux, a dénoncé une employée de foyer de soins à Grand-Sault, Wanda Ruest.

Le maire Deschênes a indiqué qu’il aura une rencontre téléphonique avec le réseau de santé et d'autres maires. Si fermeture il y a, une réunion publique sera organisée avec les citoyens.

Une question de vie ou de mort

Le Dr Hubert Dupuis s’est porté à la défense des petits hôpitaux en milieu rural.

Si le ministre de la Santé et le premier ministre et son gouvernement veulent sauver de l’argent dans le système de santé, c’est le temps qu’ils aillent couper dans les gros hôpitaux anglophones qui ont des services en double et en triple. Laissez les petits hôpitaux communautaires comme celui de Caraquet tranquilles, a lancé Hubert Dupuis sous une salve d’applaudissements.

C'est irresponsable de leur part de participer à ceci. C'est leur job d'assurer les services accessibles à la population francophone du Nouveau-Brunswick.

Dr Hubert Dupuis, président d'Égalité santé en français

En entrevue à Radio-Canada plus tôt lundi matin, le Dr Dupuis n’a pas mâché ses mots pour défendre les services d’urgence de nuit.

C’est très important. On a déjà les urgences des gros hôpitaux qui débordent. Si tu fermes des urgences la nuit, tu vas avoir davantage de patients dans tes corridors, davantage de patients dans tes hôpitaux, et il va falloir que les gros hôpitaux absorbent les patients qui normalement auraient été la nuit dans les petits hôpitaux ruraux francophones. Actuellement, ils n’ont pas la capacité de les absorber, ça va créer plus de débordements, plus d’engorgement. Il va y avoir des morts, a déclaré Hubert Dupuis au micro de l’émission La matinale, d’ICI Acadie.

Le Dr Hubert Dupuis en entrevue dans un corridor de la station de Radio-Canada à Moncton le 9 février 2020.

Dr Hubert Dupuis, président d'Égalité santé en français.

Photo : Radio-Canada

Des gens font déjà circuler des pétitions en ligne dans les régions de Sussex, de Grand-Sault et de Sackville pour défendre leur hôpital respectif.

Le vice-premier ministre Robert Gauvin a indiqué aux médias qu'il ne souhaite pas accorder d'entrevue sur la fermeture des hôpitaux avant l'annonce de mardi.

Gilles Lanteigne et le réseau de Santé Vitalité ont aussi refusé de répondre aux questions.

Avec des renseignements de René Landry et de Wildinette Paul

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