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Les opposants au gazoduc Coastal GasLink multiplient les coups d'éclat

Un homme masqué se tient debout dans la neige et pose pour la caméra.

Lundi matin, quelques membres de la communauté mohawk de Kahnawake se sont installés aux abords de la voie ferrée du Canadian Pacifique, ce qui a forcé l'interruption de la ligne exo 4 Candiac.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Radio-Canada

L’opposition au projet de gazoduc LNG dans le nord de la Colombie-Britannique prend de l’ampleur. Après un week-end marqué par des perturbations sur le réseau ferroviaire et des affrontements avec les forces de l’ordre, des actions ont été menées un peu partout au pays lundi.

Le chantier de l’entreprise Coastal GasLink est situé sur le territoire ancestral de la Première Nation de Wet’suwet’en, dont certains membres ne consentent pas au projet et qui, malgré une injonction de la Cour, refusent l’entrée aux travailleurs. L'échec des pourparlers entre le gouvernement de la Colombie-Britannique et des chefs héréditaires de cette nation mardi dernier a mené à une nouvelle vague de contestation.

Des manifestants se sont notamment présentés au port de Vancouver samedi afin d’en bloquer l’accès. Face à leurs nombreux refus de quitter les lieux, au moins 33 d'entre eux ont été arrêtés lundi matin. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) s'était rendue sur un territoire appartenants aux Wet’suwet’en, jeudi, pour arrêter six personnes.

Samedi, la GRC a arrêté quatre autres personnes soupçonnées d'avoir endommagé ses véhicules avec des pics métalliques placés sur un chemin forestier qui mène au chantier du gazoduc.

Mais la contestation va plus loin que la frontière britanno-colombienne. À Winnipeg, au Manitoba, une manifestation a eu lieu lundi soir, en pleine heure de pointe, afin d’appuyer les revendications. Déjà, vendredi, des manifestants avaient occupé le bureau du député local et ministre des Affaires du Nord du Canada, Daniel Vandal, en guise de protestation face à ce qu’ils qualifiaient d’inaction de la part d’Ottawa.

Vendredi, des membres de la Première Nation mohawk de la réserve de Tyendinaga, en Ontario, se sont aussi rendus par solidarité près de Belleville afin de bloquer la voie ferrée. Tout le week-end, VIA Rail a dû annuler de nombreux départs de trains entre Montréal et Toronto et entre Ottawa et Toronto. Lundi matin, les manifestants étaient toujours en place, ce qui a mené à l’annulation d’une dizaine d’autres départs.

Toujours lundi matin, près de Montréal, le service d’un train de banlieue qui dessert la municipalité de Candiac a été interrompu pour une durée indéterminée en raison de la présence de manifestants aux abords de la voie ferrée.

Plus tard dans l’après-midi, une soixantaine d'étudiants, principalement de l’Université McGill, ont manifesté près du bureau de Justin Trudeau à Montréal pour exprimer leur appui aux Wet'Suwet'en. Ils ont brandi des pancartes demandant au Canada de respecter la volonté des chefs héréditaires.

Vanessa Racine, une manifestante, a expliqué que sa présence à cet endroit se veut un geste et un message non violents de solidarité à l'égard des Wet'Suwet'en.

Dans le nord de la Colombie-Britannique, à New Hazelton, des manifestants ont aussi bloqué des voies ferrées, lundi. Le barrage empêche les trains de desservir le port de Prince Rupert, selon le vice-président exécutif et chef des services juridiques du Canadien National (CN), Sean Finn.

À Ottawa, une vingtaine de manifestants occupent actuellement le hall d'entrée du ministère de la Justice, en appui à la nation Wet’suwet’en. Ils ne quitteront pas les lieux, disent-ils, tant qu'ils n'auront pas rencontré le ministre David Lametti.

En Gaspésie, au Québec, des membres de la communauté de Listuguj se sont rassemblés afin de soutenir les membres de la communauté Wet'suwet'en, ainsi qu'aux militants qui s'opposent au projet de gazoduc Coastal GasLink. Ils ont remis des tracts aux automobilistes qui circulaient sur le pont J.C. Van Horne, sans toutefois bloquer la circulation.

Le gouvernement canadien, pour sa part, est satisfait du travail des policiers dans ce dossier. « J'ai été encouragé de voir les professionnels des forces de l'ordre traiter cette question de manière appropriée et je continuerai à plaider en faveur d'une approche légale pour traiter les questions de désaccord », a commenté le ministre des Finances, Bill Morneau, lundi. Il était à Calgary où il a prononcé une allocution à l'invitation de l'Economic Club of Canada.

Le ministre des Transports, Marc Garneau, a souligné que ces manifestations, illégales, a-t-il insisté, allaient coûter des millions de dollars. Les décisions quant à ces protestations, pour enlever ces protestataires, sont sous le contrôle des provinces, a-t-il rappelé.

Certains appuis

Depuis le début du projet, Coastal GasLink, une filiale de TC Energy (anciennement TransCanada), a signé des accords avec 20 conseils élus des Premières Nations le long du tracé, dont cinq des six conseils de bande de la Première nation Wet'suwet'en.

Fin 2019, TC Energy a obtenu une prolongation de l’injonction qui interdit à quiconque de lui bloquer l'accès au chantier, qui se trouve dans les environs de Houston et de Smithers, dans le nord de la Colombie-Britannique.

Depuis l'échec, mardi dernier, de la négociation menée par les chefs héréditaires, la GRC fait respecter cette injonction et démantèle les camps qui empêchent les travailleurs de Coastal GasLink de se rendre sur le chantier, d'où les nombreuses arrestations.

D'une longueur de 670 kilomètres, l'infrastructure de transport de gaz est en construction depuis le début de 2019. À terme, le gazoduc LNG devrait faciliter l'exportation de près de 700 000 litres de gaz naturel par jour.

Le gazoduc Coastal GasLink est un élément clé du projet de terminal et d'exportation LNG Canada, à Kitimat. Estimé à 40 milliards de dollars, le terminal est conçu pour acheminer le gaz naturel vers les marchés internationaux. Il se trouve sur le territoire de la nation Haisla, qui soutient le projet.

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