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Les dépenses d’Énergie NB autour de projets du privé sont remises en question

Schéma des bâtiments de l'usine

Maritime Iron utiliserait un convoyeur de la société Énergie NB pour transporter le minerai de fer du port de Belledune jusqu’à l’usine projetée.

Photo : Maritime Iron

Radio-Canada

Énergie NB dépense 1,3 million de dollars cette année pour aider des promoteurs privés à faire une étude de faisabilité de leur projet d’usine de traitement de minerai de fer à Belledune. Cette dépense soulève un débat à savoir si la société de la Couronne respecte la directive gouvernementale de se concentrer sur son propre problème d’endettement.

Le gouvernement de Blaine Higgs s’attend à ce que la société d’énergie se concentre avant tout sur la réduction de sa dette, selon la lettre de mandat que lui a envoyée le ministre du Développement de l’énergie et des ressources, Mike Holland, en novembre 2019.

Dans sa lettre, le ministre Holland dit vouloir qu’Énergie NB rembourse environ 500 millions de dollars, d’ici 2027, sur sa dette qui s’élève à 4,8 milliards de dollars, afin que sa valeur nette représente 20 % de sa valeur totale.

Cette cible doit passer avant tout lors de toute planification d’Énergie NB et peut exiger l’élimination d’investissements dans d’autres domaines comme la recherche et le développement d’occasions d’affaires, explique le ministre dans sa lettre.

Le premier ministre Blaine Higgs en a parlé durant son récent discours sur l’état de la province. Il a déclaré avoir demandé à Énergie NB de formuler immédiatement un plan pour réduire son taux d’endettement qu’il juge inacceptable, et ce, sans conséquence pour les tarifs de l’électricité.

Une dépense remise en question

La Commission de l’énergie et des services publics se penche ces jours-ci sur les tarifs proposés par Énergie NB. La lettre de mandat et les déclarations du premier ministre ont mené la Commission à remettre en question la pertinence de certaines dépenses, dont celle de 1,3 million de dollars pour l’étude du projet de Maritime Iron à Belledune.

Cette somme est quatre fois plus élevée que celle inscrite dans le budget et approuvée par la Commission l’an dernier, alors qu’il s’agit d’un projet d’une entreprise privée et qui n’est pas encore financé ni approuvé. Énergie NB propose de dépenser 300 000 $ de plus pour étudier le projet l’an prochain.

Un vice-président de la Commission, François Beaulieu, a parlé de la lettre du ministre Holland en disant que la Commission devrait envisager d’éliminer les investissements d’Énergie NB dans des projets privés incertains, comme ceux des réacteurs nucléaires modulaires et de l’usine de traitement du minerai de fer.

Le vice-président principal au développement commercial et à la planification stratégique d’Énergie NB, Keith Cronkhite, a répliqué en disant croire que le gouvernement Higgs souhaite que la société d’énergie appuie des projets comme celui de Belledune. La lettre du ministre, a-t-il ajouté, laisse une marge de manœuvre, car elle indique que la cible peut exiger l’élimination de certains projets.

Keith Cronkhite, assis, s'adresse aux membres de la Commission.

Keith Cronkhite, vice-président d’Énergie NB, a répondu aux questions de la Commission de l’énergie et des services publics.

Photo : CBC/Robert Jones

S’il y a le moindre risque de ne pas atteindre la cible de 20 % d’ici 2027, Énergie NB prendra les mesures nécessaires, quitte à éliminer certaines autres activités, assure Keith Cronkhite.

Énergie NB est une composante importante pour toute occasion d’affaires dans la province et la société doit appuyer celles qui ont une chance raisonnable de connaître du succès et d’entraîner des retombées économiques, a expliqué M. Cronkhite.

Maritime Iron propose de construire une usine de transformation du minerai de fer en fonte brute et qui acheminerait à la centrale voisine d’Énergie NB un sous-produit gazeux. Ce gaz remplacerait en partie le charbon qui sert de combustible dans la centrale. Énergie NB finance des études afin de déterminer les modifications qui devraient être apportées à sa centrale.

Une avocate de la Commission, Ellen Desmond, a demandé à Énergie NB si on avait envisagé de demander à Maritime Iron de payer ces coûts puisqu’il s’agit de son projet.

Ellen Desmond parle dans un micro durant une séance de travaux de la Commission.

Ellen Desmond, avocate de la Commission de l’énergie et des services publics du Nouveau-Brunswick, a demandé aux représentants d'Énergie NB pourquoi la société de la Couronne paie une étude liée au projet de l'entreprise Maritime iron.

Photo : CBC/Roger Cosman

Maritime Iron paierait si le projet était réalisé et que la centrale devait être modifiée, mais en attendant c’est une dépense d’Énergie NB, a expliqué Keith Cronkhite.

Mme Desmond a ensuite demandé s’il y a un risque que le projet ne soit pas réalisé comme prévu et que les dépenses actuelles d’Énergie NB ne comportent aucun avantage à venir pour les abonnés.

Il est toujours possible que ce projet comme tout autre du secteur privé dans la province finisse par ne pas être réalisé, a reconnu Keith Cronkhite.

Maritime Iron propose une usine de 1,5 milliard de dollars qui produirait une quantité considérable de gaz à effet de serre alors que dans sa lettre le ministre Holland donne à Énergie NB le mandat d’aider la province à réduire ce genre d’émissions polluantes.

Avec les renseignements de Robert Jones, de CBC

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