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Inondations 2019 : plus de la moitié des dossiers ne sont pas réglés

Une maison en rénovation.

Plus de la moitié des dossiers des sinistrés de la crue printanière de 2019 en Outaouais ne sont toujours pas réglés.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Près de huit mois après les inondations, plus de la moitié des dossiers des sinistrés en Outaouais n'étaient toujours pas réglés, a appris Radio-Canada en vertu de la loi sur l'accès à l'information.

Selon des données datées du 16 décembre 2019, Radio-Canada a aussi appris que 184 dossiers liés à la crue de 2017 ne sont même pas encore fermés, près de 3 ans plus tard.

Une situation anxiogène pour bon nombre de sinistrés, dont Gilles Martin. Il a été inondé en 2017, puis en 2019.

Selon les inspecteurs du ministère de la Sécurité publique, il doit maintenant changer la fondation de sa maison et refaire le plancher. Mais il attend depuis des mois pour obtenir son permis de construction de la Ville.

C'est comme Loto Québec, c'est un gratteux. J'en gratte toutes les semaines pour voir si mon permis va sortir, a imagé M. Martin avec humour.

Tant que les travaux ne sont pas terminés et remboursés, le dossier de M. Martin ne peut pas être fermé.

  • En Outaouais, sur les 1553 dossiers ouverts en 2019, 831 sont toujours actifs, soit un peu plus de la moitié.
  • Sur les 1603 dossiers ouverts en 2017, 184 ne sont toujours pas fermés.

Source : Données du 16 décembre du ministère de la Sécurité publique

Résidant sur le boulevard Hurtubise, Sylvie Lemay se bat aussi pour régler ses dossiers de 2017 et de 2019. Sur un total de 310 000 $ payés de sa poche pour des réparations à la suite des deux inondations, elle n'a reçu qu'un remboursement de 70 000 $. Elle a dû sortir la totalité des sommes que contenaient son REER et son CELI et faire des hypothèques sur sa maison et son logement locatif.

Ça prend énormément de patience et énormément de résilience, confie-t-elle. D'attendre deux ans pour une inondation, trois ans même, ce n'est pas logique.

Sylvie Lemay en entrevue avec Radio-Canada.

Sylvie Lemay a vu sa maison inondée en 2017 et en 2019.

Photo : Radio-Canada

Mme Lemay n'a pas l'intention de baisser les bras, mais elle aimerait un peu plus de compassion du gouvernement et avoir le droit de sortir des montants de son REER sans pénalité, comme c'est le cas pour l'achat d'un premier logement.

Ce n'est pas facile, ce qu'on vit, mais il faut qu'ils se mettent dans la peau des sinistrés et qu'ils réagissent plus rapidement encore, croit-elle.

Le ministère de la Sécurité publique n'a pas encore commenté. Le conseiller du district du district Lac-Beauchamp, Jean-François LeBlanc, recommande aux sinistrés de faire pression sur leur député provincial.

Ce n'est pas parce que le dossier n'est pas réglé qu'il n'y a rien qui a été fait dans le dossier. Je ne dis pas que tout va bien, Québec vit aussi la pénurie de main-d'oeuvre, il y a eu beaucoup d'absentéisme auprès des agents, fait valoir M. LeBlanc.

Selon le ministère de la Sécurité publique, 81 millions de dollars ont été versés à des Gatinois pour les inondations de 2017 et 8 millions de dollars l'ont été pour les inondations de 2019.

De nombreux sinistrés des inondations disent avoir récemment porté plainte au Protecteur du citoyen du Québec comme dernier recours. Rappelons que dans son rapport annuel de 2017, la protectrice du citoyen a conclu que les longs délais d’attente, le manque d’information, le roulement du personnel et la perte de documents démontrent que le ministère de la Sécurité publique n’a pas totalement rempli son engagement d’indemniser rapidement les sinistrés.

Avec les informations d'Audrey Roy

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