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Données et reconnaissance faciale pour traquer les malades du coronavirus en Chine

Soucieuse de contenir le nouveau coronavirus, qui a déjà contaminé plus de 30 000 personnes, la Chine recourt à un arsenal familier : l'analyse de données à grande échelle et le déploiement tous azimuts de technologies d'intelligence artificielle.

Des voyageurs et voyageuses portant des masques médicaux attendent en ligne dans un couloir.

Dans une gare de Pékin, des personnes passent à travers un système de détection de la fièvre mis au point par une société technologique chinoise.

Photo : AFP / Greg Baker

Agence France-Presse

Ce Chinois n'avait parlé à personne d'un récent voyage à Wuhan, berceau du coronavirus. Cela n'a pas empêché la police de venir cogner à sa porte en pleine nuit pour vérifier sa température : le pays mobilise technologies intelligentes et données personnelles pour traquer les malades et endiguer l'épidémie.

L'épisode est narré dans un article mis en ligne par les autorités de Nankin, capitale de la province du Jiangsu. L'homme avait voyagé à Wuhan puis s'était imposé de lui-même une quarantaine par précaution, le tout sans en parler à quiconque. Or, les autorités l'ont identifié en épluchant des bases de données de gens qui voyagent.

Des applications en ligne permettent aux personnes en déplacement de vérifier si elles n'ont pas pris le même vol ou avion qu'une autre suspectée d'être contaminée ou malade, faisant usage de listes publiées par la presse d'État.

À Pékin, un responsable de quartier responsable d'un complexe résidentiel comptant 2400 appartements a confié que les données liées aux vols et aux trains permettaient de surveiller les déplacements récents de chaque résident ou résidente.

Utilisez les données pour surveiller, identifier [les cas] prioritaires et prévoir efficacement l'évolution de l'épidémie en temps réel, a ordonné mardi la Commission nationale de la santé aux gouvernements locaux.

Il faut renforcer le partage d'information entre [...] la sécurité publique, les transports et les autres administrations, a-t-elle enjoint, rapporte un communiqué.

Détecter la fièvre par tous les moyens possibles

L'objectif est avant tout d'identifier les personnes souffrant de fièvre, symptôme ordinaire de la contamination au coronavirus : partout, des gardiens de quartier ou d'immeubles contrôlent les visiteurs et visiteuses avec un thermomètre.

Des services de transport en commun, quant à eux, mettent à l'essai des systèmes perfectionnés pour détecter dans la foule les passagers et passagères présentant une température anormale. Pour ce faire, ils se servent de caméras thermiques et de logiciels utilisant l'intelligence artificielle.

À Pékin, un système mis au point par le géant chinois de l'Internet Baidu contrôle les passagers et passagères de la gare de Qinghe à l'aide de technologies de reconnaissance faciale et de capteurs infrarouges, photographiant automatiquement chaque visage.

Si la température d'un corps dépasse 37,3 degrés Celsius, l'alarme stridente se déclenche, ce qui entraîne un second contrôle manuel.

Selon Baidu, son système peut contrôler plus de 200 personnes par minute, soit bien davantage que les étroits portiques de détection thermique des aéroports.

L'expert chinois de la reconnaissance faciale Megvii a aussi conçu en urgence un système similaire, testé dans une station de métro de Pékin.

Des personnes se tiennent près d'un portique à la sortie d'une station de métro.

Ce système mis au point par un expert de la reconnaissance faciale doit permettre de détecter les personnes souffrant de fièvre dans une station de métro de Pékin.

Photo : AFP / Greg Baker

Mobiliser presque 100 personnes pour travailler ensemble à distance, ça n'a pas été facile. Elles ont toutes travaillé d'arrache-pied pendant les congés du Nouvel An, a indiqué à l'Agence France-Presse (AFP) un porte-parole de l'entreprise.

Selon lui, l'équipe a optimisé ses modèles pour détecter efficacement les températures corporelles même quand seul le front est à découvert.

Les personnes originaires de Wuhan suivies de près

Les firmes technologiques chinoises rivalisent d'idées pour contribuer à combattre l'épidémie, projetant des livraisons de matériel médical par drone ou cartographiant l'expansion du virus.

Mais partout, on s'efforce avant tout d'identifier les voyageurs et voyageuses originaires de la province du Hubei et de Wuhan, que quelque 5 millions de personnes auraient quittée avant qu'un cordon sanitaire coupe la métropole du monde, le 23 janvier. Une tâche semblable requiert d'importantes ressources humaines.

Si de nombreuses municipalités promettent des primes en cas de dénonciation, d'autres mettent en place des systèmes d'enregistrement électroniques.

Dans certains quartiers pékinois, la population est poussée à scanner un code QR avec son téléphone intelligent pour remplir un questionnaire en ligne; ces personnes doivent préciser notamment leur adresse et le détail des moyens de transport récemment empruntés, en plus d'indiquer si elles se sont récemment rendues dans l'Hubei ou si elles ont fréquenté quiconque venant de cette région.

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