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En mission à Washington, Legault mise sur le transport sur rail et l'hydroélectricité

Le reportage d’Alex Boissonneault.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

En mission économique à Washington, avec quelques homologues canadiens, le premier ministre québécois François Legault a rencontré samedi plusieurs gouverneurs d’États américains pour discuter en particulier d’occasions d’affaires pour Bombardier Transport, de même que des projets hydroélectriques déjà en développement.

Le premier objectif avoué de François Legault était d’aider Bombardier Transport en discutant avec des gouverneurs de la possibilité de leur offrir des trains, tramways et métros pour les grandes villes américaines en développement.

Les prochaines années, ça va être un boom – surtout en Amérique du Nord – pour les transports sur rail. C’est donc la division qui est prometteuse.

François Legault

Bombardier Transport occupe une place enviable dans le domaine, puisque les autres entreprises du genre se retrouvent en Chine ou en Europe, souligne le premier ministre.

Je pense que le message a bien passé et il y aura un suivi qui va être fait, entre autres par le ministre de l’Économie [Pierre Fitzgibbon].

Un coup de pouce gouvernemental pour aider Bombardier à développer le marché américain n’est pas impossible, ajoute-t-il.

Le gouvernement est déjà un actionnaire très important de la division Transport : la Caisse de dépôt possède 30 % des actions de Bombardier Transport.

Présentement, on ne compte qu’environ 1000 emplois au Québec chez Bombardier Transport, ce qui ne serait pas suffisant pour justifier un nouvel investissement gouvernemental, fait valoir François Legault, mais si des usines sont agrandies ou si de nouvelles usines voient le jour, il faudra plus d’argent, et le gouvernement sera intéressé à participer financièrement.

Développer le marché de l’hydroélectricité

L’autre dossier qu’il souhaitait aborder pendant sa mission dans la capitale américaine était Hydro-Québec et ses projets d’hydroélectricité avec deux gros clients : le Massachusetts et la ville de New York.

Il n’y a pas si longtemps, personne ne croyait à New York; là les astres semblent s’aligner. Autant le maire [Bill] de Blasio que le gouverneur [Andrew] Cuomo sont très positifs, [ils] souhaitent faire une entente, donc ça ça regarde très bien, déclare François Legault.

De son côté, le projet du Massachusetts doit représenter 17 % des besoins de l’État en énergie, selon le gouverneur Charlie Baker. Ce dernier a ajouté que le projet avec Hydro-Québec regarde bien, on veut que ça se fasse. Mais les lignes de transmission ne sont toujours pas là. Encouragé, François Legault soutient s’être fait dire que dès que le projet se réalisera, le gouverneur souhaite s’asseoir et en négocier plus.

Ce qui bloque, pour le moment, c’est que la ligne doit passer par le Maine et que plusieurs approbations doivent encore être autorisées dans cet État. François Legault souligne au passage que des groupes environnementalistes qui s’opposent au projet pourraient être liés au lobby du gaz [l’autre option énergétique pour le Nord-Est américain].

Le premier ministre assure que le Québec s’affaire à passer en revue le projet, point par point, avec la gouverneure Janet Mills et Hydro-Québec.

Legault plaide pour une révision du Buy American Act

Plus tôt samedi, François Legault et quatre de ses homologues d’autres provinces canadiennes qui sont de passage à Washington ont souligné l’importance « de rester partenaires et d'avoir un libre-échange réel » avec les États-Unis.

Leur mission économique à Washington est liée à la prochaine ratification de l’Accord de libre-échange Canada-États-Unis-Mexique. M. Legault a insisté sur la nécessité de revoir le Buy American Act, cette loi qui favorise les entreprises américaines dans le cadre des contrats du gouvernement fédéral.

En conférence de presse, M. Legault a estimé qu’exiger 70 % de contenu local américain, notamment dans le domaine du transport comme la fabrication de trains ou d’autobus, n’est bon ni pour les entreprises canadiennes ni pour les entreprises américaines.

Parler d’une seule voix, mais mettre de l'avant des intérêts divergents

Nous voulons continuer à faire grandir les échanges de 300 milliards de dollars que nous avons déjà avec les États-Unis, a lancé de son côté le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. Reprenant l’expression de la vice-première ministre du Canada Chrystia Freeland, M. Ford a voulu faire passer l’image de provinces portant un message commun.

Nous sommes l’équipe Canada, quelle que soit notre couleur politique. […] Il faut absolument ratifier cette entente commerciale, qui est importante pour les populations de nos deux pays.

Doug Ford, premier ministre de l’Ontario

Les premiers ministres provinciaux n’ont toutefois pas tous les mêmes priorités.

Pour Jason Kenney et Scott Moe, respectivement de l’Alberta et de la Saskatchewan, l’important est d’écouler leurs ressources naturelles, dont le pétrole.

L’Albertain Jason Kenney a indiqué que ses échanges avec les Américains ont porté notamment sur les infrastructures liées à l’industrie pétrolière. Il a rappelé que les États-Unis ont la chance de pouvoir compter sur la troisième réserve d’énergie qui vient de leur allié au nord. Il a exhorté ses homologues américains à faire front commun contre des campagnes qui visent les projets d’oléoducs. Des projets, a-t-il dit, qui pourraient créer des emplois aux États-Unis et au Canada.

De son côté, François Legault mise sur l’hydroélectricité et l’environnement [avec les transports en commun électriques], alors que les produits manufacturés sont au coeur des préoccupations ontariennes.

Le nouvel accord de libre-échange nord-américain a été conclu entre Le Canada, les États-Unis et le Mexique le 30 septembre après d'âpres négociations. Le premier ministre ontarien en a également profité pour évoquer une rencontre à Toronto, qui accueillerait plusieurs gouverneurs américains et gens d’affaires du 21 au 23 avril prochain.

Le premier ministre du Nouveau-Brunswick, Blaine Higgs, a pour sa part fait état de ses inquiétudes quant aux passages à la frontière américaine, qui est devenue une barrière, un obstacle, dit-il. Elle est beaucoup moins perméable, a-t-il confié.

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